Rome: Mgr Saraiva Martins, préfet de la Congrégation pour les causes des saints
APIC- Interview
Pie IX et Jean XXIII: pas à comparer, encore moins à opposer
Caroline Boüan, pour l’agence APIC
Rome, 1er septembre 2000 (APIC) «Pie IX et Jean XXIII ne doivent pas être comparés, encore moins opposés. Ils ont tous les deux répondu de leur mieux, à la place qui était la leur, aux nécessités de l’Eglise à leur époque». C’est ce qu’affirme le préfet de la Congrégation pour les causes des saints, Mgr José Saraiva Martins, à la veille de la cérémonie de béatification des deux papes par Jean Paul II ce dimanche 3 septembre.
Béatifier ensemble les papes Pie IX et Jean XXIII, c’est prendre le risque que la béatification du premier ne parasite celle du second, estimait récemment René Rémond, de l’Académie Française, dans les colonnes du quotidien catholique français «La Croix». L’historien français s’est dit «choqué» par cette simultanéité. «Alors que certains craignaient une béatification de Pie XII, constate-t-il, c’est celle de Pie IX qui réapparaît, qu’on croyait enterrée… Je crains que, par sa dimension politique, elle ne vienne parasiter celle de Jean XXIII. Sans préjuger des intentions qui ont présidé à cette double béatification, on n’empêchera pas qu’elle soit interprétée comme «un coup à droite, un coup à gauche: le pape emblématique de l’intransigeance catholique du XIXe siècle vient contrebalancer celui de l’ouverture de Vatican II…»
APIC: Pourquoi a-t-on décidé de béatifier Pie IX et Jean XXIII en même temps ?
Mgr S. M.: On n’a pas cherché spécialement à les béatifier ensemble. Il s’agit plutôt d’une coïncidence de circonstances et de dates qui a conduit à une cérémonie commune pour tous les deux. On a en effet cherché quelles étaient les grandes figures que l’on pourrait béatifier en l’an 2000. Le procès de Jean XXIII était terminé, et celui de Pie IX également. C’est pourquoi on les a choisis, en même temps d’ailleurs que trois autres personnalités importantes: Dom Marmion, Mgr Tommaso Reggio, ancien archevêque de Gênes, et le Père Chaminade, français, fondateur des Marianistes.
Le fait que Jean XXIII soit proclamé bienheureux le même jour que Pie IX est toutefois l’occasion de rappeler la grande estime que le premier avait pour le second. Ils ont pourtant eu des attitudes et un langage très différents sur l’Eglise, au point qu’il est facile de les opposer.
Il serait dommage d’utiliser ces différences pour les opposer, en présentant Pie IX comme conservateur, et Jean XXIII comme ouvert au progrès et au changement, même si l’on peut avoir cette impression si l’on ne prend pas en compte le contexte des événements de l’histoire de l’Eglise pendant ces deux périodes.
APIC: Cela signifie que l’Eglise évolue sans se renier ?
Mgr S. M.: Il est vrai que l’Eglise, au cours des siècles, approfondit la foi et l’explicite. Elle ne la transmet pas comme un objet inerte, mais en la vivant, et c’est ainsi d’ailleurs qu’elle en arrive à définir les dogmes. Le dogme de l’Immaculée Conception par exemple, défini par Pie IX en 1854, est l’expression de quelque chose qui était déjà cru aux premiers siècles, mais qui était à l’état embryonnaire. L’Eglise en a pris conscience peu à peu. Lorsqu’elle proclame un dogme, elle n’invente rien, mais définit quelque chose de déjà vécu par le peuple de Dieu.
De la même façon, un siècle après Pie IX, Jean XXIII a eu le sentiment qu’il fallait recourir à une façon de présenter les choses «qui corresponde mieux à un enseignement de caractère surtout pastoral», comme il l’a dit dans le discours qu’il a prononcé pour l’ouverture du Concile Vatican II, le 11 octobre 1962.
APIC: Malgré les apparences, il y a continuité…
Mgr S. M.: Effectivement, ce n’était pas un rejet de ce qu’avait fait son prédécesseur. Il faut considérer en effet ce qu’il dit de la doctrine chrétienne dans ce même discours. «Il faut que cette doctrine certaine et immuable, qui doit être respectée fidèlement, soit approfondie et présentée de la façon qui répond aux exigences de notre époque».
Au cours de l’histoire de l’Eglise, ce ne sont pas ses positions fondamentales concernant la foi qui changent mais ses manières de l’exprimer selon le contexte. Car l’Eglise n’est pas une tour d’ivoire. La culture des hommes devient la sienne; c’est ce que l’on appelle l’inculturation. Elle tient en effet le langage d’une mère vis à vis de ses enfants, et doit donc adapter son message à la compréhension des hommes auxquels elle s’adresse.
APIC: En 1986, la cause de Pie IX était prête, mais sa béatification a été repoussée. Pourquoi a-t-elle finalement été décidée quatorze ans plus tard ?
Mgr S. M.: Il est vrai que la reconnaissance des «vertus héroïques» de Pie IX a eu lieu le 6 juillet 1985, et que le décret sur le miracle dû à son intercession aurait pu être promulgué dès l’année suivante, permettant alors sa béatification. Pourtant, Jean Paul II ne l’a finalement promulgué que le 20 décembre 1999.
A l’époque en effet, il y a près de quinze ans, on a jugé que le moment n’était pas opportun pour cette béatification, à cause d’un courant très fort qui y était opposé en Italie, du fait surtout que Pie IX a été le dernier pape des Etats pontificaux. Ce courant était animé notamment par Giovanni Spadolini, historien et homme politique qui a eu une grande influence, notamment en tant que président du Sénat.
Aujourd’hui, cette opposition s’est beaucoup atténuée, et on a pu de nouveau se pencher sur la cause de Pie IX en vue d’une béatification. Il a donc pu être choisi à l’occasion de l’Année sainte pour ses qualités personnelles, et non pas comme le symbole d’une époque et de positions politiques. Pie IX était en effet connu pour sa grande bonté.
C’était un homme sympathique, spontané, d’une grande sincérité. Il était aussi d’une grande piété personnelle, qu’il a traduite par des choix pastoraux: la promotion d’un clergé mieux préparé, le développement des ordres et congrégations religieuses, le désir de l’unité chrétienne et de l’ouverture à l’Orient. Enfin, il a donné de l’élan tant aux missions dans les pays lointains qu’au rôle des laïcs dans la société chrétienne, en posant les bases de l’Action catholique. Il avait profondément le souci de servir l’Eglise. Pie IX avait donc une réputation de sainteté pendant sa vie, en particulier pendant la dernière partie de son pontificat, quand le pouvoir temporel du Saint-Siège est définitivement tombé. Ses efforts au service de l’Eglise sont alors apparus clairement aux yeux de beaucoup.
APIC: On accuse pourtant Pie IX de discrimination envers les juifs!
Mgr S. M.: Sur ce point, on associe toujours Pie IX au «cas Mortara», qui a fait beaucoup de bruit effectivement. Il s’agit de l’enfant juif Edgardo Levi-Mortara, qui a été baptisé en cachette à l’article de la mort par la domestique catholique de la maison Mortara, Anna Morisi, à l’âge de 17 mois. L’enfant finalement a vécu, et six ans après, alors que la chose a été sue en 1858, il a été conduit à Rome, selon les lois de l’époque, pour y être éduqué dans la foi catholique sous la protection personnelle du pape. Il est ensuite devenu prêtre, et devait plus tard déposer en faveur de Pie IX à l’ouverture de son procès de béatification.
L’histoire apparaît comme un scandale pour les juifs, parce que l’enfant a été retiré de la garde de ses parents, et plus tard, une fois qu’il en a eu la possibilité, n’a pas voulu revenir dans sa famille. Il faut rappeler que pour nous chrétiens, donner le baptême «à l’article de la mort» veut dire assurer à la personne l’entrée dans la vie éternelle. A l’époque, c’était fortement ancré dans les esprits, au point qu’il était interdit aux juifs, dans les Etats pontificaux, d’employer une servante chrétienne, précisément pour éviter ce genre de situation peu souhaitable !
APIC: On ne peut donc accuser Pie IX d’avoir été hostile aux juifs ?
Mgr S. M.: On peut regretter des manières de faire qui ne sont plus celles d’aujourd’hui. Mais il est en revanche injuste d’en conclure que Pie IX était hostile au monde israélite en se basant sur un tel épisode. Cela ne correspond pas au personnage. Ainsi, un jour, Pie IX, passant par le fameux «ghetto» de Rome, vit un homme évanoui par terre, et les gens qui le regardaient sans le secourir. Quelqu’un s’écria même dans la foule: «Sainteté, c’est un juif !» Le pape répondit : «Et alors, peut-être qu’un juif n’est pas notre prochain ?» Il le fit alors étendre dans sa voiture, et le porta personnellement à l’hôpital pour qu’il y soit soigné, en laissant une offrande pour ses soins. (apic/imedia/cb/be)
Rencontre avec Mgr Gregorio Rosa Chavez, évêque auxiliaire de San Salvador
APIC – Interview
«Je suis préoccupé par l’après-guerre»
Sergio Ferrari/APIC
SanSalvador (APIC) Le difficile processus de dialogue entre le gouvernement salvadorien et la guérilla laisse entrevoir la fin d’un conflit sanglant qui a fait des dizaines de milliers de mort durant cette dernière décennie. Mgr Gregorio Rosa Chavez, évêque auxiliaire de San Salvador, se déclare cependant «préoccupé par l’après-guerre», notamment parce que les
Forces armées gouvernementales ne se préparent pas à cette nouvelle réalité
qui commence à se dessiner : la paix ! Dans une récente interview accordée
à un correspondant de l’agence APIC, Mgr Rosa Chavez espère un accord de
cessez-le-feu pour l’automne.
En effet, confirmant leur «volonté de paix», les insurgés du Front Farabundo Marti de Libération Nationale (FMLN) – la plus puissante guérilla
d’Amérique centrale – viennent d’annoncer la modification et l’adaptation
de leurs structures en vue d’une «lutte politique à fond». Les Forces armées salvadoriennes, quant à elles, ont beaucoup de difficultés à se faire
à l’idée que la guerre est peut-être bientôt finie.
S.Ferrari:Comment jugez-vous le processus de négociation entre le gouvernement salvadorien et la guérilla du FMLN ?
MgrRosaChavez:Il faut distinguer la manière dont ce processus de négociation est perçu au niveau du peuple et comment il l’est par les gens qui
ont plus d’informations. Au niveau du peuple, il passe par une crise de
crédibilité, en partie par la lassitude causée par 11 années de guerre, et
en partie par sa lenteur et par le peu d’informations sur ce qui se passe à
la table de négociation.
Un cessez-le-feu dès cet automne ?
S.Ferrari:Vous parlez de lassitude du peuple. Est-elle la même à l’égard
des deux pôles de la confrontation militaire ?
MgrRosaChavez:Ici entre en considération un élément que nous ne pouvons
passer sous silence, c’est l’appareil de propagande de chacune des parties
en conflit. Il s’agit de voir quel côté a réussi à convaincre les gens de
sa vérité. On peut avoir une idée plus objective, mais qui ne correspond
pas nécessairement toujours à celle de la majorité.
Ainsi, les récents sondages indiquent que ces derniers mois, l’image du
FMLN dans la population a subi une détérioration. Je ne dis pas que cette
conclusion est justifiée, ni qu’elle correspond à la vérité. Mais de fait,
les enquêtes paraissent l’indiquer.
Quant à mon propre jugement sur la négociation en cours, je pense que le
processus se développe de façon positive et que nous nous approchons du
premier dénouement, qui sera le cessez-le-feu. Certains parlent d’un maximum de quatre mois, et s’il n’y a pas de graves incidents en chemin, je
pense que c’est une prévision correcte. Comme la négociation entre dans une
phase critique, naturellement la confidentialité va être plus grande. Il
faut aussi voir que les thèmes à négocier sont difficiles : comment mettre
sur pied le cessez-le-feu; la démilitarisation; l’impunité…
Mais nous avançons et je crois que cette année nous aurons une grande
nouvelle à annoncer, celle que notre pays cesse de souffrir de la guerre.
Certes, il manque encore beaucoup pour arriver à la signature de la paix,
qui est l’autre grand moment que l’on attend.
S.Ferrari:Le FMLN met en avant le fait que l’on est arrivé à un «match
nul» du point de vue militaire, thèse rejetée par le gouvernement du président Cristiani et les Forces armées gouvernementales. Existe-t-il réellement un équilibre des forces au Salvador ?
MgrRosaChavez:Je crois que l’expression est assez crispante pour les
Forces armées. Je préférerais poser le problèmes en termes différents. La
question est de savoir s’il y a une solution politique ou une solution militaire. Il me semble qu’il existe la conviction générale dans le pays – et
c’est un élément très positif – que la solution doit être politique. Je
crois que c’est l’un des grands succès que l’on a déjà obtenus dans le processus en cours. Le monde n’est plus tellement pour les solutions militaires. Aucun mouvement ne prospérera s’il tente d’imposer une solution militaire.
Des dilemmes au sein de chacune des forces militaires
Il y a deux armées en conflit. Nous ne pouvons pas dire que tout est tranquille au sein de l’une et que l’autre est toute en crise. Il y a dans les
deux camps un processus traumatisant parce qu’il s’agit de passer à des
réalités tout à fait nouvelles. La guérilla va passer à une lutte politique, sans armes. Elle est déjà d’une certaine manière traumatisée au plan
idéologique par la nouvelle donne en Europe de l’Est. La guérilla est cependant plus attentive à réaliser son travail interne et je sais qu’elle le
fait.
Au niveau des Forces armées gouvernementales, par contre, les choses
sont plus compliquées. Elles sont marquées par des thèmes générateurs de
tensions, comme l’assassinat des six jésuites de l’UCA, l’épuration dans
ses rangs, la démilitarisation. Il y a là des tensions et des tendances divergentes, et même une crise.
Le plus important, que j’aimerais signaler, est que je sens que les militaires ne se préparent pas à franchir ce pas. Il y a peu de débats internes au sein de l’armée sur la nouvelle réalité qui se dessine. Je ne pense
pas que cela soit bon. Le processus sera plus solide si les Forces armées
se préparent également aux nouvelles échéances. Et il reste beaucoup de
questions pour savoir s’ils accepteront réellement de dissoudre les «corps
de sécurité», de réduire l’armée à un tiers ou à un quart de ses effectifs
actuels, de créer une police civile…
Mais les concessions sont la condition nécessaire pour que le processus
aboutisse et permette la réconciliation et la concertation. Et l’un des
éléments-clés du travail de réconciliation et de la nouvelle expérience par
laquelle transitera la société salvadorienne, est notamment ce que l’on va
accepter comme causes de la guerre et ce qu’il va falloir éradiquer pour
qu’une expérience violente telle que nous l’avons vécue ne se répète pas.
S.Ferrari:Un aspect du dénouement de la négociation qui dépasse les Salvadoriens est la présence des Etats-Unis et le soutien qu’ils ont apporté à
la solution militaire durant toutes ces années.
MgrRosaChavez:Ces dernières années, pour ce que nous en avons vu, la
politique des Etats-Unis est assez imprévisible. Et ce n’est pas une bonne
chose. Il semble que parfois les Américains vivent selon la conjoncture et
que le Salvador est au pilori en fonction de ce qui se passe chez eux. La
lecture de leur attitude est assez difficile, parce que la dernière décennie a montré que la politique des Etats-Unis face au Salvador n’est pas
toujours cohérente. Je pense toutefois que la possibilité d’une intervention militaire américaine au Salvador a maintenant disparu. (apic/sf/be)
Le cardinal Hamer à Sion (101089)
APIC-INTERVIEW
«La vie religieuse se porte bien !»
Sion, 10octobre(APIC) De passage à Sion, où il participait à l’assemblée
générale des supérieures majeures de Suisse romande, le cardinal Jean-Jérôme Hamer, Préfet de la Congrégation pour les Instituts de vie consacrée et
les Sociétés de vie apostolique a évoqué pour l’agence APIC la situation
actuelle des vocations dans l’Eglise catholique.
APIC – A l’heure où l’on parle de «crise des vocations» vous êtes optimiste, puisque vous venez de déclarer aux supérieures majeures de Suisse
romande : «La vie religieuse se porte bien». Comment se présente la situation ?
Cardinal Hamer – Lorsque l’on aborde ce sujet il faut être conscient d’une
chose : il existe une géographie des vocations. Celles-ci, peu nombreuses
dans le monde occidental – Europe, Amérique du Nord, Canada -, connaissent
une progression plus marquée dans l’hémisphère Sud; l’Asie – surtout l’Indonésie, l’Inde, la Corée et les Philippines -, l’Afrique et l’Amérique latine voient le nombre de leurs religieux croître plus fortement.
L’Afrique surtout voit naître des congrégations apostoliques de femmes
qui secondent les évêques. Suscitées par les besoins locaux, elles travaillent dans l’enseignement, la pastorale,… Au Guatemala jamais le séminaire
n’a été rempli comme aujourd’hui.
L’Europe est moins favorisée. Il existe malgré tout des Instituts qui
ont beaucoup de vocations : les Frères de Saint-Jean, qui sont passés en
dix ans de 100 à 200, et les Soeurs de Bethléem, qui, plus anciennes, sont
aujourd’hui 331.
Si l’on considère les statistiques des vocations à l’échelle du monde
données par le Bureau des Statistiques de Rome, le nombre de novices augmente, mais il est encore insuffisant pour assurer la relève. Cependant il
y a là un avenir pour la vie religieuse. Mais si l’on regarde le nombre total des religieux, la courbe est descendante, les générations les plus nombreuses étant les plus âgées.
APIC – Quel regard portez-vous sur le développement de la vie religieuse
dans le tiers-monde ?
Cardinal Hamer – L’Eglise pourra compter sur les prêtres, les religieux et
les religieuses du tiers-monde. Elle compte d’ailleurs déjà sur eux : actuellement un certain nombre de missionnaires viennent de l’hémisphère Sud.
Je conseille très souvent aux supérieures générales d’envoyer des vocations du tiers-monde dans le tiers-monde même. Si on les envoie en Europe,
quelquefois c’est mal compris. Il serait très dangereux de développer les
vocations nationales dans le sens d’un nationalisme religieux. Il faut
donner à toutes les vocations un sens universel et missionnaire. Certaines
congrégations très bien organisées l’ont saisi, qui envoient des vocations
d’Argentine en Afrique, du Burundi au Tchad.
APIC – Quel rôle la vie religieuse a-t-elle à jouer aujourd’hui face aux
défis du monde moderne ?
Cardinal Hamer – Une simple ouverture au monde n’aurait pas de sens. Tout
en retournant à l’intuition du fondateur, les religieux doivent répondre
aux appels du monde par la communication de l’Evangile. Cela se réalise de
différentes façons : par la prédication, la catéchèse, l’enseignement, les
oeuvres de bienfaisance.
APIC – Qu’attend l’Eglise des religieux et des religieuses ?
Cardinal Hamer – L’Eglise attend d’eux qu’ils soient des religieux et des
religieuses. Les Instituts religieux sont des écoles de sainteté, des écoles d’amour de Dieu soutenues par les voeux et la vie commune. La diversité
des Instituts traduit la diversité du service de Dieu : vie contemplative,
enseignement, aide aux lépreux, aux drogués.
APIC – Qu’est-ce qui attire aujourd’hui dans les congrégations ?
Cardinal Hamer – Dans le tiers-monde les vocations répondent à toutes les
formes de la vie religieuse. En Occident, c’est la dimension contemplative
de la vie consacrée qui attire : les Frères de Saint-Jean et les Soeurs de
Bethléem par exemple ont beaucoup de vocations l’heure actuelle. Sans doute
parce que les Instituts contemplatifs ont une identité beaucoup plus claire
que les Instituts apostoliques. Les Ordres médiévaux attirent eux aussi
beaucoup de jeunes.
Propos recueillis par Geneviève Cornet, APIC




