Jésus, ayant pris du pain
et prononcé la bénédiction,
le rompit, le leur donna,
et dit :
« Prenez, ceci est mon corps. » | Flickr/Lawrence OP/<a href="https://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/2.0/legalcode" target="_blank">CC BY-NC-ND 2.0</a>
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Jésus, ayant pris du pain et prononcé la bénédiction, le rompit, le leur donna, et dit : « Prenez, ceci est mon corps. » | Flickr/Lawrence OP/CC BY-NC-ND 2.0

Evangile de dimanche: bienheureuse réquisition!


Ce dimanche, beaucoup célèbrent la Fête du Saint Sacrement: non pas d’abord l’institution de l’eucharistie (commémorée le Jeudi Saint) mais le don de cette fidèle présence au cœur de nos églises. En un mot: l’Hôte du tabernacle, éclairé par la lampe du sanctuaire, attend notre visite, notre présence adorante et priante. Lui est toujours là pour nous, mais il nous arrive d’oublier ou de rater le rendez-vous! Le don de cette présence est sans prix, pourtant c’est une démarche différente que j’ai découverte dans le récit évangélique de ce jour.

Les disciples demandent à Jésus de leur indiquer le lieu qu’il a choisi pour y célébrer la Pâque avec eux. Il les invite alors à suivre un homme portant une cruche d’eau jusqu’à son domicile. Là, ils demanderont au maître de maison: “le Maître te fait dire: où est la salle où je pourrai manger la Pâque avec mes disciples?“. A première vue, rien d’étonnant à cela: Jésus n’est pas de Jérusalem, et il cherche un lieu où célébrer, peut-être l’avait-il déjà réservé.

Lui est toujours là pour nous, mais il nous arrive d’oublier ou de rater le rendez-vous!

Mais l’original grec de notre passage révèle un petit détail que le texte liturgique n’a pas gardé: “où est MA salle où je pourrai manger la Pâque avec mes disciples?“ Les traducteurs ont dû trouver incongrue cette manière de s’exprimer (mise en note) et ont donc lissé le texte. Dommage, parce que c’est souvent dans un petit détail, bizarre à première vue, que se trouve un trésor, de l’inattendu… Je trouve en effet magnifique cette manière cavalière qu’a Jésus de procéder. Il agit comme si, chez cet homme, il était chez lui: “où est MA salle?“. C’est une véritable réquisition! C’est Lui qui s’invite. Merveilleuse initiative qui est de nature à nous remplir d’espérance. Chez nous, Jésus fait comme s’il était chez lui! Ce sans-gêne fait preuve d’un grand amour et d’une bienveillante familiarité.

Ce n’est d’ailleurs pas la première fois qu’il se comportait de la sorte. A Jéricho, qu’avait-il fait pour un certain Zachée, ce collecteur d’impôts, curieux et petit de taille, qui avait grimpé sur un sycomore pour voir passer Jésus? “Zachée, descend vite: aujourd’hui il faut que j’aille demeurer dans ta maison“. Là déjà Jésus s’était invité et, qui plus est, chez un pécheur! Il avait transfiguré cet homme par sa présence et avait fait de sa maison un tabernacle.

Oui depuis bien longtemps, Jésus est parti à notre recherche. Il désire beaucoup moins être prisonnier du tabernacle… qu’être accueilli au cœur de nos vies. Parfois il prend l’initiative de manière intempestive et s’invite: c’est chez toi que je veux célébrer ma Pâque. Bienheureuse réquisition!

Jean-Michel Poffet | 1er juin 2018


 

Mc 14, 12-16.22-26

Le premier jour de la fête des pains sans levain,
où l’on immolait l’agneau pascal,
les disciples de Jésus lui disent :
« Où veux-tu que nous allions faire les préparatifs
pour que tu manges la Pâque ? »
Il envoie deux de ses disciples en leur disant :
« Allez à la ville ;
un homme portant une cruche d’eau
viendra à votre rencontre.
Suivez-le,
et là où il entrera, dites au propriétaire :
“Le Maître te fait dire :
Où est la salle
où je pourrai manger la Pâque avec mes disciples ?”
Il vous indiquera, à l’étage,
une grande pièce aménagée et prête pour un repas.
Faites-y pour nous les préparatifs. »
Les disciples partirent, allèrent à la ville ;
ils trouvèrent tout comme Jésus leur avait dit,
et ils préparèrent la Pâque.

Pendant le repas,
Jésus, ayant pris du pain
et prononcé la bénédiction,
le rompit, le leur donna,
et dit :
« Prenez, ceci est mon corps. »
Puis, ayant pris une coupe
et ayant rendu grâce,
il la leur donna,
et ils en burent tous.
Et il leur dit :
« Ceci est mon sang,
le sang de l’Alliance,
versé pour la multitude.
Amen, je vous le dis :
je ne boirai plus du fruit de la vigne,
jusqu’au jour où je le boirai, nouveau,
dans le royaume de Dieu. »

Après avoir chanté les psaumes,
ils partirent pour le mont des Oliviers.

Jean-Michel Poffet

Originaire de Fribourg, Jean-Michel Poffet est dominicain. Pour lui, méditer les saintes Ecritures, “c’est plonger dans les profondeurs de l’humain, aussi avec ses peurs et ses lâchetés”. Exégète passionné, son intérêt pour la Bible est de toujours. Il a suivi un cursus d'étude à l'Institut biblique de Rome qu'il a complété par une thèse en histoire de l'exégète, après son ordination sacerdotale et quelques années de ministère pastoral à Genève. Le Frère Jean-Michel Poffet a été nommé directeur de l'Ecole biblique et archéologique française de Jérusalem en 1999 et a passé dix ans à ce poste.

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