Bernard Litzler

Nice, du beau à l’horreur

Paradoxe des langues. Nice en anglais signifie beau, joli. Mais Nice, la ville méditerranéenne, devient le symbole de l’horreur. Elle a été frappée à nouveau par un attentat : trois personnes sont mortes sous les coups d’un jeune terroriste à peine arrivé en France. Après les 86 victimes du 14 juillet 2016, la ville a subi la folie meurtrière d’un fanatique, ce 29 octobre 2020 à la basilique Notre-Dame.

Rappel douloureux pour l’Eglise catholique, encore secouée par le meurtre du Père Jacques Hamel, près de Rouen, en ce même mois de juillet 2016. Tuer des croyants dans une église, un lieu où est proclamée la paix, ajoute à l’horreur. Rien ne justifie un tel acte. «Comment peut-on aimer Dieu et tuer ses frères ?», demande fort à propos l’archevêque de Rouen, Mgr Dominique Lebrun, en réaction à l’attentat niçois.

«Quelle mission pensent remplir les jeunes musulmans en exécutant ainsi des Français ordinaires?»

Symbole du lien social en France, l’Eglise catholique est ainsi agressée, quelques jours après l’assassinat d’un enseignant. Après l’école, ferment de l’unité républicaine, l’Eglise… Quelles peuvent être les motivations de jeunes musulmans fanatisés ? Quelle mission pensent-ils remplir en exécutant ainsi des Français ordinaires ? Quelles consignes ont-ils reçues ?

La France vit des heures sombres. Après les tueries de Charlie Hebdo, du Bataclan et de l’hypermarché casher, après les méfaits de Mohammed Merah, la série noire semble sans fin. A l’instar de la série d’attentats meurtriers de l’OAS, au début des années 1960, dont le slogan ravageur (»L’OAS frappe quand elle veut, où elle veut») semble ressurgir pour gâcher la vie quotidienne d’un pays.

A l’origine des récents meurtres, la republication de caricatures du Prophète… Le cercle vicieux du «J’ai le droit de m’exprimer en dessinant Mahomet» versus «Je vais vous trucider parce que le dessin agresse les musulmans» semble un puits sans fond. La laïcité française, née du combat contre l’Eglise catholique, ressurgit dans sa version agressive en fustigeant l’islam. L’arme de la caricature, revêtue de la «valeur» du droit à l’expression illimitée, blesse les croyants musulmans. De surcroît, des dirigeants musulmans attisent le conflit par de bagarreuses déclarations anti-françaises. Résultat: des retours sanglants dans l’Hexagone. Et dans la baie des Anges, à Nice, on passe du beau à l’horreur.

Bernard Litzler

30 octobre 2020

La nef de la basilique Notre-Dame de l'Assomption à Nice | notredame-nice.com
30 octobre 2020 | 13:03
par Bernard Litzler
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