Claude Ducarroz

Bel et bon

Est-ce que je vieillis mal? C’est possible. Mais pas certain.

Oui, je suis de plus en plus allergique – jusqu’au dégoût – à tout ce qui salit notre environnement, à la basse vulgarité dans le langage, aux comportements bêtement provocateurs, à la «cul-ture» du trash dans les spectacles, surtout au cinéma, etc… J’ai l’impression que ce qui n’est pas scandaleux, voire abject, ne compte plus aux yeux de certains spectateurs et critiques à l’affût des prochaines turpitudes. Et cela me navre.

Et puis je réagis.

La triste esthétique des horreurs n’est sans doute pas révélée dans ce qu’on montre avec une chafouine ou naïve complicité. Elle se tapit dans les réalités de la vie ordinaire. Quoi de plus obscène, finalement, que des enfants qui meurent de faim, des innocents broyés par l’esclavage sexuel, des militants des droits humains condamnés à la prison ou à la mort, des requérants d’asile qui font naufrage dans la Méditerranée, tout près de chez nous, etc…?

Douloureux spectacles! Mais heureusement, il y a aussi l’autre face de notre pauvre humanité.

Des hommes, des femmes – et même des enfants – se dressent pour purifier et embellir notre maison-nature, des humains solidaires prennent des risques énormes pour faire triompher les idéaux de la liberté, de la justice et de la paix, des gens de toutes conditions résistent à l’enlaidissement du langage et aux exhibitions d’une certaine industrie du dégueulasse.

Et puis chacun de nous peut faire pencher la balance de notre société dans un autre sens, plus digne de l’homme, plus conforme aux desseins de Dieu.

Ajouter de la beauté à notre environnement, promouvoir le respect de tout être humain, miser sur ce qui édifie au lieu de céder aux sirènes de ce qui avilit. En un mot: semer un peu plus d’amour autour de soi, car le beau et le bon se donnent la main, toujours pour le meilleur.

Bien sûr, je ne vais pas fonder une nouvelle multinationale de la beauté, ni ouvrir une super-banque de la charité. La révolution de la civilisation passe par des actions simples, souvent cachées, mais combien efficaces quand on s’y engage pour de bon.

Je crois à la petite monnaie du véritable humanisme. Et il paraît que ça maintient jeune!

Claude Ducarroz | Mercredi 21 septembre 2019

Quoi de plus obscène, finalement, que des enfants qui meurent de faim? | © ONU
21 août 2019 | 08:00
par Claude Ducarroz
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