Une centaine de religieux se sont rencontrés le 7 octobre à Kananga, Congo RDC (Photo: Guy Luisier)
Blog
Une centaine de religieux se sont rencontrés le 7 octobre à Kananga, Congo RDC (Photo: Guy Luisier)

RDC: Au Kasaï, des jeunes qui se donnent


Belle journée ce samedi 7 octobre en ville de Kananga, au Kasaï, RDC. Une centaine de jeunes religieux – sœurs et frères âgés d’autour de 20 ans! – chantent, prient, célèbrent, se rencontrent, apprennent à se connaître, mangent et rigolent ensemble sous les acacias…

C’était la journée d’ouverture des inter-noviciats et inter-postulats. C’est-à-dire: les différentes communautés religieuses de l’archidiocèse sont réunies sous la houlette de la Commission de la Vie Consacrée (CVC) pour offrir une formation commune aux postulants et aux novices.

Il faut voir chanter 100 religieux de 20 ans!

Une occasion d’avoir un standard minimum de formation entre les différentes congrégations tant masculines que féminines. Cela rationnalise aussi les cours que doivent assurer les maîtres et maîtresses de formation dans les communautés. Et aussi cela permet à ceux et celles qui seront les décideurs de l’Eglise de demain de se connaître dès aujourd’hui.

Si la formation propre (charisme, spiritualité et histoire de l’institut) est donnée par le ou la responsable, les cours généraux sont données en sessions par des formateurs dévoués: bible, gestion, liturgie, catéchèse… Personnellement je ferai un cours d’Histoire de l’Eglise aux novices.

J’y suis allé avec mes postulants même si notre éloignement de la ville ne nous permettra pas de participer à tous les cours et que nous mettons en place un «inter-postulat de la Colline» avec nos voisines bénédictines.
Les défis de formation sont nombreux:

– comment gérer le discernement lorsque le nombre est important: il faut voir chanter 100 religieux de 20 ans pour s’en rendre compte.
– comment respecter chacun lorsqu’il serait plus facile de les mener à la baguette (dans tous les sens de l’expression!)
– Comment responsabiliser des jeunes qu’on a tendance, dans les communautés, à appeler «les enfants» (eh oui!)?
– Comment former sur deux cultures et deux langues? La langue de la formation est le français mais ils seront à appeler à vivre avec un nombre important de chrétiens qui ne connaissent que le tshiluba!
-…

Parmi ces jeunes, il y a des rescapés de guerre. Outre les jeunes postulants de Saint-Maurice, il y a de jeunes formées qui ont quitté en catastrophe leurs maisons de formation attaquées par les rebelles ou pillées par les militaires, durant les combats et qui n’ont pas encore pu rentrer chez elles!

Mais pour le moment, c’est l’espérance et la joie qui dominent.

Guy Luisier | 09.10.2017

Une centaine de religieux se sont rencontrés le 7 octobre à Kananga, Congo RDC (Photo: Guy Luisier)
Une centaine de religieux se sont rencontrés le 7 octobre à Kananga, Congo RDC (Photo: Guy Luisier)
Une centaine de religieux se sont rencontrés le 7 octobre à Kananga, Congo RDC (Photo: Guy Luisier)
Une centaine de religieux se sont rencontrés le 7 octobre à Kananga, Congo RDC (Photo: Guy Luisier)

Guy Luisier

Je suis prêtre catholique de l’Abbaye de Saint-Maurice en Suisse. J’ai la chance de vivre un engagement humain et chrétien sur trois continents. Quelques mois par année, je travaille dans les paroisses qui entourent mon abbaye. Le reste du temps je vis dans la savane de la RD Congo. D’autre part, sur le continent numérique (FB et blogs) et de la communication (livres, articles), je suis intéressé à promouvoir une présence humaniste et chrétienne, ouverte et décontractée.

Voir aussi: Regard oblique

Auteur
Dernières publications
Entre la Suisse et le Congo, la ponctualité des trains varie (Photos: Guy Luisier / PIxabay)
Une jeune déplacée porte son enfant dans un camp de réfugiés de Bossangoa au Centrafrique (Photo: Flickr/UNHCR/CC BY-NC 2.0, 2013)