L’homme ne peut être le jouet de ses propres expériences

Allemagne: L’Eglise catholique met en garde les médecins contre les fantasmes de faisabilité

Ravensburg, 5 juin 2008 (Apic) L’Eglise catholique d’Allemagne a mis en garde les médecins contre les fantasmes de faisabilité scientifique. Le président de la sous-commission de bioéthique de la conférence épiscopale allemande, Mgr Gebhardt Fürst, a déclaré le 4 juin à Ravensburg que celui qui cherche à toujours davantage perfectionner l’homme par la voie biomédicale et celle du génie génétique détruit par là même inévitablement la dignité humaine.

La société serait arrivée à une période où tout est reproductible, «l’homme lui-même n’échappant à ce fait». Subtilement, la question de la dignité se transforme en question de la valeur de l’être humain au sens de l’argent et du pouvoir.

A titre d’exemple, l’évêque de Rottenburg a cité aux médecins la possibilité pour des couples aux USA de passer commande selon leurs désirs auprès de banques de spermes. Ainsi, le sperme de donateurs blancs serait préféré à celui de donateurs noirs, et les nains préféreraient avoir des enfants nains. Avec une telle évolution il s’agit, selon l’évêque, d’un «eugénisme par en bas» où ce n’est pas un Etat, mais les consommateurs qui changent le patrimoine génétique selon leurs représentations». Une telle manière d’agir est, selon lui, diamétralement opposée à l’éthique chrétienne; qui considère l’être humain comme image de Dieu avec toutes ses possibilités et ses limites.

Mgr Fürst a ensuite souligné que l’homme risquait de devenir, par les développements actuels dans la science et la société, le «jouet de ses propres expériences.» Mais la dignité de l’homme réside justement dans le fait qu’il n’est pas disponible et qu’il échappe à l’évaluation par les autres. Par sa critique des fantasmes de faisabilité médicale et génétique, l’Eglise n’est donc pas ennemie de la recherche: elle est bien plutôt amie de la vie. (apic/kna/gs/js)

5 juin 2008 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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