“Celui qui fait la volonté de Dieu,
celui-là est pour moi un frère, une sœur, une mère“. | © Flickr/Lawrence OP/<a href="https://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/2.0/legalcode" target="_blank">CC BY-NC-ND 2.0</a>)
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“Celui qui fait la volonté de Dieu, celui-là est pour moi un frère, une sœur, une mère“. | © Flickr/Lawrence OP/CC BY-NC-ND 2.0)

Evangile de Dimanche: chercher Dieu à l’école de Marie


De Maria, numquam satis. On ne parle jamais assez de Marie, dit Saint Bernard. A première vue, on pourrait penser que Saint Bernard n’a jamais lu l’Evangile de Marc. En effet, le moins que l’on puisse dire est que cet évangéliste évoque peu la Mère de Jésus! Le passage que nous lisons ce dimanche est pratiquement le seul texte de cet Evangile à faire référence, et encore, de manière très implicite, à Marie. Pourtant, comme à son habitude, Saint Marc va à l’essentiel. Dans ce bref passage, il nous montre comment Marie est un modèle du croyant qui cherche Jésus. Qu’est-ce que chercher Dieu à l’école de Marie? Une piste de réponse tient dans un très court verset de notre évangile: “ta mère et tes frères sont là dehors“ (Mc 3,32).

Ta mère est là. Marie est là. Tout de suite après la chute, comme nous le rappelle la première lecture de ce dimanche, Dieu pose à Adam la question: où es-tu?“. Et Adam, au lieu de répondre à la question, explique à Dieu ce qu’il a fait, accusant tour à tour sa femme et le serpent. Adam fuit la question “où es-tu?“. De Marie, au contraire, il nous est dit qu’elle est là. La grandeur de Marie consiste à “être là“, c’est-à-dire à ne pas se fuir elle-même. Chercher Dieu, c’est d’abord oser personnellement répondre à la question qu’Il nous pose: “où es-tu?“.

La grandeur de Marie consiste à “être là“

Ta mère et tes frères sont là. Marie est là, mais elle n’est pas seule à être là. Elle est là avec les “frères“ de Jésus, que la Tradition identifie à la famille de Jésus au sens large. Sa recherche de Jésus, Marie ne la vit pas seule. Elle la vit dans l’environnement qui est le sien. Elle la vit avec ceux qui, comme elle, cherchent Jésus. Chercher Dieu n’est pas la quête d’aventuriers isolés ou de héros solitaires, mais la marche d’un peuple de frères qui savent qu’ils ont été appelés ensemble.

Ta mère et tes frères sont là dehors. Marie n’est pas seulement là. Elle n’est pas seulement là avec. Elle est là dehors. En cela, il y a un contraste fort entre sa position, son attitude et celle des personnages du début de ce passage qui veulent “mettre la main“ sur Jésus. Chercher Dieu c’est accepter de ne pas mettre la main sur Lui, de ne pas tout comprendre immédiatement, mais d’avancer patiemment sur notre chemin de foi… même quand nous avons l’impression d’attendre dehors, d’être mis hors de nous-mêmes par les questions que Dieu suscite en nous. C’est souvent dans ces situations que nous réalisons que c’est Lui qui donne le tempo de notre recherche.

“Chercher Dieu c’est accepter de ne pas mettre la main sur Lui“

Même quand on en dit peu sur Marie, comme l’évangile de ce dimanche, ce “peu“ est déjà très porteur pour notre foi. Et si on ne parle jamais assez de Marie, c’est parce qu’on n’a jamais fini de chercher Dieu!

Jacques-Benoît Rauscher | Vendredi 8 juin 2017


Mc 3, 20-35

En ce temps-là,
Jésus revint à la maison,
où de nouveau la foule se rassembla,
si bien qu’il n’était même pas possible de manger.
Les gens de chez lui, l’apprenant,
vinrent pour se saisir de lui,
car ils affirmaient :
« Il a perdu la tête. »

Les scribes, qui étaient descendus de Jérusalem, disaient :
« Il est possédé par Béelzéboul ;
c’est par le chef des démons
qu’il expulse les démons. »
Les appelant près de lui,
Jésus leur dit en parabole :
« Comment Satan peut-il expulser Satan ?
Si un royaume est divisé contre lui-même,
ce royaume ne peut pas tenir.
Si les gens d’une même maison se divisent entre eux,
ces gens ne pourront pas tenir.
Si Satan s’est dressé contre lui-même, s’il est divisé,
il ne peut pas tenir ; c’en est fini de lui.
Mais personne ne peut entrer dans la maison d’un homme fort
et piller ses biens,
s’il ne l’a d’abord ligoté.
Alors seulement il pillera sa maison.
Amen, je vous le dis :
Tout sera pardonné aux enfants des hommes :
leurs péchés et les blasphèmes qu’ils auront proférés.
Mais si quelqu’un blasphème contre l’Esprit Saint,
il n’aura jamais de pardon.
Il est coupable d’un péché pour toujours. »
Jésus parla ainsi parce qu’ils avaient dit :
« Il est possédé par un esprit impur. »

Alors arrivent sa mère et ses frères.
Restant au-dehors, ils le font appeler.
Une foule était assise autour de lui ;
et on lui dit :
« Voici que ta mère et tes frères sont là dehors :
ils te cherchent. »
Mais il leur répond :
« Qui est ma mère ? qui sont mes frères ? »
Et parcourant du regard
ceux qui étaient assis en cercle autour de lui,
il dit :
« Voici ma mère et mes frères.
Celui qui fait la volonté de Dieu,
celui-là est pour moi un frère, une sœur, une mère. »

Jacques-Benoît Rauscher

Fr. Jacques-Benoît Rauscher est dominicain. D'origine française, il vit au couvent Saint-Hyacinthe de Fribourg.

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