"Ainsi est-il écrit que le Christ souffrirait,
qu’il ressusciterait d’entre les morts le troisième jour". Lc 24, 46. | © Flickr/Lawrence OP/<a href="https://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/2.0/legalcode" target="_blank">CC BY-NC-ND 2.0</a>)
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"Ainsi est-il écrit que le Christ souffrirait, qu’il ressusciterait d’entre les morts le troisième jour". Lc 24, 46. | © Flickr/Lawrence OP/CC BY-NC-ND 2.0)

Evangile de dimanche: vie spirituelle et plat cuisiné


Savez-vous ce qui nous manque pour reconnaître Jésus ressuscité? Un simple plat cuisiné!

Je sais, la déclaration peut sembler un peu choquante. Mais c’est pourtant ce que nous suggère l’Evangile de ce dimanche. Jésus a beau apparaître au milieu de ses disciples, leur proposer de toucher ses plaies… le geste qu’il pose pour finir de les convaincre de sa résurrection est bien de prendre et de manger du poisson grillé. Étonnant? Pas tant que cela…

Jésus montre par un acte très simple, presque trivial, qu’il est ressuscité.

Jésus prend et mange. Jésus montre par un acte très simple, presque trivial, qu’il est ressuscité. Évidemment, il y a dans ce geste la volonté de prouver qu’il n’est pas un fantôme. Mais il y a plus. L’Evangile nous dit des disciples que “dans leur joie, ils n’osaient pas encore y croire”. Ils ont tout devant eux pour croire, mais c’est leur joie qui les empêche de croire. Ils n’osent croire que les choses sont si simples. Ils n’osent croire, qu’au fond, ce qui leur a été annoncé est bien vrai. Pour les convaincre, Jésus ne pose pas un geste merveilleux de plus. Au contraire, il retourne la situation en les cherchant sur le terrain de la simplicité. Il agit de manière très humaine, comme pour leur dire que cette foi en la résurrection n’est pas trop élevée pour eux, qu’elle est là, tout près d’eux, devant eux. Mais Jésus ne se contente pas de poser un acte quotidien: il ne mange pas n’importe quoi…

Jésus prend et mange un poisson grillé, c’est-à-dire quelque chose qui vient de la Création et qui a été apprêté par les hommes. Au pied de l’arbre de la Genèse, l’homme avait pris et mangé ce que Dieu avait interdit, ouvrant les yeux sur sa nudité. Ici, Jésus prend et mange ce que l’homme lui donne pour permettre à l’homme d’ouvrir les yeux sur sa dignité; pour lui prouver qu’il est capable, en Jésus, de donner quelque chose à Dieu… quelque chose qui porte la marque conjointe du Créateur et de l’homme qui a travaillé la Création.

Comme les disciples, si nous doutons de la résurrection, ce n’est souvent pas tant que nous doutons de Dieu, mais que nous doutons de nous. Nous doutons que ce que nous désirons au plus profond de notre cœur soit vrai. Nous doutons du fait que nous, petits êtres faibles et pécheurs, soyons en mesure d’intéresser Dieu Tout-Puissant, de Lui offrir quelque chose à sa hauteur. Si ces pensées traversent notre esprit, repensons à la spiritualité du poisson grillé que Jésus prend et mange. C’est en regardant la dignité retrouvée de l’homme que nous verrons, de nos yeux, la présence du ressuscité.

Jacques-Benoît Rauscher | 13 avril 2018


Lc 24, 35-48

En ce temps-là,
les disciples qui rentraient d’Emmaüs
racontaient aux onze Apôtres et à leurs compagnons
ce qui s’était passé sur la route,
et comment le Seigneur s’était fait reconnaître par eux
à la fraction du pain.
Comme ils en parlaient encore,
lui-même fut présent au milieu d’eux, et leur dit :
« La paix soit avec vous ! »
Saisis de frayeur et de crainte,
ils croyaient voir un esprit.
Jésus leur dit :
« Pourquoi êtes-vous bouleversés ?
Et pourquoi ces pensées qui surgissent dans votre cœur ?
Voyez mes mains et mes pieds : c’est bien moi !
Touchez-moi, regardez :
un esprit n’a pas de chair ni d’os
comme vous constatez que j’en ai. »
Après cette parole,
il leur montra ses mains et ses pieds.
Dans leur joie, ils n’osaient pas encore y croire,
et restaient saisis d’étonnement.
Jésus leur dit :
« Avez-vous ici quelque chose à manger ? »
Ils lui présentèrent une part de poisson grillé
qu’il prit et mangea devant eux.
Puis il leur déclara :
« Voici les paroles que je vous ai dites
quand j’étais encore avec vous :
“Il faut que s’accomplisse
tout ce qui a été écrit à mon sujet
dans la loi de Moïse, les Prophètes et les Psaumes.” »
Alors il ouvrit leur intelligence à la compréhension des Écritures.
Il leur dit :
« Ainsi est-il écrit que le Christ souffrirait,
qu’il ressusciterait d’entre les morts le troisième jour,
et que la conversion serait proclamée en son nom,
pour le pardon des péchés, à toutes les nations,
en commençant par Jérusalem.
À vous d’en être les témoins. »

Jacques-Benoît Rauscher

Fr. Jacques-Benoît Rauscher est dominicain. D'origine française, il vit au couvent Saint-Hyacinthe de Fribourg.

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