Mère Teresa de Calcutta a été canonisée 19 ans après sa mort. (Photo: Wikimedia Commons/Manfredo Ferrari/CC BY-SA 4.0)
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Mère Teresa de Calcutta a été canonisée 19 ans après sa mort. (Photo: Wikimedia Commons/Manfredo Ferrari/CC BY-SA 4.0)

Figure puissante


Ce furent des obsèques nationales. L’Inde, pays-continent aux vastes disparités, a enterré sa «Mère», à Calcutta, au début septembre 1997. La foule était innombrable, toutes religions confondues. Des obsèques dignes d’un chef d’Etat, à l’image de l’aura planétaire de ce bout de femme qui avait soulevé des montagnes. C’était il y a vingt ans, une éternité ou hier, c’est selon.

Mère Teresa quittait ce monde, et nous étions orphelins. Orphelins d’une flamme d’amour allumée par cette religieuse, époustouflante, incroyable d’audace, fluette fondatrice et humble croyante. Car la petite Agnès d’Albanie devenue Mère Teresa, a marqué le XXe siècle de son énergie incroyable et de sa foi inébranlable en Dieu. Prix Nobel de la Paix, fondatrice des Missionnaires de la Charité, présente au chevet des mourants de Calcutta, «la Mère», «Mother» comme l’ont baptisée les Indiens, a laissé une trace incommensurable.

Aujourd’hui, que reste-t-il des grandes figures chrétiennes de l’histoire contemporaine? Après les disparitions successives de Mère Teresa, de Sœur Emmanuelle et de l’Abbé Pierre, nous sommes sevrés de figures puissantes, incarnant une espérance en action. Et pourtant, au Pakistan, début août, ont eu lieu des obsèques grandioses elles aussi pour Ruth Pfau, une religieuse médecin d’origine allemande qui a combattu la lèpre sa vie durant.

Donc les «héros de la foi» existent toujours? Peut-être ne savons-nous pas les reconnaître dans les flots d’information. Peut-être que leur modestie les empêche d’atteindre la notoriété que mériterait leur action.

Mère Teresa a commencé humblement, portée par une intuition née au retour d’une retraite spirituelle. L’enseignante d’un collège pour jeunes filles aisées devint la servante des pauvres. Sa conversion a été suivie de périodes de doutes dont la noirceur ne fut connue qu’après son décès.

Aujourd’hui encore, la flamme de Mère Teresa brûle, forte, éclairante. Elle est un hymne à la charité et un appel à la conversion. Vingt ans après, il est bon de s’en souvenir. Mais aussi de s’en nourrir.

 

Bernard Litzler

4 septembre 2017

Bernard Litzler

Bernard Litzler, directeur de Cath-Info tient une chronique politico-religieuse baptisée: «Rue Brique». Elle devient de plus en plus «Rue Briques» !

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