Jean-Michel Poffet

Evangile de dimanche: salé et lumineux

Du sel et de la lumière: l’évangile de ce dimanche est simple, direct et concret. Prenons le temps de nous arrêter à ces deux réalités de notre vie quotidienne pour en mesurer la portée. Il suffit d’ailleurs d’en prendre le contre-pied pour en saisir le bienfait.

Il n’est pas très agréable d’être condamné à un régime sans sel… et pas davantage d’être privé de lumière. Les gens le savent bien, dans le grand nord qui n’offre en hiver que quelques heures de lueur en fin de matinée et en début d’après-midi… Beaucoup dépriment!

Jésus interpelle donc les disciples en leur proclamant d’abord qu’ils sont le sel de la terre. Evidemment non pas automatiquement, mais en vertu de l’Evangile qu’ils auront accueilli et qui sera devenu vital pour eux. L’évangile ayant donné du goût à leur vie, ils vont pouvoir partager leur bonheur et leur espérance, leur sagesse éventuellement et offrir à d’autres de goûter à ces bienfaits.

A noter aussi que le sel n’est bon qu’à condition d’être enfoui dans les aliments cuisinés. Un peu de sel relève le goût d’une marmite de viande ou de pâtes. A condition que le sel n’ait pas perdu de sa saveur… auquel cas il ne servirait plus à rien. Et à condition d’en mettre juste ce qu’il faut: ni trop, ni trop peu…

C’est un grand honneur que nous fait Jésus en nous rappelant ainsi la valeur de l’Evangile dans nos vies, et la noble tâche qui est la nôtre de l’accueillir et de le partager. En même temps, discrètement, Jésus nous met en garde: si l’évangile perd sa saveur pour nous, nous ne sommes plus guère utiles au monde dans lequel nous vivons.  

«Le disciple n’est pas lumière pour lui-même mais pour le monde. La lumière qu’il a reçue, il n’en est pas la source et d’autre part, elle ne lui appartient pas.»

Et la lumière? Contrairement au sel qui doit être enfoui, la lumière doit être mise sur le lampadaire pour éclairer tous ceux qui sont dans la maison. Rappelons-nous qu’à l’époque la lumière vient de petites lampes à huile que l’on place haut dans la pièce pour que soit mieux diffusée leur douce lumière.

De même que le sel n’existe pas pour lui-même, la lumière n’existe pas pour elle-même. On ne la voit d’ailleurs pas, mais elle permet de voir. En conséquence, le disciple n’est pas lumière pour lui-même mais pour le monde. La lumière qu’il a reçue, il n’en est pas la source et d’autre part, elle ne lui appartient pas. Il n’est pas là pour en faire seulement une consommation privée. Notez la précision apportée par Jésus: «en voyant ce que vous faites de bien, ils rendront gloire à votre Père qui est aux cieux».

Le disciple ne cherchera pas à attirer l’attention sur lui. Son seul souci sera celui de l’authenticité: alors il sera un signe et guidera d’autres vers le visage du Père. Du sel et de la lumière: du goût et de la clarté, un vrai bonheur, et surtout un bonheur à partager.

Jean-Michel Poffet | Vendredi 7 février


Mt 5, 13-1

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
    « Vous êtes le sel de la terre.
Mais si le sel devient fade,
comment lui rendre de la saveur ?
Il ne vaut plus rien :
on le jette dehors et il est piétiné par les gens.

    Vous êtes la lumière du monde.
Une ville située sur une montagne
ne peut être cachée.
    Et l’on n’allume pas une lampe
pour la mettre sous le boisseau ;
on la met sur le lampadaire,
et elle brille pour tous ceux qui sont dans la maison.
    De même, que votre lumière brille devant les hommes :
alors, voyant ce que vous faites de bien,
ils rendront gloire à votre Père qui est aux cieux. »

Vous êtes la lumière du monde. Une ville située sur une montagne ne peut être cachée.» | © Flickr/Lawrence OP/CC BY-NC-ND 2.0
7 février 2020 | 17:00
par Jean-Michel Poffet
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