Les noces de Cana, peinture romane vers 1150, canton des Grisons. | DR
Blog
Les noces de Cana, peinture romane vers 1150, canton des Grisons. | DR

Evangile de dimanche: trois pour le prix d’un


Rassurez-vous, il ne s’agit pas ici de vous proposer des articles soldés par cath.ch en ce mois de janvier, mais bien de nous arrêter sur l’Evangile de ce dimanche! Celui-ci présente trois changements qui s’opèrent lors de ces noces de Cana.

Le premier changement est celui de l’eau en vin, maintes fois représenté par les peintres. Alors que Moïse avait donné de l’eau au peuple qui criait sa soif dans le désert, Jésus fait un miracle d’une toute autre nature à l’aube de sa vie publique. Il ne vient pas nous donner ce qui est nécessaire à notre existence, mais ce qui est indispensable à la fête. Avant de commencer son ministère, Jésus opère cette transformation qui dit bien que le suivre c’est passer de la simple survie à la richesse d’une vie en abondance.

Mais il y a un deuxième changement -moins évident et plus hypothétique -qui est mis en scène par l’évangéliste. Ce changement, on pourrait avoir l’impression qu’il s’opère en Jésus Lui-même. Évidemment, le Fils de Dieu ne change pas, au sens où Il apprendrait quelque chose d’important qu’Il ignore. Mais on peut noter ici, comme en beaucoup d’autres passages de l’Evangile, cet émerveillement de Jésus pour la foi qu’Il rencontre.

“Jésus vient nous donner ce qui est indispensable à la fête.“

Le verset un peu dur “femme, que me veux-tu?“ (Jn 2,4) tente de traduire l’original grec qui dit littéralement “quoi à moi et à toi?“. On pourrait le comprendre, moins comme un reproche que comme l’expression d’un étonnement de la part de Jésus: “qu’y a-t-il entre moi et toi?“, “quel est ce lien si fort entre nous qui te permet de comprendre le signe que je peux (et veux) accomplir?“. Au début de sa mission, Jésus s’émerveille de la foi qui permet à l’homme (ici à la femme, sa mère) de communier avec la volonté de Dieu.

Enfin, un troisième changement est opéré ici: celui des disciples. On nous dit à la fin de ce passage: “il manifesta sa gloire et ses disciples crurent en lui“ (Jn 2,11). Les disciples n’ont pas encore entendu l’enseignement de Jésus, ni été dispersés par la Passion. Mais ils croient en Jésus parce qu’ils l’ont vu les nourrir en vue de la fête, parce qu’ils l’ont vu s’émerveiller devant la force de la foi. En cela, ils nous ressemblent.

Quand nous confessons notre foi, quand nous devenons croyants, nous ne savons pas tout du déploiement de l’enseignement de Jésus, de son œuvre dans notre histoire. Nous ne connaissons pas les questions violentes auxquelles les épreuves de la vie nous soumettront. Mais nous affirmons notre volonté de croire en Celui qui nous a montré comme personne son attention pour la vie de l’homme, sa volonté de partager avec nous une joie qui nous a inondés comme aucune autre auparavant.

Au début de cette année, gardons ces trois changements dans notre cœur. Même s’il y en a trois pour le prix d’un, ils n’ont rien de bon marché… Ils sont à la fois gratuits et d’une valeur inestimable parce qu’ils nous rendent disciples de Jésus!

Jacques-Benoît Rauscher | Vendredi 18 janvier 2019


Jn 2, 1-11

En ce temps-là,
il y eut un mariage à Cana de Galilée.
La mère de Jésus était là.
Jésus aussi avait été invité au mariage
avec ses disciples.
Or, on manqua de vin.
La mère de Jésus lui dit :
« Ils n’ont pas de vin. »
Jésus lui répond :
« Femme, que me veux-tu ?
Mon heure n’est pas encore venue. »
Sa mère dit à ceux qui servaient :
« Tout ce qu’il vous dira, faites-le. »
Or, il y avait là six jarres de pierre
pour les purifications rituelles des Juifs ;
chacune contenait deux à trois mesures,
(c’est-à-dire environ cent litres).
Jésus dit à ceux qui servaient :
« Remplissez d’eau les jarres. »
Et ils les remplirent jusqu’au bord.
Il leur dit :
« Maintenant, puisez,
et portez-en au maître du repas. »
Ils lui en portèrent.
Et celui-ci goûta l’eau changée en vin.
Il ne savait pas d’où venait ce vin,
mais ceux qui servaient le savaient bien,
eux qui avaient puisé l’eau.
Alors le maître du repas appelle le marié
et lui dit :
« Tout le monde sert le bon vin en premier
et, lorsque les gens ont bien bu, on apporte le moins bon.
Mais toi, tu as gardé le bon vin jusqu’à maintenant. »

Tel fut le commencement des signes que Jésus accomplit.
C’était à Cana de Galilée.
Il manifesta sa gloire,
et ses disciples crurent en lui.

Jacques-Benoît Rauscher

Fr. Jacques-Benoît Rauscher est dominicain. D'origine française, il vit au couvent Saint-Hyacinthe de Fribourg.

Auteur
Dernières publications
A Pentecôte – dont Luc a si bien parlé dans les Actes -, il y eut aussi du feu, et bientôt des baptêmes pour le salut de tous. (Photo: Flickr/Robbie Shade/CC BY 2.0)
“Mes brebis écoutent ma voix ;moi, je les connais,et elles me suivent.“ | © Flickr/Lawrence OP/CC BY-NC-ND 2.0)