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apic/Fribourg/assemblée ecclésiastique

Fribourg: Les catholiques pourront (190295)

«sortir de l’Eglise» sur simple déclaration

Fribourg, 19février(APIC) Les catholiques du canton de Fribourg pourront

exercer leur droit de «sortie d’Eglise» sur simple déclaration signée.

L’assemblée ecclésiastique catholique provisoire a refusé samedi, lors de

la première lecture du futur Statut, d’opposer des conditions plus sévères

aux «sorties d’Eglise».

La jurisprudence fédérale veut que chacun puisse quitter une collectivité ecclésiastique en tout temps et sans tracasserie, a rappelé présidente

de la Commission I, Marie-Anne Heimo (Fribourg). Les catholiques ne doivent

pas se résigner et se soumettre sans aucune résistance en simplifiant par

trop la procédure de sortie, a plaidé de son côté Joseph Janser (Morat),

dont la proposition de renvoi à la commission a cependant été largement

battue. Battus aussi le vicaire épiscopal Thomas Perler qui demandait pour

les «sorties d’Eglise» le maintien de la forme authentifiée devant notaire

et Christine Heckel-Droux (Fribourg) qui proposait le pli recommandé.

La distinction entre le départ d’une collectivité ecclésiastique et le

départ de l’Eglise communauté des croyants, à laquelle tout catholique est

incorporé par le baptême, est ici fondamentale, a relevé Jacques Berset

(Cormérod). Conditionner de manière trop stricte le droit aux sacrements à

l’appartenance à la collectivité ecclésiastique et au paiement de l’impôt

paroissial risquerait de créer une inégalité de traitement, notamment avec

les catholiques des autres cantons du diocèse.

Le chanoine Jacques Banderet, vicaire épiscopal, a annoncé pour sa part

qu’il proposerait en deuxième lecture que les «sorties d’Eglise» passent

par le vicariat épiscopal. Afin de donner plus de «poids» à cette décision

et surtout de pouvoir suivre l’évolution globale de ces sorties.

Si quelqu’un est sorti de l’Eglise, il doit pouvoir y rentrer. JeanPierre Papaux (Lentigny) a proposé avec succés d’utiliser le terme positif

de «demande de réinsertion» plutôt que celui de «révocation de sortie.» A

ce chapitre des sorties, relevons cependant que l’Assemblée a négligé de

s’interroger sur les «sorties camouflées» que sont le fait de ne pas déclarer sa religion ou de se dire sans religion.

L’organisation et les tâches des paroisses

La suite du débat a porté sur l’organisation et les tâches de la

paroisse. L’article 10 mentionnant l’existence, en plus de l’Assemblée et

du Conseil de paroisse, du Conseil pastoral paroissial (naguère nommé

Conseil de communauté) a donné lieu à quelques contestations. Le futur

statut traitant exclusivement de l’organisation civile et administrative de

l’Eglise, cette mention, qui concerne le droit canonique et diocésain, ne

doit pas y figurer, estimaient quelques-uns. La majorité a finalement jugé

que cet organe était trop important pour qu’on puisse négliger sa mention

explicite.

Pour la définition des tâches de la paroisse, détaillées à l’article 12,

l’assemblée a suivi les propostions de la Commission. Les délégués ont refusé coup sur coup les amendements des abbés Jean-Jacques Martin (VillazSt-Pierre) et Guy Oberson (Fribourg) visant à donner un poids plus fort à

la pastorale par rapport à l’entretien des bâtiments, et à renforcer l’idée

de la péréquation financière entre les paroisses.

Les curés ont par contre obtenu le privilège de pouvoir se faire représenter lors des assemblées paroissiales. Chose sans doute appréciable lorsqu’on est responsable de cinq ou six paroisses. (apic/mp)

19 février 1995 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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