Denis Müller

Films de Noël

Les programmes TV de Noël, de facture principalement américaine, regorgent d’histoires sentimentales et de bonnes intentions. Sapins et décorations lumineuses, cadeaux et vœux de fêtes en constituent le décor naturel, reproduisant sans surprise l’American Way of Life.

On est bien loin de la rudesse militaro-politique et de la voracité capitaliste à la Donald Trump. Pourtant, j’avoue m’être laissée prendre à ces scénarios immuables. C’est comme si un narrateur unique avait composé une suite incessante de fêtes de Noël, ponctuées de Christmas Carols à répétition. La vie des hommes, des femmes et des enfants est pour ainsi dire relue à la lumière de l’incarnation, dans une perspective intense d’amour et de reconnaissance. Devant ces histoires cousues de fil blanc, il m’est arrivé d’éprouver de l’émotion, comme si le mode de vie américain devenait soudain le support symbolique d’une foi chrétienne plus universelle.

«Malgré ces reculs et ces replis, Noël reste la fête de l’amour»

J’écris ces lignes pour le jour de Noël, non sans que résonnent en moi, comme en des milliers d’Occidentaux de par le monde, de sérieuses interrogations au sujet de la signification de Noël et de la foi au cœur même de la réalité moderne. Ce n’est pas tant le folklore de Noël que sa pertinence même qui semble devenue problématique pour la plupart de nos contemporains. La place même de la religion ne paraît plus aller de soi dans notre univers informatisé et technicisé. L’influence du christianisme est en recul, aussi bien celle du catholicisme que, plus encore, celle du protestantisme réformé. Les splendeurs des liturgies de Noël, certes, sont encore largement partagées et répandues. En Afrique, en Amérique latine et en Asie, les Eglises évangéliques sont particulièrement vivantes et fréquentées. La crise religieuse semble toucher plus durement le monde occidental, la chrétienté européenne en tête.

Malgré ces reculs et ces replis, Noël reste, au cœur de l’humanité, la fête de l’amour, la célébration même discrète de la réconciliation humaine. Cet événement n’a pas besoin nécessairement des guirlandes multicolores et des sentiments débordants pour que surgissent la paix, le pardon, la lumière.

Partout sur notre petite planète, il y a encore des milliers d’hommes et de femmes de bonne volonté, des enfants au cœur doux, des témoins du Royaume qui vient. Gardons cette lueur brillant au plus profond de notre être.

Denis Müller

25 décembre 2019

Bing Crosby et Rosemary Clooney, dans «White Christmas» (1954) | © Classic Film/Flickr/CC BY-NC 2.0
25 décembre 2019 | 07:05
par Denis Müller
Noël (157)
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