Voyage du pape en Ukraine, deuxième partie

APIC dossier

Panorama de l’Eglise catholique en Ukraine

97% de chrétiens parmi les croyants

Kiev, 15 juin 2001 (APIC) L’Ukraine compte environ 50 millions d’habitants, dont seulement 36 à 37 millions d’Ukrainiens, une dizaine de millions de Russes et le reste en communautés diverses : polonais, tatars, … 97% des personnes qui déclarent être croyantes (environs 60 % de la population totale) sont chrétiennes, dont 50% orthodoxes et environ 20% catholiques et pour la majorité d’entre elles, grecques-catholiques.

Les grec-catholiques d’Ukraine sont nés de l’Union de Brest en 1596, lorsqu’une partie de la hiérarchie du patriarcat de Kiev s’est liée avec Rome. Cette Eglise byzantine qui a eu une histoire mouvementée a retrouvé au début du siècle ses attaches avec les traditions liturgiques de l’Orient, notamment grâce à l’action du métropolite Andrej Sheptytsky (1865-1944), grande figure de l’Eglise ukrainienne grecque catholique et qui a beaucoup oeuvré pour l’unité des Eglises en Orient. Son procès de béatification a été initié en 1958 et il devrait prochainement être béatifié.

Actuellement, l’archevêque majeur des grecs catholiques d’Ukraine est le cardinal Lubomyr Husar, créé cardinal par Jean-Paul II en février 2001 lors du dernier consistoire, en même temps que le cardinal Jaworski de rite latin, qui avait été créé in pectore par le pape en 1998. Né en 1933, le cardinal Husar a passé toute sa jeunesse aux Etats-Unis et a été ordonné à la prêtrise en 1958. Il a ensuite rejoint l’ordre des studites à Rome en 1972, considéré comme la congrégation la plus «orthodoxe» dans sa liturgie, sa conception de la vie ecclésiale et monastique. Il est retourné en Ukraine en 1992 où il est devenu l’auxiliaire du Cardinal Lubachivsky, puis son successeur.

Les grecs-catholiques d’Ukraine comptent 3’317 communautés, 79 monastères, 1’168 moines et moniales, 2’777 églises et 1’872 prêtres. Plus de 300 églises sont en cours de construction.

Les «latins» minoritaires parmi les catholiques

Les catholiques de rite latin représentent un peu moins du quart des catholiques ukrainiens et si les liturgies sont aujourd’hui célébrées dans la langue la plus usitée du lieu (polonais, ukrainien ou russe), la langue polonaise dominait auparavant. Le cardinal Marian Jaworski est archevêque de Lviv des latins et président de la conférence épiscopale ukrainienne. Né à Lviv en 1926, il est entré au séminaire de Lviv en 1945 avant de partir faire ses études en Pologne, près de Cracovie où il devient un ami ­ ils sont toujours très proches – de Karol Wojtyla, le futur pape Jean Paul II. Il enseignera ensuite dans les académies théologiques de Cracovie et de Varsovie.

Les catholiques de rite latin comptent 807 communautés, surtout situées dans l’Ouest de l’Ukraine. Il y a 50 monastères, 309 moines et moniales, 431 prêtres, 713 églises et 74 églises sont en cours de construction. (apic/imed/bb)

15 juin 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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Synode des évêques: Assemblée spéciale pour l’Océanie, du 22 novembre au 12 décembre

APIC – Dossier

Les Eglises d’Océanie en mission: entre la préhistoire et l’avenir

Rome, 12 novembre 1998 (APIC) Evénement pour les Eglises d’Océanie, appelées à se réunir lors de l’Assemblée spéciale pour l’Océanie, qui se tiendra à Rome du 22 novembre au 12 décembre 1998. Ce Synode des évêques, qui a pour thème «Jésus-Christ: suivre sa voie, proclamer sa vérité, vivre sa vie», est un appel pour les peuples de l’Océanie, et pour les Eglises de cette région de la planète, en mission entre la préhistoire et l’avenir. Notre dossier, préparé avec Fides.

L’aube du Troisième Millénaire illuminera en premier lieu l’Océanie. Le Méridien 180, aux antipodes de Greenwich, coupe en deux le Pacifique, marquant le point à partir duquel les hommes commencent le compte des jours. Mais une partie de l’immense continent de l’Océanie, au-delà du 180° degré, devra attendre le tour complet de la terre, et sera la dernière à fêter le début de l’An 2000.

La métaphore du premier et du dernier définit parfaitement ce continent : des villes modernes et sophistiquées à côté de cabanes et de modes de vie «primitifs»; les technologies les plus avancées sont insérées par force dans un monde dont il est peu de dire qu’il est pré-industriel. Le moderne et le préhistorique… en quelque sorte

Les petites Eglises d’Océanie sont souvent la seule voix contre une globalisation qui fait violence aux peuples et aux cultures, écrit Bernardo Cervellera en avant-propos de ce dossier. «Non seulement par les dénonciations antinucléaires, mais surtout en aidant les populations à mûrir dans l’éducation et dans l’intégration mondiale sans perdre leurs cultures. Le réseau capillaire d’écoles dans presque chaque paroisse de l’Océanie, les universités catholiques, les rencontres de catéchisme sont la base minimale d’un développement ’à mesure d’homme’ pour des groupes qui risquent d’être marginalisés par l’histoire. Nevile Bonner, le seul aborigène entré en 1993 au Parlement australien, affirmait il y a quelques années: ’On doit aux missionnaires surtout que le génocide complet du peuple aborigène n’ait pas été mené à son terme’».

L’Australie et la Nouvelle-Zélande, les deux pays les plus développés du continent, sont aussi les pays où le manque du sens de la vie est le plus fort: avortement, euthanasie, mais aussi drogue, alcoolisme, suicides, qui détruisent la vie des jeunes gens aisés, plus encore que chez les aborigènes ou les maoris.

L’»Instrumentum Laboris» du Synode pour l’Océanie propose un engagement de l’Eglise pour faire renaître une culture de la vie pour influencer les hommes politiques, le personnel médical, les législateurs, les journalistes. Très souvent, dit-on encore, l’Eglise de ces régions vit l’annonce comme «une voix dans le désert de l’apathie ou de l’indifférence».

L’Océanie en chiffres: superficie: 8.508.769 km²; population: 28.829.000 habitants; catholiques: 8.047.000; circonscriptions ecclésiastiques: 77; Paroisses: 2.390; stations missionnaires (sans prêtre résidant): 1.979: prêtres diocésains: 2.813; prêtres religieux:2.296; religieux non prêtres: 2.085: religieuses: 11.872; grands séminaristes: 861; catéchistes: 12.658.

Australie: la plus grande île du monde

Dans l’île la plus grande du monde, l’An 2000 sera célèbre surtout par les Jeux Olympiques. La ville de Sydney qui les recevra, et le pays tout entier, se préparent au rendez-vous avec l’optimisme traditionnel, un peu fanfaron de «Crocodile Dundee». Mais l’An 2000 est aussi préoccupant. Ces dix dernières années, l’image de l’Australie de l’égalité et du bien être s’est atténuée: chômage en augmentation (9%); privatisations de la santé et des écoles tertiaires; 13% de la population sous le seuil de la pauvreté; augmentation du nombre des suicides (200.000 tentatives par an, 2.000 morts, des jeunes surtout); tentatives d’introduire des lois sur l’euthanasie; conflits ethniques entre groupes européens, asiatiques, aborigènes.

L’Eglise d’Australie, qui compte 5,24 millions de catholiques (sur 18,29 millions d’habitants), est à la croisée des chemins de tous ces problèmes, même si les hommes politiques du pays, avec une forte tradition laïque et anti-catholique, considèrent la religion comme «un bibelot inutile». Dans une lettre en date du 2 juillet 1997, les évêques ont lancé la préparation en vue du Grand Jubilé de l’An 2000, en invitant les catholiques surtout à entrer dans la cause de la réconciliation entre les aborigènes et le reste du pays.

Les Maoris de la Nouvelle-Zélande

La première caractéristique de cette Eglise – 505.000 catholiques sur une population de 3,57 millions d’habitants – est d’être constituée en majorité de population migrante. Du siècle dernier à aujourd’hui, des Européens de l’Ouest et de l’Est, des Asiatiques, des Insulaires du Pacifique ont fait croître le pays et l’Eglise, qui a toujours accueilli toutes les ethnies et a servi de lien entre elles. Cela a créé aussi des difficultés avec la population locale, les Maoris, dont la culture a été refusée au début. Les Maoris, en géénéral, manifestent un double refus (nationaliste et culturel) envers la foi chrétienne: elle a été trop longtemps la religion des occidentaux colonisateurs, et elle est considérée comme étrangère à leur mentalité. Depuis le Concile Vatican II, il y a une tentative pour mettre en valeur des récits, les rites, les constructions pour le catéchisme et la liturgie.

Un autre problème touche l’Eglise: les Sectes, les sectes pentecôtistes surtout, dont la prédication est fortement anti-catholique.; toutefois, elles enregistrent elles aussi une baisse dans le nombre des adhésions.

De la Papouasie-Nouvelle-Guinée aux ìles Salomon

L’Eglise de Papouasie-Nouvelle-Guinée (4,4 millions d’habitants pour 1,54 million de catholiques) se caractérise par une très grande variété de dialectes, plus de 700, qui s’ajoutent au néo-mélanésien, appelé, dans le passé, «pidgin english», et à présent «wantok» (»une seule langue»). Les populations sont chrétiennes dans la presque totalité, même si des coutumes et des traditions ancesrales (l’inimitié entre les clans, la polygamie) rendent nécessaire une évangélisation plus profonde. Les efforts pour la promotion de la femme restent un domaine très important, car elle est considérée, par les cultures locales, un objet qui est la propriété de l’homme, soumise à des violences et à des humiliations.

Les défis sociaux sont eux aussi très forts. La situation politique et sociale de la Papouasie est fortement détériorée: les immenses richesses du sol et du sous-sol (mines d’or, de cuivre, l’exploitation des forêts, etc.) produisent de grandes richesses pour les multinationales; mais, pour la population locale, on ne crée pas même les infrastructures sociales, écoles, hôpitaux, routes, téléphones. Les prêtres, les missionnaires, les religieuses, en plus de leur travail pastoral, doivent travailler aussi dans les domaines de l’assistance sociale, de l’éducation, de la santé.

Quant à L’Eglise des Iles Salomon (339’000 habitants pour 75’000 catholiques), elle connaît deux grands défis: la dispersion et la pauvreté. Elle a fêté en 1997 le 100e anniversaire de l’érection de la Préfecture Apostolique des Iles Salomon Méridionales (27 juillet 1897 – 27 juillet 1998.

Les petites îles du Pacifique et la Mélanésie

Les petites îles du Pacifique comptent environ un million de catholiques (près de 50% de la population). Ils sont répartis sur une superficie restreinte de terres dans l’étendue immense des eaux de l’Océan Pacifique; ils sont distants parfois les uns des autres de 10.000 kilomètres. L’analphabétisme est élevé à Samoa et au Vanuatu (30%); il n’y a que deux médecins en moyenne pour dix mille habitants. Territoires d’outremer (français), ou Territoires sous protectorat (britannique, américain), ou pays très jeunes, indépendants depuis 1960, ces pays ont une structure sociale et politique fragile. Les Eglises exercent un rôle de suppléance au niveau scolaire et sanitaire. On compte en effet 200 écoles catholiques).

La Mission de ces Eglises est vivante: au manque de prêtres (4 prêtres pour 10.000 fidèles) supplée un nombre important de catéchistes (3.057 pour cette région de la CEPAC). De nombreux problèmes que doivent affronter les Eglises sont liés à la globalisation économique: la pauvreté des îles amène de nombreuses personnes à émigrer vers les grandes villes d’Australie et de Nouvelle-Zélande, en abandonnant ainsi leurs familles et leurs traditions. Ces traditions, à leur tour, sont mises à l’épreuve par la puissante influence qui leur vient des moyens de communication sociale ou du tourisme: ces éléments nouveaux font apparaître comme ridicules ou dépassées toutes les anciennes valeurs traditionnelles.

Entièrement située dans l’hémisphère sud, la Mélanésie est le monde insulaire des Mélanésiens, à la peau noire ou mate. Avant l’époque coloniale ils dominaient dans la grande île de la Nouvelle-Guinée (où vivent aussi, dans les montagnes de l’intérieur, des tribus papoues à la population très dense), dans l’archipel Bismarck, aux îles Salomon et Santa Cruz, à Vanuatu (Nouvelles-Hébrides), en Nouvelle-Calédonie (actuellement française) et aux îles Fidji.

Elle comprend les pays suivants: les Iles Fidji (80.000 catholiques pour 773.000 habitants), la Nouvelle-Calédonie (110.000 catholiques et 119.000 habitants) la Papouasie Nouvelle Guinée, les Iles Salomon, Vanuatu (26’000 catholiques pour 160’000 habitants). On recense plus de 1.000 langues mélanésiennes.

La Micronésie

La Micronésie, le monde des petites îles au Nord de la Mélanésie, sera aussi à Rome fin novembre. Cette partie du monde comprend: les Etats Fédérés de Micronésie (Carolines), la partie occidentale de Kiribati (les îles Gilbert avec l’atoll Tarawa), les îles Palau, l’île Nauru, les Iles Marshall et les Mariannes septentrionales (Etats associés aux Etats-Unis), avec plus au sud la base américaine de Guam. Elle compte au total plus de 1.000 îles avec une superficie de seulement 985 km², et est presque entièrement située dans l’hémisphère nord. La population est en très grande majorité polynésienne, mais a reçu des apports indonésiens, mélanésiens, philippins et japonais. L’extension territoriale de ses Etats varie considérablement: l’atoll de Nauru a 22 km², alors que Kiribati comprend 32 îles et atolls pour une étendue globale de 719 km² de terres émergées, qui s’étendent sur 2 millions de km² d’océan. L’ensemble des ces territoires est habité par 469’000 personnes, dont 291’000 catholiques.

La Polynésie, au centre de l’Océan

La Polynésie, c’est-à-dire le monde des îles nombreuses, au centre de l’Océan Pacifique, est habitée par des populations qui forment une sorte de communauté culturelle et linguistique, fruit de leur tradition maritime. La Polynésie, qui est un monde d’archipels (Iles de la Société – Iles Marquises etc.), s’étend au nord jusqu’aux Iles Hawaï, à l’est jusqu’à l’Ile de Pâque, et au sud-ouest jusqu’à la Nouvelle-Zélande. Si l’on exclut cette dernière, les milliers d’îles, d’atolls et de rochers qui la composent représentent tout juste la superficie de la Belgique. D’autres îles appartiennent également au monde polynésien: les Iles Cook, Nioué, les Samoa Américaines, les Samoa (Samoa Occidentales jusqu’en 1987), Tokelaou, Tonga, Tuvalu, Wallis et Futuna.

Les îles polynésiennes des Tuvalu (anciennement îles Ellice), les Samoa et les îles Tonga sont aujourd’hui indépendantes. Les autres îles sont des colonies de plusieurs pays, comme les Etats-Unis, la Nouvelle Zélande, la Grande-Bretagne la France et le Chili…

On compte un peu plus de 1,8 million d’habitant en Polynésie, pour un peu plus de 440’000 catholiques. Les plus petites de ces îles, Tokelaou, anciennement Ile de l’Union, ou Wake, n’ont qu’une superficie de 12 et de 7,8 km2. Des îles comme Niué ou Nigue, à l’est de Tonga, ou encore Tuvalu ne recensent que 200 et 100 catholiques, sur une population de 9’000 personnes dans chacune de ces îles. Quant aux îles Wallis et Futuna, territoire français d’outre-mer, (TOM), elles sont habitées, selon fides, par 14’000 personnes. Toutes catholiques. Hawaï, est pour sa part la plus peuplée de ces îles, 1,22 million d’habitants, pour 223.000 catholiques.

A ces statistiques pour cette région du monde, il convient d’ajouter l’île de Pâques, la «Isla de Pascua» (Chili), avec ses 162,5 km², pour 2.770 habitants en 1992. Elle porte ce nom parce qu’elle fut découverte le jour de Pâques 1722. L’île est surtout connue par les restes grandioses d’anciens monuments funéraires.

Océanie indonésienne

Anciennement Nouvelle-Guinée Occidentale, cette région du monde forme la partie occidentale de l’île de Nouvelle-Guinée. L’Indonésie étant devenue indépendante, la moitié hollandaise de la Nouvelle-Guinée passe le 1er octobre 1962 sous le contrôle direct de l’ONU Le 1er mai 1963, l’ONU confie l’administration à l’Indonésie, et devient, effectivement, province indonésienne à cette même date, sous le nom de Irian Jaya. Sa superficie est de 419.660 km², y compris les petites îles qui y sont rattachées (dont Waigeo). On compte 303.000 catholiques pour une population de 1,95 million de personnes. (apic/fides/pr)

13 novembre 1998 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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