Jérusalem, ville de paix selon son étymologie, redevient une cité de conflit. | © Flickr/Cycling Man<a href="https://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/2.0/legalcode" target="_blank">CC BY-NC-ND 2.0</a>
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Jérusalem, ville de paix selon son étymologie, redevient une cité de conflit. | © Flickr/Cycling ManCC BY-NC-ND 2.0

Ô Jérusalem


«Si je t’oublie Jérusalem, que ma main droite m’oublie, que ma langue s’attache à mon palais…», dit le psaume 137. Le président américain Trump, lui, n’a pas oublié Jérusalem, hélas. Il vient de décider d’y transférer l’ambassade des Etats-Unis d’Amérique, prélude à une reconnaissance de la Ville sainte comme capitale d’Israël.

Qu’est-ce qui a pu déclencher, dans la tête de Donald Trump, une décision qui risque d’entraîner le Proche-Orient dans de nouvelles violences? Nul ne le sait. Mais les observateurs font remarquer que la poussée évangélique, incarnée par le vice-président Mike Pence, peut expliquer ce choix. Et que la présence d’un gendre de confession juive a pu stimuler le geste présidentiel.

De fait, le provocant président a cru bon d’agir, tel un éléphant dans un magasin d’une porcelaine fragile. En cédant ainsi aux sirènes de l’interventionnisme, il croit faire avancer le processus de la création de deux Etats en Palestine. La tentation était grande, car depuis plus de vingt ans et les accords d’Oslo de 1993, rien n’a bougé. Rien à part le retrait des colonies juives de la bande de Gaza et l’expansion continue des mêmes colonies en Cisjordanie. Trump a donc cru bon de faire bouger les lignes. Mais il jette de l’alcool à brûler sur des braises fumantes.

Pourtant le sort de Jérusalem, ville sainte juive, chrétienne et musulmane, préoccupe aussi d’autres acteurs. Le pape François s’est aussitôt manifesté, appelant à faire preuve de «sagesse et de prudence» et demandant le maintien du statu quo. Les dirigeants de l’Union européenne ont également contesté la bravade américaine.

Jérusalem, ville de paix selon son étymologie, redevient une cité de conflit. Les Etats-Unis, maîtres du jeu, font dangereusement pencher la balance. Les Palestiniens voient s’éloigner un peu plus la perspective d’un Etat propre. Eux non plus n’oublient pas Jérusalem. Ils réclament simplement plus de justice.

Bernard Litzler | 8 décembre 2017

Bernard Litzler

Bernard Litzler, directeur de Cath-Info tient une chronique politico-religieuse baptisée: «Rue Brique». Elle devient de plus en plus «Rue Briques» !

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