Marie Larivé

L'urgence de l'unité

À l’heure des vœux et des résolutions, je crois bien qu’il y a une chose qui me tient à cœur pour cette année et que je veux vous souhaiter et pour laquelle je veux œuvrer en particulier: l’unité.

C’est qu’avec cette grande agora que nous offre internet, où chacune de nos opinions peut être librement exprimée, chaque idée commentée, débattue, déformée, il m’apparaît de plus en plus que le péril qu’est la dissension peut sans relâche s’y abreuver, grâce à nous.

Quel intérêt à la dissection du moindre mot du pape pour en traquer ses défenseurs et ses adversaires? Du moindre mouvement de la garde suisse? À quelle échelle nos guerres de chapelles peuvent-elles bien avoir de l’importance? Comment devenir le levain d’un monde dans lequel nous n’oserions nous fondre de peur de perdre une identité tronquée? Ou d’étioler une foi vacillante?

Dans son exhortation de 1988 sur La vocation et la mission des laïcs dans l’Église et dans le monde, Jean-Paul II écrivait: «Dans [la vie des laïcs] il ne peut y avoir deux vies parallèles: d’un côté qu’on nomme «spirituelle» avec ses valeurs et ses exigences, et de l’autre, la vie «séculière». Le sarment greffé sur la vigne qui est le Christ donne ses fruits en tout secteur de l’activité et de l’existence». (§59)

À travers ce portrait saisissant de la vocation du laïc – qui parlera sûrement à nombre de clercs aussi d’ailleurs –, c’est donc d’abord à moi que je veux poser la question de l’unité. Persuadée que l’unité commence par moi. Quelle chrétienne serai-je pour le monde? Comment est-ce qu’aujourd’hui, dans mes actions les plus banales et les plus universelles, je vais incarner mon «spirituel» au sein de mon «séculier»? En quoi mon commentaire sera celui qui s’engage résolument vers l’unité?

En prenant conscience que nous sommes déjà chacun levain du monde, voilà que nous trouvons de quoi construire l’unité, cette unité qui commence chez moi comme la paix que je véhicule à travers chacun de mes gestes et chacune de mes paroles. Arme imparable contre la barbarie et le fanatisme qui déjà prennent leurs quartiers en ce début d’année, c’est cette unité qui nous force à abandonner les batailles idéologiques, à dialoguer avec confiance et à combattre pour le Royaume de notre prochain.

Délivrés de la tentation communautariste, voilà que nous pourrons embrasser librement et joyeusement le monde qui nous entoure pour témoigner du Christ.

Et puis, au pire, il reste toujours ce sage adage: «Si ce que tu as à dire n’est pas plus beau que le silence alors tais-toi.»

Marie Larivé

«C’est l'unité qui nous force à dialoguer avec confiance»
13 janvier 2015 | 17:28
par Marie Larivé
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