"Qui es-tu, toi le Seigneur de gloire, pour avoir faim, soif, être nu et malade?" | © Flickr/Lawrence OP/CC BY-NC-ND-2.0
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"Qui es-tu, toi le Seigneur de gloire, pour avoir faim, soif, être nu et malade?" | © Flickr/Lawrence OP/CC BY-NC-ND-2.0

Evangile de dimanche: qui est ce roi?


La fin du chapitre 25 de l’évangile selon saint Mattieu est sans doute l’un des textes plus familiers de tous les évangiles. Il est connu surtout pour la force d’interpellation morale qui s’en dégage. Elle risque de laisser dans l’ombre une question, pourtant au cœur du texte: qui est ce Roi?

Au cours de vingt siècles de christianisme, cette page a donné naissance à une multitude d’initiatives: depuis les hôtels-Dieu du Moyen-Age jusqu’aux associations humanitaires de notre XXIème siècle. Les recommandations de Jésus, nourrir l’affamé, accueillir l’étranger, visiter le malade et le prisonnier,… dans leur précision réaliste ne peuvent que rejoindre celui qui les écoute vraiment. La diversité des situations évoquées fait que chacun de nous peut se sentir concerné. L’énumération éveille l’attention à une infinité de manques non désignés par Jésus. Elle incite à découvrir les pauvretés qui nous entourent et qui ne se disent pas.

Le texte invite à aller plus loin: reconnaître dans les plus petits des frères la présence de Jésus. Visiter, nourrir, habiller,… ce n’est pas seulement faire acte de bienfaisance, c’est faire acte de foi. C’est vivre une expérience de foi, rencontrer le Seigneur Jésus. En disant à ses disciples: “Chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait”. Le Roi appelle à un changement de regard sur ces plus petits.

Il pose aussi la question de sa propre identité. Qui est ce Roi? Bien que siégeant sur un trône de gloire, il connaît la faim, la soif, la prison, la nudité, la migration. La question posée par les “bénis” et les “maudits”, “Quand t’avons-nous vu avoir faim, avoir soif, être nu, étranger, malade ou en prison…?” pourrait être la nôtre, sous la forme “Qui es-tu, toi le Seigneur de gloire, pour avoir faim, soif, être nu et malade?” En cette fête du Christ, Roi de l’univers, quelle royauté célébrons-nous? Le texte proposé à notre écoute, en identifiant ce Roi aux pauvres de la terre, interroge le regard que nous portons sur eux mais aussi sur lui. Le chapitre suivant de l’évangile de Matthieu ouvre le récit de la Passion: Jésus arrêté, emprisonné, dénudé.

Un double appel est lancé aux disciples. Une puissante incitation à se soucier de toute forme de détresse et de précarité. Et un étonnement toujours renouvelé dans la recherche du Seigneur Jésus, ce Roi surprenant qui s’identifie aux plus petits. Les deux interpellations se confortant mutuellement se confortant mutuellement. L’attention aux pauvres devient révélation du visage du Seigneur et la quête de ce visage renvoie à ceux qui en sont la face visible. En témoignent les saints, Vincent de Paul, Mère Teresa, et tant d’autres.

Jeanne-Marie d’Ambly | Vendredi 24 novembre 2017


Matthieu 25, 31-46

 En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
« Quand le Fils de l’homme viendra dans sa gloire,
et tous les anges avec lui,
alors il siégera sur son trône de gloire.
Toutes les nations seront rassemblées devant lui ;
il séparera les hommes les uns des autres,
comme le berger sépare les brebis des boucs :
il placera les brebis à sa droite, et les boucs à gauche.

Alors le Roi dira à ceux qui seront à sa droite :
‘Venez, les bénis de mon Père,
recevez en héritage le Royaume
préparé pour vous depuis la fondation du monde.
Car j’avais faim, et vous m’avez donné à manger ;
j’avais soif, et vous m’avez donné à boire ;
j’étais un étranger, et vous m’avez accueilli ;
j’étais nu, et vous m’avez habillé ;
j’étais malade, et vous m’avez visité ;
j’étais en prison, et vous êtes venus jusqu’à moi !’
Alors les justes lui répondront :
‘Seigneur, quand est-ce que nous t’avons vu…?
tu avais donc faim, et nous t’avons nourri ?
tu avais soif, et nous t’avons donné à boire ?
tu étais un étranger, et nous t’avons accueilli ?
tu étais nu, et nous t’avons habillé ?
tu étais malade ou en prison…
Quand sommes-nous venus jusqu’à toi ?’
Et le Roi leur répondra :
‘Amen, je vous le dis :
chaque fois que vous l’avez fait
à l’un de ces plus petits de mes frères,
c’est à moi que vous l’avez fait.’

Alors il dira à ceux qui seront à sa gauche :
‘Allez-vous-en loin de moi, vous les maudits,
dans le feu éternel préparé pour le diable et ses anges.
Car j’avais faim, et vous ne m’avez pas donné à manger ;
j’avais soif, et vous ne m’avez pas donné à boire ;
j’étais un étranger, et vous ne m’avez pas accueilli ;
j’étais nu, et vous ne m’avez pas habillé ;
j’étais malade et en prison, et vous ne m’avez pas visité.’
Alors ils répondront, eux aussi :
‘Seigneur, quand t’avons-nous vu
avoir faim, avoir soif, être nu, étranger, malade ou en prison,
sans nous mettre à ton service ?’
Il leur répondra :
‘Amen, je vous le dis :
chaque fois que vous ne l’avez pas fait
à l’un de ces plus petits,
c’est à moi que vous ne l’avez pas fait.’

Et ils s’en iront, ceux-ci au châtiment éternel,
et les justes, à la vie éternelle. »

Jeanne-Marie d'Ambly

Jeanne-Marie d’Ambly est née en 1953. Lorsqu’elle commence ses études de sciences à la faculté de Caen, mai 68 n’est pas loin. Les liens tissés avec quelques amis soixante-huitards stimule chez elle le désir de rendre compte de sa foi. Elle le réalise en rejoignant la Maison de Prière de Troussures, fondée par le Père Henri Caffarel, Pendant vingt ans, elle y participe à l’animation de Semaines de Prière.

En 1997, elle rejoint la communauté des Sœurs de Saint Maurice.

Envoyée à Lyon faire une licence de théologie elle goûte la joie d’explorer de nouveaux chemins, en particulier dans la lecture de l’Ecriture. Partager cette joie et arpenter ces chemins avec d’autres lui tient à cœur. Ce désir l’a amenée à rejoindre l’équipe de l’ABC et à participer à la rubrique l’évangile de dimanche.

Sr Jeanne-Marie vit à Lausanne dans une communauté en charge d’un foyer d’étudiantes. Engagée au Centre Romand des Vocations, elle est aussi associée aux activités de PASAJ, la pastorale jeunesse du canton de Vaud, et participe à diverses animations à La Pelouse sur Bex.

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