Claude Ducarroz

La dernière résistante

Non! Je ne veux pas évoquer l’ultime militante perchée sur son arbre dans la défense tenace de la colline du Mormont. Nous lui souhaitons un agréable retour sur le plancher des vaches, tout en conservant intacte l’ardeur à s’engager -autrement- pour la sauvegarde de notre planète.

Ici, je veux parler… de la mort!

Notre pauvre et fragile humanité est assaillie par bien des maux. Contre leur virulence et même leur existence, les humains ont imaginé et actualisé des remèdes toujours plus sophistiqués et souvent efficaces. C’est l’honneur de notre corporation, que de ne pas renoncer devant les calamités qui nous blessent et parfois nous tuent, même si nous devons aussi reconnaître que nous sommes largement responsables de certaines d’entre elles.

Merci à celles et ceux qui pour soigner les malades pratiquent la médecine, pour éradiquer les injustices s’engagent en politique équitable, pour juguler la violence misent sur des compromis pacifistes, pour apaiser les relations interpersonnelles promeuvent d’innombrables dialogues et rencontres. On pourrait multiplier les exemples.

Certes, nous faisons l’expérience que ces combats «pour l’homme» sont probablement sans fin, ce qui ne doit pas nous décourager de devoir les mener avec une inlassable persévérance. Les religions nous rappellent en passant que les forces spirituelles et les énergies divines sont à l’œuvre avec nous afin de persister vaillamment dans toutes ces luttes pour le salut de notre monde. Il vaudrait mieux ne jamais l’oublier.

«S’il y a un salut complet, il sera seulement le fait ou le cadeau de celui qui vaincra la mort»

Un ennemi cependant fait de la résistance particulièrement obstinée: la mort. Tous nos progrès humains – imparfaits mais souvent admirables- viennent finalement s’écraser contre ce mur invincible: nous sommes tous mortels. Nous pouvons rêver d’améliorer encore beaucoup de choses en ce monde. Nous ne parviendrons jamais, par nos propres forces, à une heureuse immortalité, ici-bas ou ailleurs. Faut-il seulement s’en plaindre? Faut-il se résigner?

Je pense que non. Ou plutôt, s’il y a un salut complet, il sera seulement le fait ou le cadeau de celui qui vaincra la mort, notre mort, cette ultime résistante à la vie éternelle et bienheureuse que nous souhaitons pour nous, pour tous. Ah! si nous pouvions terrasser la mort et tout ce qui y conduit inexorablement! Mais nous savons bien que c’est tellement au-dessus de nos capacités, même les plus optimistes. Conclusion: celui ou celle qui prétend nous offrir moins que cette impossible victoire n’est pas encore le sauveur attendu ou espéré.

Le vrai, le bon, certains l’ont rencontré, heureusement pour nous tous. Au matin de Pâques, à leur grande surprise, après l’avoir vu mourir sur une croix, ils l’ont retrouvé vivant, d’une vie plus forte que sa mort. Bonne nouvelle: sa vie est aussi plus forte que notre mort à nous. Ne nous a-t-il pas promis, preuves à l’appui, que là où il est désormais, nous serons avec lui pour toujours? A savoir dans la gloire et le bonheur de Dieu lui-même.

Serait-ce trop beau pour être vrai? Et pourquoi serait-ce faux parce que c’est plus beau que tout ce que nous pouvons désirer et espérer? Et si c’était tout simplement la démonstration que notre Dieu est Amour, donc Vie, donc Joie partagées?

Pour nous les hommes, et pour notre salut.

Claude Ducarroz

7 avril 2021

Tous les progrès humains viennent s'écraser contre le mur invicible de la mort | © Maurice Page
7 avril 2021 | 10:42
par Claude Ducarroz
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