Jean-Michel Poffet

Evangile de dimanche: de l’or en barre

Un véritable trésor pour des chrétiens parfois déstabilisés, inquiets: de l’or en barre! C’est ainsi que m’apparaissent ces paroles que Jésus adresse à son Eglise.

En effet, le Christ nous rappelle qu’il a prié, aux derniers jours de sa vie, non seulement pour ses disciples, mais pour nous qui avons cru grâce au témoignage des premiers apôtres. C’est encore ainsi que la foi se transmet, par contagion, quand elle se transmet… Heureusement, la vie des chrétiens d’aujourd’hui, dans les beaux et les moins beaux jours, est soutenue par la prière de Celui qui a offert sa vie pour ses amis et pour le monde. S’en souvenir devrait nous affermir sur les chemins d’une joyeuse espérance. Nous ne sommes ni seuls, ni abandonnés.

Dans ce trésor des dernières paroles de Jésus à son Eglise, il y a aussi la demande qu’il adresse à son Père: «qu’ils soient UN comme nous sommes UN, moi en eux et toi en moi». Jésus ne prie pas pour que l’Eglise soit forte et triomphante, «à l’humaine». Il ne demande pas pour elle influence, succès et triomphe, comme le ferait le responsable d’un parti politique en campagne électorale. Il supplie Dieu pour que nous vivions de la communion même qui l’unit, lui Jésus à son Père.

«Ce sera une unité profonde dans la foi et la charité, à cause de Jésus et sous le regard du Père.»

Notre unité ne sera donc pas seulement intellectuelle, au plan doctrinal, ni purement formelle dans la discipline et la soumission à l’autorité. Ce sera une unité profonde dans la foi et la charité, à cause de Jésus et sous le regard du Père. Le Nom de Dieu que Jésus a fait connaître à ses disciples est celui de Père, et c’est donc sur la paternité de Dieu qu’est fondée l’unité et la communion des disciples. C’est ce que nous rappelle la première demande du Pater: «Notre Père, que ton nom soit sanctifié».

Quand on connaît le milieu ecclésiastique et ses incessantes guéguerres picrocholines, on mesure l’importance de ce rappel de Jésus. Notons aussi que cette communion des chrétiens entre eux n’a qu’un but: que le monde puisse croire! La société actuelle est particulièrement divisée, fragmentée, blessée par un individualisme triomphant, et nous en faisons partie.

Guéris par le Christ, nous pouvons offrir au monde le témoignage de notre communion: il en a un urgent besoin. Saurons-nous lui offrir ce trésor parce que nous l’aurons nous-mêmes accueilli dans l’émerveillement et la gratitude?

Jean-Michel Poffet | Vendredi 31 mai 2019


Jn 17, 20-26

En ce temps-là,
les yeux levés au ciel, Jésus priait ainsi :
« Père saint,
je ne prie pas seulement pour ceux qui sont là,
mais encore pour ceux qui, grâce à leur parole, croiront en moi.
Que tous soient un,
comme toi, Père, tu es en moi, et moi en toi.
Qu’ils soient un en nous, eux aussi,
pour que le monde croie que tu m’as envoyé.
Et moi, je leur ai donné la gloire que tu m’as donnée,
pour qu’ils soient un comme nous sommes UN :
moi en eux, et toi en moi.
Qu’ils deviennent ainsi parfaitement un,
afin que le monde sache que tu m’as envoyé,
et que tu les as aimés comme tu m’as aimé.
Père,
ceux que tu m’as donnés,
je veux que là où je suis,
ils soient eux aussi avec moi,
et qu’ils contemplent ma gloire,
celle que tu m’as donnée
parce que tu m’as aimé avant la fondation du monde.
Père juste,
le monde ne t’a pas connu,
mais moi je t’ai connu,
et ceux-ci ont reconnu
que tu m’as envoyé.
Je leur ai fait connaître ton nom,
et je le ferai connaître,
pour que l’amour dont tu m’as aimé soit en eux,
et que moi aussi, je sois en eux. »

“Que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et moi en toi.“ | © Flickr/Lawrence OP/CC BY-NC-ND 2.0
31 mai 2019 | 17:00
par Jean-Michel Poffet
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