Jacques-Benoît Rauscher

Evangile du dimanche: Pacemaker spirituel

Il y a des moments de notre vie mais aussi des moments de l’année où nous sommes bien fatigués. Notre cœur est alors endormi, peut-être déjà un peu lassé. L’Évangile de ce dimanche se présente, au seuil de cet été, moment de repos, comme un stimulateur cardiaque. Il nous donne à voir le cœur de Jésus pour nous aider à battre à l’unisson de l’amour de Dieu. Jésus nous donne deux «décharges» bienfaisantes venues de son cœur pour reprendre pieds dans notre vie chrétienne.

«La prière consiste d’abord à accepter de regarder Quelqu’un»

La première de ces décharges bienvenues est la louange adressée à Dieu le Père. Jésus s’émerveille devant les œuvres que le Père accomplit : « Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange». La première chose qu’il fait dans sa prière est de regarder ce que le Père lui a donné. Il ne commence pas par demander quelque chose, il ne commence pas par regarder ses besoins du moment. Il se laisse aller à l’émerveillement. C’est un point de la prière qu’il nous faut cultiver et que nous oublions trop facilement. Souvent nous avons le sentiment qu’il nous faut «prendre» un temps de prière, qu’il nous faut d’abord demander des choses dans la prière. Et alors nous nous épuisons à force de nous centrer sur nous-mêmes, sur ce que nous faisons ou ne faisons pas ; sur ce que nous demandons ou ne demandons pas. Pourtant, Jésus nous le rappelle ici : la prière consiste d’abord à accepter de regarder Quelqu’un, de réaliser que Quelqu’un, le Père, nous a précédés et que l’on reçoit tout de sa main. En cela la prière dilate le cœur. Elle ne nous enferme pas dans nos nos horizons individuels ou dans nos questionnements, elle ouvre toujours notre champ de vision, notre capacité à aimer.

«Demandons au Christ de nous «brancher» à son cœur»

Tout naturellement alors, cette première dimension débouche sur une seconde : l’ouverture aux besoins du monde et spécialement des plus pauvres et des plus petits. Après avoir prié le Père, s’être laissé aller à l’émerveillement devant les œuvres qu’Il réalise, Jésus dit le désir qu’il a de prendre soin de ceux qui sont dans la peine, de ceux qui lui sont confiés. Le désir de servir l’autre est cette seconde «décharge» qui permet de relancer notre marche. Nous sommes souvent confrontés à beaucoup de besoins : besoins des membres de nos familles, besoins des membres de nos communautés, exigences de notre vie professionnelle… Ces besoins nous devons y répondre pour servir ceux qui nous sont confiés. Mais leur répétition monotone peut tuer en nous l’amour,  nous faire passer à côté de l’essentiel. Comme Jésus, il nous faut aussi désirer quelque chose pour ceux que nous servons, souhaiter les inviter à venir vers le Christ. Quel est notre désir pour le monde où nous sommes placés ? Que cherchons-nous pour lui du plus profond de notre cœur ?

En ce dimanche, Jésus prend un risque. Ce risque c’est de dévoiler son cœur. De dire, presque avec une sorte de généreuse imprudence ce qu’il a au fond de Lui-même. S’il le fait, ce n’est pas pour étaler son intimité de manière impudique, mais pour guérir nos cœurs sclérosés par le péché ou tout simplement vieillis par la fatigue des engagements multiples. Laissons-nous toucher par cette invitation à oser reprendre le chemin de l’amour du Père et des plus petits de nos frères. C’est l’essentiel de l’Evangile. En ce début d’été, demandons au Christ de nous «brancher» à son cœur et d’y recevoir les battements d’une vie chrétienne renouvelée, vivant de l’éternelle jeunesse de Dieu.

Jacques-Benoît Rauscher | vendredi 3 juillet 2020


Évangile

« Je suis doux et humble de cœur » (Mt 11, 25-30)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
Jésus prit la parole et dit :
« Père, Seigneur du ciel et de la terre,
je proclame ta louange :
ce que tu as caché aux sages et aux savants,
tu l’as révélé aux tout-petits.
    Oui, Père, tu l’as voulu ainsi dans ta bienveillance.
    Tout m’a été remis par mon Père ;
personne ne connaît le Fils, sinon le Père,
et personne ne connaît le Père, sinon le Fils,
et celui à qui le Fils veut le révéler.

    Venez à moi,
vous tous qui peinez sous le poids du fardeau,
et moi, je vous procurerai le repos.
    Prenez sur vous mon joug,
devenez mes disciples,
car je suis doux et humble de cœur,
et vous trouverez le repos pour votre âme.
    Oui, mon joug est facile à porter,
et mon fardeau, léger. »

Savons-nous remercier le Seigneur?
3 juillet 2020 | 17:00
par Jacques-Benoît Rauscher
coeur (3)
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