Le mois de mai est dédié à Marie (Max Pixel)
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Le mois de mai est dédié à Marie (Max Pixel)

Le mois des Marie


Souvenirs charmants! Enfants, durant le mois de mai consacré à Marie, nous tenions à orner plus abondamment les images et statues dédiées à la Sainte Vierge. Dans les jardins et même dans les champs, le printemps nous fournissait d’amples réserves de fleurs pour exprimer notre piété filiale à l’égard de la mère de Jésus…et la nôtre. Chaque soir, une célébration mariale, composée essentiellement de la récitation du chapelet et de chants plutôt romantiques, conférait à notre dévotion une atmosphère de rendez-vous à Nazareth. C’était l’un des événements marqueurs de notre ferveur catholique.

La proximité de la fête de Pâques avec le début du mois de mai me conduit cette année à élargir le cercle de famille. Dans la méditation de la passion de Jésus selon les trois premiers évangiles, il est fait mention de la présence de plusieurs femmes qui se tenaient “à distance” lors de la crucifixion. Mais le disciple bien-aimé – probablement Jean – précise que des femmes se tenaient “près de la croix de Jésus”, si près que Jésus a pu faire entendre ces paroles retenues par le seul apôtre présent: “Femme, voici ton fils…Voici ta mère.”

Car Marie n’était pas seule. A ce moment suprême, la compagnie de Jésus, c’étaient essentiellement des femmes, parmi lesquelles au moins trois Marie, explicitement mentionnées par l’évangéliste. La première est évidente, c’est la mère du Seigneur, qu’il a confiée lui-même au disciple au titre de sa nouvelle mère, “…et à partir de cette heure, le disciple la prit chez lui.” Il y avait aussi Marie, la femme de Clopas, peut-être la sœur de Marie de Nazareth, et surtout Marie de Magdala. Par ailleurs, dans la vie de Jésus, une quatrième Marie est clairement signalée, peu avant sa passion. Il s’agit de son amie de Béthanie, celle qui écoutait si attentivement les paroles du Maître, celle qui oignit ses pieds de parfum “en vue de son ensevelissement”.

“Le mois des Marie peut être une opportunité de repartir de la révélation biblique pour oser des avancées aussi prophétiques qu’urgentes”

Voilà donc une belle collection de Marie, toutes reliées de très près à Jésus par leur affection et par leur participation à son mystère de mort pour le salut du monde. Et même directement à sa résurrection. Pensons à celle qui parut certainement la moins digne puisque Jésus avait chassé de sa personne sept démons. C’est à celle-là –Marie de Magdala- que Jésus offrit la primeur de sa révélation comme ressuscité. Qui plus est, c’est elle qui fut chargée par le Seigneur d’annoncer aux apôtres la bonne nouvelle de la résurrection. Oui, celle qu’on appelle “l’apôtre des apôtres”.

Je rêve d’un nouveau mois des Marie qui permette de mettre en évidence toutes ces Marie, si unies au pied de la croix, si solidaires dans le geste de l’onction de Jésus mort, si associées dans la rencontre immédiate avec le Ressuscité. Et probablement si présentes au moment où l’Esprit Saint lança l’Eglise dans le monde pour y implanter les énergies de l’Evangile (Cf. Actes 1,14).

A l’heure où notre Eglise doit réfléchir à nouveaux frais sur la place et les ministères des femmes en son sein et dans le monde, le mois des Marie peut être une opportunité de repartir de la révélation biblique pour oser des avancées aussi prophétiques qu’urgentes. Rien moins que fidèles aux évangiles. Plusieurs Marie nous y encouragent.

Claude Ducarroz

1er mai 2019

Claude Ducarroz

Claude Ducarroz est né en 1939 dans une famille de paysans fribourgeois. Ordonné prêtre en 1965, il a accompli ses études théologiques à Fribourg, Rome, Munich et Paris. Son parcours de ministère l'a conduit dans plusieurs paroisses, mais aussi dans la formation des séminaristes, dans l'aumônerie de la jeunesse et à la direction de l'Ecole de la foi. Il est connu pour ses engagements œcuméniques (Groupe des Dombes), sa sensibilité aux problèmes de société et ses interventions dans les médias. Il a publié plusieurs livres mêlant la spiritualité à la pastorale, dont Pour que plus rien ne nous sépareEn toute sincérité, Ces espérances qui me font vivre, Fleurs de vie ainsi que des entretiens avec Jean-Marc Richard, Rencontres au cœur de l’humain (Editions de la Sarine). Retrouvez ses homélies, articles et livres sur sa page internet.

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