Claude Ducarroz

Prenons des antidépresseurs!

Je préférerais vous parler d’autre chose, mais je dois me rendre à l’évidence: par les temps qui courent, je rencontre beaucoup de chrétiens déprimés. Est-ce l’ambiance Covid? Est-ce la situation actuelle de l’Eglise? Est-ce l’impact des derniers événements malheureux, voire scandaleux? Un peu de tout cela sans doute.

Dans le landernau catholique, je sens beaucoup de vague à l’âme, quelques découragements, et même parfois de la tristesse qui se mue en colère. Que dire alors de celles et ceux qui, déjà spontanément sceptiques ou critiques à l’égard de la religion, trouvent dans certaines affaires fortement médiatisées, de nouvelles raisons pour s’éloigner davantage des Eglises ou conforter leur incroyance? Décidément, il n’y a pas que le Corona qui provoque des infections contagieuses pouvant conduire au coma…spirituel.

Est-ce grave, docteur? Eh ! bien justement, il est urgent de prendre rendez-vous avec le docteur, un certain Jésus de Nazareth qui s’est présenté en médecin de l’être en nous disant qu’il est venu non pas pour les bien portants, mais pour les malades… que nous sommes tous (Cf. Marc 2,17). Dès lors, consultons-le sans modération pour retrouver une certaine santé de l’âme, en évitant, si possible, la chute dans l’agonie de la foi.

L’Evangile nous offre une belle pharmacopée d’antidépresseurs. Jésus fatigué savait aussi se reposer en prenant du recul dans la solitude priante de la montagne. Il ne craignit pas de recourir à l’aide d’une certaine femme «pécheresse» pour étancher sa soif au bord du puits. Il profita aussi de la nature pour louer le créateur de toute vie et de toute beauté. Dans la Parole inspirée par l’Esprit, il trouvait la lumière pour bien interpréter les bonheurs et les malheurs environnants. Ses amis les plus proches étaient fort imparfaits, mais il aimait les retrouver dans des partages chaleureux, mais aussi fort disputés.

«Finalement, chercher ardemment la communion avec le Père pour mieux accomplir sa volonté d’amour»

Quand il s’impatientait avec eux, il les envoyait en mission auprès des plus pauvres et des plus nécessiteux, car rien ne remplace la compassion envers le prochain en peine pour apaiser nos propres douleurs. Finalement, chercher ardemment la communion avec le Père pour mieux accomplir sa volonté d’amour, voilà le secret de la joie retrouvée et le courage de continuer à marcher sur la route de la vie, personnelle et en Eglise.

Je me permets donc de vous recommander quelques antidépresseurs tout évangéliques. Par exemple, prier en silence dans une chapelle au hasard d’une promenade, s’arrêter pour admirer un paysage en hommage au Créateur, faire mémoire de tout ce que l’Eglise vous a apporté de positif malgré les défauts de ceux qu’on appelle les «hommes d’Eglise», visiter un musée en ciblant les œuvres à thèmes religieux, écouter du chant grégorien, un choral de Bach ou une messe de Mozart, r-ouvrir l’Evangile ou plonger dans une épître de Paul, se présenter pour accomplir quelque service positif dans la communauté, tendre la main du coeur à une personne dans le besoin ou le chagrin.

Et puis tout le reste, autrement dit ce que l’Esprit vous inspirera comme remède contre la déprime ecclésiale, qui, sans être une potion-miracle, vous permettra de refaire confiance à Celui qui a fondé Son Eglise et continue de veiller sur elle, tandis que nous boîtons en avançant cahin-caha vers Son Royaume.

Claude Ducarroz

10 septembre 2020

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par Claude Ducarroz
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