Homélie du 26 avril 2026 (Jn 10, 1-10)
Abbé Christophe Konopka – Eglise Saint-Joseph, Lausanne
Le Bon Pasteur. Nous en avons peut-être des représentations en tête. Soit des images pieuses qu’on distribuait autrefois par exemple aux enfants, souvent un peu mièvres. Soit de tableaux de valeur, représentations souvent bucoliques voire romantiques. Ce dimanche la Parole de Dieu nous conduit bien loin de cela. Saint Jean nous fait découvrir un Jésus vrai pasteur. Le portier lui ouvre, il entre par la porte. Il ne s’introduit pas par effraction comme le font les voleurs.
L’image du berger et son troupeau traverse toute la Bible, mais, venue d’une autre culture, elle nous semble probablement moins parlante aujourd’hui. À l’époque de Jésus, les bergeries faisaient partie du paysage. C’est là que, le soir venu, les bergers rassemblaient leurs troupeaux, sous la surveillance d’un gardien, à l’abri des dangers de la nuit ; c’est là que, le matin, chacun venait récupérer ses brebis pour les mener paître. Cette symbolique du troupeau et de son berger fait aussi partie du paysage spirituel de la Terre Sainte. Le Pasteur, les brebis connaissent sa voix, car il leur parle, il les appelle chacune par son nom.
Jésus entre en relation affectueuse et personnelle avec chacun de nous
Jésus est le Pasteur, nous sommes les brebis. Avec chacun d’entre nous, le Seigneur entre en relation affectueuse et personnelle. Pour Dieu, nous ne sommes jamais un numéro. Notre Pasteur nous appelle pour nous conduire dehors. Il ne s’agit pas de rester au chaud, bien entre nous. Être chrétien, c’est bien suivre le Christ, marcher à sa suite. Notre Pasteur ne nous laisse pas livrés à nous-mêmes, il marche à notre tête.
« Je suis la porte des brebis ». C’est une affirmation, un peu peut-être étrange. Jésus s’identifie à la porte. Une porte ouvre vers autre chose, elle marque un passage Jésus ressuscité nous ouvre le chemin vers la Vie éternelle, c’est cela le Salut, la vie qu’il est venu nous apporter. En se présentant comme la porte de la bergerie, Jésus se situe au service de ce Dieu Père, pour permettre à chaque brebis d’entendre l’appel à passer de la nuit au jour, de l’enclos à la liberté, du sommeil à la vie. Jésus est le Pasteur qui nous fait, avec lui, traverser la mort pour épanouir en nous les forces de la vie. Être incorporé au Christ par les sacrements de l’initiation chrétienne (baptême, eucharistie, confirmation), c’est passer avec lui au-delà des limites de la vie présente pour aller et venir librement dans les pâturages de la vie éternelle.
Mais à quel prix, il a fait cela ? Jésus a payé le prix fort pour que nous soyons sauvés, que nous ayons la vie et en abondance. « Dans son corps, il a porté nos péchés sur le bois de la croix ». Par cette croix, le Christ nous ouvre la porte du Royaume. Il est la porte du Royaume. De sa croix, le Christ nous appelle chacun par notre nom. Sa croix nous révèle combien il nous aime.
Prendre la route à la suite de Jésus
Qui prendra la route à la suite du berger ? Qui prendra Jésus pour maître et pour ami ? Qui décidera librement de suivre l’itinéraire de Jésus qui donne sa vie pour ses brebis ? Nous sommes appelés à témoigner de la foi. La mission est l’œuvre de Dieu et elle ne s’accomplit pas seule mais dans la communion ecclésiale avec ses frères et sœurs guidés par le pasteur.
Ce dimanche rappelle aux bergers, qu’ils soient évêques, prêtres, diacres ou ministres laïcs, quelles dispositions ils doivent avoir et quel chemin ils doivent prendre, eux qui sont appelés à être signes de la présence invisible, mais agissante, de cet unique et divin Berger qui est Jésus le Christ.
Chacun de nous est appelé par Jésus selon son charisme
En ce dimanche l’Église universelle nous invite à prier pour les vocations et nous donne notamment comme référence le Bon Pasteur, le vrai Berger, dans l’évangile que nous venons d’entendre. Dans notre conscience collective chrétienne, parler des vocations c’est tout de suite penser aux prêtres, aux religieux et religieuses, aux missionnaires. Mais chacun de nous est en effet appelé par le Seigneur, selon son charisme. La vocation chrétienne, c’est cette orientation profonde de sa vie que le croyant découvre comme un don de Dieu et un appel de l’Église. Cette vocation implique l’acceptation de la Parole du Seigneur et sa mise en pratique.
Notre vie est un pèlerinage et Dieu nous accompagne, puis, plus tard nous habiterons la maison du Seigneur. Si nous sommes dans la certitude que Dieu nous accompagne dans la vie, nous savons que nous serons avec lui après la mort et nous serons comblés.
Le temps pascal nous est donné pour retrouver ou approfondir cet élan qui fait de nous des vivants, en rejetant avec le Christ tout ce qui est fruit de mort, pour accueillir avec lui tout ce qui fait fructifier en nous la vie. Pour le disciple du Ressuscité, vivre, aimer et croire sont des mots synonymes et interchangeables.
Chers amis, quelle que soit la vocation à laquelle nous sommes appelés, quels que soient les épreuves inévitables, les obstacles, les oppositions, le Christ est notre Bon Berger. Joyeux d’avoir entendu la voix du Bon Pasteur, allons dans le monde entier apporter la Bonne Nouvelle. Amen.
Quatrième dimanche de Pâques
Lectures bibliques : Actes 2, 14a. 36-41 ; Psaume 22 ; 1 Pierre 2, 20-25 ; Jean 10, 1-10
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