Sœur Marie-Paule

Evangile de dimanche: transmission

«La paix soit avec vous». C’est la première parole de Jésus en retrouvant ses apôtres. En réalité, c’est la salutation habituelle de tout Juif. Mais tout de même, après tout ce qu’ils viennent de vivre: les menaces toujours plus précises, depuis des mois, l’angoisse de ce retour à Jérusalem et puis l’horreur de la Passion et de cette mort ignominieuse. Mais surtout, surtout, ce silence du lendemain qui les a tous étourdis. Avec tout ça, peut-on véritablement être dans la paix?

«Recevez l’Esprit Saint. A qui vous remettrez ses péchés, ils seront remis». Dans cette Pentecôte anticipée, on peut s’interroger du lien entre le don de l’Esprit et la mission de réconciliation. Mais en réalité, c’est là le message essentiel de ces rencontres privilégiées, et le don de l’Esprit est toujours lié à une mission spécifique.

C’est comme une passation de pouvoir ou plutôt la transmission de la mission confiée du Père au Fils et maintenant du Fils aux fils. Et cet envoi est essentiel: redire aux hommes de quel amour ils sont aimés car pourvu qu’ils osent baisser leur garde et accueillir ce pardon inconditionnel, ils retrouveront une harmonie insoupçonnée entre eux et avec Dieu.

«Cet envoi est essentiel: redire aux hommes de quel amour ils sont aimés.»

Ainsi, Dieu le Père, le créateur de tout ce qui est, a besoin du concours de l’homme, cette créature faible et mortelle pour faire connaître qui il est véritablement. Cette mission est tellement importante qu’elle requiert toutes les forces, mais surtout une foi à toute épreuve. C’est pourquoi le Seigneur ne peut laisser Thomas dans son incrédulité et se prête à son exigence: «Mets ta main dans mon côté et cesse d’être incrédule».

L’exigence de Thomas doit devenir la nôtre. Nous ne pouvons nous contenter de répéter: «Heureux ceux qui croient sans avoir vu». Il nous faut aspirer à voir la puissance de la résurrection se manifester dans nos vies individuelles et collectives, souhaiter que le pardon du Seigneur relève d’entre les morts les hommes et les femmes que nous sommes, encore enlisés dans le péché… Du moins si nous y prêtons la main.

Car l’étonnant de la foi, c’est qu’on puisse croire à l’impossible et tout faire pour qu’il se réalise. Alors, mais alors seulement, Jésus peut devenir pour chacun d’entre nous «mon Seigneur et mon Dieu».

Sœur Marie-Paule | Vendredi 17 avril 2020


Jn 20, 19-31

C’était après la mort de Jésus.
        Le soir venu, en ce premier jour de la semaine,
alors que les portes du lieu où se trouvaient les disciples
étaient verrouillées par crainte des Juifs,
Jésus vint, et il était là au milieu d’eux.
Il leur dit :
« La paix soit avec vous ! »
    Après cette parole, il leur montra ses mains et son côté.
Les disciples furent remplis de joie
en voyant le Seigneur.
    Jésus leur dit de nouveau :
« La paix soit avec vous !
De même que le Père m’a envoyé,
moi aussi, je vous envoie. »
    Ayant ainsi parlé, il souffla sur eux
et il leur dit :
« Recevez l’Esprit Saint.
    À qui vous remettrez ses péchés,
ils seront remis ;
à qui vous maintiendrez ses péchés,
ils seront maintenus. »

    Or, l’un des Douze, Thomas,
appelé Didyme (c’est-à-dire Jumeau),
n’était pas avec eux quand Jésus était venu.
    Les autres disciples lui disaient :
« Nous avons vu le Seigneur ! »
Mais il leur déclara :
« Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous,
si je ne mets pas mon doigt dans la marque des clous,
si je ne mets pas la main dans son côté,
non, je ne croirai pas ! »

    Huit jours plus tard,
les disciples se trouvaient de nouveau dans la maison,
et Thomas était avec eux.
Jésus vient,
alors que les portes étaient verrouillées,
et il était là au milieu d’eux.
Il dit :
 « La paix soit avec vous ! »
    Puis il dit à Thomas :
« Avance ton doigt ici, et vois mes mains ;
avance ta main, et mets-la dans mon côté :
cesse d’être incrédule,
sois croyant. »
    Alors Thomas lui dit :
« Mon Seigneur et mon Dieu ! »
    Jésus lui dit :
« Parce que tu m’as vu, tu crois.
Heureux ceux qui croient sans avoir vu. »

    Il y a encore beaucoup d’autres signes
que Jésus a faits en présence des disciples
et qui ne sont pas écrits dans ce livre.
    Mais ceux-là ont été écrits
pour que vous croyiez
que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu,
et pour qu’en croyant, vous ayez la vie en son nom.

«Parce que tu m’as vu, tu crois. Heureux ceux qui croient sans avoir vu»| Kappel am Albis, 1305-1340
17 avril 2020 | 17:00
par Sœur Marie-Paule
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