Dans la foulée du néo-libéralisme, la secte Moon s’engouffre au Pérou et en Amérique latine
APIC – Enquête
L’empire Moon : parmi les plus importants conglomérats au monde
Les jeunes de Sun Myung Moon débarquent
Par Pierre Rottet, de l’Agence APIC
Le Pérou est la nouvelle cible de la secte Moon. Après l’Uruguay, le Brésil, l’Argentine, le Chili, le Venezuela et récemment le Nicaragua, pour ne citer que quelques pays en Amérique latine, la terre des Incas sert aujourd’hui de tremplin aux visées commerciales et pseudo-religieuses de ceux qui diffusent le credo de Sun Myung Moon. Puissante, organisée, la secte investit des centaines de millions de dollars. Surtout, elle ne regarde pas à la dépense pour s’assurer les > de politiciens influents. L’ensemble de ses biens place la secte parmi les 60 ou 70 plus importants conglomérats dans le monde.
Un constat s’impose aujourd’hui : > et ses chantres s’engouffrent à coups de centaines de millions de dollars dans ce continent, dans la foulée et dans l’esprit du néo-libéralisme. Portés et servis qu’ils sont par la corruption et par des hommes parmi les personnages clés des pouvoirs économiques, judiciaires et politiques.
A Lima, des personnalités comme l’ex-président de la Cour suprême, Moisés Pantoja, ou Ricardo Sanchez Serra, de cette même Cour, ainsi que des membres influents du Congrès comme Dennis Vargas Marin, Javier Alva Orlandini ou encore César Zumaeta – les noms d’une dizaine de congressistes au moins reviennent plus ou moins fréquemment -, sont devenus de véritables têtes de pont pour la multinationale Moon. Leurs photos pleine page ont d’ailleurs été récemment publiées dans l’un des principaux hebdomadaires de Lima.
Presque tous, en compagnie de plusieurs cadres et chefs d’entreprises importants comme Guillermo Arguedas Schiantarelli, ancien président de la Confédération des Chambres de commerce et de la Production du Pérou, s’étaient retrouvés en fin d’année dernière à Buenos Aires, à l’occasion du lancement du journal >, aux côtés de l’ex-président des Etats-Unis Georges Bush, de l’ex-dictateur péruvien Francisco Morales Bermudez, et de l’un des leaders des cubains en exil, Jorge Mas Canosa, anti-castriste notoire.
La pieuvre
D’autres personnalités comme les anciens présidents américains et péruviens Ronald Reagan et Fernando Belaunde Terry (ce dernier est toujours actif politiquement dans son pays) n’ont pas craint de s’afficher à plusieurs reprises en compagnie de Sun Myung Moon.
, une organisation en apparence indépendante de la secte, mais considérée comme l’une des branches politiques les plus efficaces et redoutables de >.
Dans une déclaration faite en juin 1996 à Montevideo pour présenter cette nouvelle unité en présence de Moon, Rafael Addiego, ancien-président de la Cour suprême de justice et ex-président provisoire de la République uruguayenne, admettait : >.
Dans son pays, Addiego peut compter sur une brochette de députés, de personnages clés dans les divers ministères et de colonels, comme Pugliese, Quintana et Zina Fernandez. Comme il peut désormais s’appuyer sur des députés, ministres, amiraux, ou hauts gradés des autres pays latino-américains, dont le Pérou aujourd’hui.
La force de frappe féminine de Moon
En décembre 1996, 120 > japonaises, dont aucune n’avait plus de 25 ans, débarquaient à Lima. Depuis, 300 autres les ont rejointes par groupes successifs, Japonaises également, portant à plus de 4’500 sans doute, le nombre de ces > moonistes du prosélytisme religieux actuellement en Amérique latine.
Selon l’hebdomadaire péruvien >, qui cite des sources uruguayennes, plus de 4’200 jeunes filles >, toutes japonaises, ont été appelées à Montevideo par le >, pour participer le 24 novembre dernier à une célébration sans précédent dite de la , au no 426 de la calle (rue) José Diaz, dans une vaste demeure de deux étages, face au stade national de football. C’est là aussi que se trouve le bureau de la >, une des multiples organisations annexes de Moon au Pérou et en Amérique latine.
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A l’exception des initiés, personne n’est autorisé à pénétrer dans la maison. Les curieux ne sont pas les bienvenus, contrairement aux dizaines de personnes, péruviennes pour la plupart, qui s’y présentent chaque jour, seules ou accompagnées d’enfants pour y recevoir une formation et ingurgiter le programme mooniste de >.
En janvier dernier, les 15 premières > se sont disséminées dans les principales villes péruviennes : Puno, Huancayo, Arequipa, Chiclayo, Tumbes, Trujillo… Elles ont été rejointes depuis, par vagues successives de > et jusque dans les villes amazoniennes de Pucallpa et Iquitos. > explique l’une d’elles, convaincue de sa >.
Dans un pays où la colonie japonaise représente moins de 1,2% de la population, à la tête duquel s’accroche le président Fujimori, d’origine nippone comme nombres d’hommes et de femmes qui l’entourent aux postes clés de l’Etat, ces présences passent peu ou prou inaperçues. Sans doute même ont-elles été facilitées administrativement, glisse un journaliste de la revue >.
Offensives tous azimuts
Un économiste péruvien désireux de garder l’anonymat – et pour sa propre sécurité -commentait en ces termes le remue-ménage des sud-coréens dans la capitale : >.
L’argent, cet appât…
Rien n’est trop cher pour s’assurer les appuis politiques dont la secte Moon a besoin, ni les hôtels luxueux ni les voyages organisés ici ou là, ainsi qu’aux Etats-Unis, où sénateurs, députés, hommes politiques et magistrats, cadres ou entrepreneurs latinos-américains y reçoivent cours de > et autres credos de la pensée économique moderne revue et corrigée selon les concepts moonistes…
Un dirigeant politique d’un parti traditionnel uruguayen confiait en fin d’année passée au quotidien > que la secte pratique des offres d’assistance économique à des dirigeants sociaux aux profils précis pour appuyer >.
Selon lui, >. Au cours des dernières années, on compte par dizaines ceux qui ont participé aux activités de la secte en vue de l’unification des religions et de la convergence d’hommes politiques d’origines diverses sur certaines idées-forces. Cela lors de sessions dans des hôtels cinq étoiles, où ils sont traités sinon comme des rois du moins comme des présidents. (apic/pierre rottet)
Fribourg : , pendant romand du Groupe d’initiative, sont nettement moins nombreuses. La raison en est probablement, suppose Gabriella Friedli, que la pression négative est moins forte dans l’environnement culturel romand : , raconte Gabriella Friedli. Elle cite le cas d’une femme en instance de divorce, qui avait sollicité de l’aide auprès d’un prêtre. Une relation amoureuse était née entre eux. Pour l’homme, il était alors tout à fait clair qu’ils vivraient ensemble. Il s’engagea à faire le nécessaire pour régulariser la situation. Comme ils désiraient un enfant, le prêtre accueillit avec enthousiasme l’annonce de la grossesse de son amie. Il annonça qu’il était déplacé à l’étranger et prit congé de sa paroisse. Lorsqu’il présenta son cas à son évêque, celui-ci parvint finalement à le convaincre que s’il montrait suffisamment de repentir, il pourrait retrouver une charge de prêtre. Quant à l’enfant, il n’y avait pas de problème, on s’en occuperait. > affirme Gabriella Friedli
APIC-Enquête
Pénibles débuts
Le Groupe d’initiative n’a pas eu des débuts faciles en Suisse. A plusieurs reprises, Katharina Thomas Kanka tenta de rassembler un nombre important de participantes aux réunions, auxquelles n’assistèrent cependant que quatre ou cinq femmes. Néanmoins, le réseau grandit et gagna en importance. Le groupe d’initiative n’a, aujourd’hui encore, pas de statuts, ce qui devrait changer rapidement.
Une participation de prêtres?
La direction de >quelque peu mieux structurée que le Groupe d’initiative suisse alémanique, a déployé jusqu’ici une activité parallèle. A cause du manque de connaissances de l’allemand, une véritable collaboration n’est cependant pas envisageable.
Pour l’heure, les discussions portent sur l’éventuelle participation des prêtres concernés aux réunions du Groupe d’initiative. Les avis sont partagés. Gabriella Friedli est plutôt sceptique:



