Substituer à l’Economie néolibérale l’Economie de communion: et si c’était possible?

Apic reportage

L’idée un peu «folle» de 800 entrepreneurs dans le monde

Pierre Rottet, Agence Apic

Florence, novembre 2006 (Apic) Il y avait foule, en cette fin octobre, pour inaugurer, à Incisa, près de Florence, dans la campagne toscane, le nouveau Pôle industriel dans lequel viennent d’investir une vingtaine de patrons d’entreprise italiens. Pour faire avancer en Italie et ailleurs dans le monde une idée chère à la fondatrice des Focolari, Chiara Lubich: substituer à l’économie néolibérale l’Economie de communion (EdC).

Une idée «farfelue» qui consiste à croire que la culture du don est possible. Pas simple, dans une société qui privilégie la culture de l’avoir, de la restructuration et donc les licenciements, pour la plus grande joie des actionnaires, âpres aux gains, aux dividendes. Mais tellement moins sensibles à l’outil de production: l’homme.

Si quelqu’un s’était attendu à une rencontre de style industriel, petits fours, flons flons et champagne, nul doute qu’il serait resté sur sa faim. Surpris aussi par les discours, par la conception de l’économie proposée: revaloriser la place de l’homme dans le travail. L’événement n’a du reste pas échappé au gouvernement italien. Puisque son chef, Romano Prodi, est venu en personne apporter son soutien aux concepteurs de ce Pôle, à l’EdC. Qui n’a certes pour l’heure pas de quoi révolutionner le monde. Du moins pas encore.

L’Economie de communion? Aristote n’aurait pas renié cette philosophie, lui qui déjà prétendait qu’il n’est pas possible d’être heureux seul. Lors d’une visite à Sao Paulo, au Brésil, en 1991, Chiara Lubich est frappée par la misère, la détresse sociale. Son inspiration: créer des entreprises qui produisent des bénéfices. Pour les partager en trois parts égales: l’entreprise, pour en assurer la pérennité en réinvestissant pour son développement, dans le respect de l’environnement; le social, la formation et la protection de l’emploi; la solidarité avec les plus démunis. Bref, vivre et appliquer le message de l’Evangile.

Vaste programme. Qui semble pourtant séduire des entrepreneurs du monde entier, de petites et moyennes entreprises surtout, des artisans aussi. En d’autres termes, d’un monde économique oeuvrant dans pratiquement l’ensemble des domaines de production, de l’artisanat aux technologies de pointes les plus affûtées. En passant par les banques et les assurances. Eh oui. En 1993, l’EdC comptait déjà 230 entreprises. Elle en compte actuellement près de 800, implantées en Italie principalement, au Brésil, en Argentine, aux Philippines, moins d’une vingtaine en France, et quelques petites en Suisse à l’état embryonnaire. Les plus grandes maisons appartenant à l’EdC emploient plus de 1’200 personnes, les plus petites une dizaine. La moyenne se situant entre 50 et 200.

Un choix de vie

Giacomo Linaro, un des directeurs de la Société Roberto Tassano, établie près de Gênes, l’admet: sans son engagement moral et éthique en faveur de l’EdC, il verrait son salaire grossir 15 à 20 fois. «Il s’agit d’un choix de vie. J’ai placé Jésus au centre». Avec un salaire de 1’800 euros, ce patron d’entreprise gagne à peine entre 100 et 200 euros de plus que certains ouvriers. Et tellement moins que des techniciens de son entreprise. Avec un chiffre d’affaires annuel de 50 millions d’euros et quelque 1’200 salariés, sa société produit gilets de sauvetage pour bateaux, combinaisons de plongée et machines à café.

Un constat: jamais le mot licenciement n’a été prononcé au sein de la Société Roberto Tassano. Un langage surprenant. «L’EdC a ceci de commun avec l’économie néolibérale, que toutes les deux cherchent le profit. Sauf que l’une se fait sur le dos de l’homme, l’autre pour et avec l’homme», commente le professeur d’économie Luigi Bruni, professeur à l’Université de Milan. L’idée de Chiara Lubich fait à ce point son chemin que plusieurs grandes universités d’Italie ont intégré une chaire «EdC» dans leurs Facultés.

Giovanni Bertagna et son épouse, 65 et 63 ans, auraient pu être catalogués de riches. Issus de la grande famille de la filature Bertagna, à Brescia, dans le nord de l’Italie, ils ont pourtant choisi l’EdC comme modèle de vie. Par foi et conviction: «Les frères de mon mari licenciaient à tours de bras, restructuraient. Cela au nom du bénéfice, du profit», assure son épouse. Ecoeuré par des pratiques de marché qu’il ne partageait plus, Giovanni crée sa propre fabrique. «A 50 ans, nous sommes repartis à zéro». Aujourd’hui, 14 ans après, l’entreprise de filature dissidente emploie 60 personnes, et exporte partout dans le monde.

Au diable le superflu et le matériel: «Nous avons pour vivre 1’500 euros par mois, et sommes logés à la même enseigne que les ouvriers au niveau salarial. Les bénéfices, nous ne les prenons pas pour nous, pour acheter par exemple une voiture de luxe ou une maison à la mer. Ils sont ainsi redistribués». Les gens au départ les ont pris pour des «illuminés». «Plus maintenant, rétorque-t-on. Et les premiers à s’en réjouir sont nos ouvriers, qui ont trouvé stabilité et sérénité dans leur emploi».

Plus surprenante est la présence dans ce Pôle et comme acteur actif de l’EdC d’une agence des Sociétés d’assurance «Allianz» et «Subalpina». Deux grosses boîtes qui, à l’instar de leurs consoeurs, ne sont pas réputées pour faire dans l’altruisme. Et pourtant. «Lorsque nous avons dit à nos directions que nous partagerions nos bénéfices sur le modèle de l’EdC, la seule réponse de Munich, siège de «Allianz», a été: ’Vous êtes complètement fous’». «En fait, nous ne fonctionnons pas différemment d’une entreprise néolibérale, puisque nous aussi recherchons le profit, les bénéfices ou encore la croissance. Sauf que ces éléments sont mis au service de l’homme. Et non contre, confie, un brin amusé, Mauro, 46 ans, à la tête de cette agence régionale, qui emploie une douzaine de collaborateurs.

Tous à la même enseigne

Les témoignages de petits et moyens entrepreneurs adeptes de l’EdC sont nombreux. Les exemples foisonnent: du patron de l’une des plus anciennes savonneries de Provence, en France, de sociétés spécialisées dans les machines de construction, le luminaire, l’informatique, l’électronique, l’installation de raffineries de pétrole, les systèmes de téléphone et de câble, la fabrication de pièces pour autos et motos, l’agro-alimentaire. Avec à la clé des dizaines de milliers d’emplois dans le monde. Y compris la soixantaine, en Italie, que dirige le Suisse Clemens Fritschi, patron de la «Ridix», une société basée à Turin. La Ridix représente pour la Péninsule des entreprises suisses comme Dama, Gerber, Schaublin, Blaser, ou encore allemandes et françaises. Son chiffre d’affaires est de 20 millions d’euros. «Notre philosophie nous a permis de passer de 7 à 60 emplois en 15 ans».

De celui du magasinier à ceux des cadres en passant par le sien, les salaires sont comparables. Même si «la plus grande partie de mes employés ne partagent pas mes convictions, ils sentent un climat de confiance, favorable, qui apporte de bons résultats». L’économiste italien Stefano Zamagni, professeur à Milan, abonde du reste en ce sens: «Ces entrepreneurs liés à l’EdC ont eu cette intuition, en dehors de leur foi, de comprendre que la méthode la plus efficace consistait en effet à valoriser la personne».

Utopie? Histoires de «fous». Le président du gouvernement de la région de Florence, le communiste Claudio Martini, y croit, lui, à cette idée «vieille de 15 ans seulement». A ses yeux, l’EdC est bel et bien «l’économie de l’espérance». Anecdote ou révélateur d’un état d’esprit? Voyant un jour une fabrique concurrente en difficulté un directeur d’entreprise lié à l’EdC a proposé son aide. Histoire de lui éviter la faillite. Et donc le licenciement de nombreux employés. Une histoire de «fous», vraiment. PR

Encadré:

«L’économie de l’espérance»

Lors du G8 tenu à Gêne en 2001, le directeur de la banque centrale de Hollande, Léo Andringa, constatait que sur les mouvements d’argent circulant entre les pays, quelque 2’000 milliards par jour, seuls 5% servaient au commerce des biens et des services. «Le marché, au lieu de favoriser le développement, est devenu un système qui empêche les pays de se développer de manière stable», assurait-il. Armando Tortelli en sait quelque chose. Lui qui vient du Brésil, où il est à la tête d’une firme de distribution de médicaments, la «Prodiet», basée à Curitiba, Brasilia et Sao Paolo. Il y a de quoi faire au Brésil: le marché de la médecine génère des milliards par année. Créée en 1989, avec au départ cinq ouvriers, la «Prodiet» peut sembler n’être qu’une puce dans ce marché, avec ses 180 emplois actuels. Pourtant, entre 2000 et 2006, son chiffre d’affaires est passé de 7 à 36 millions de dollars.

Comme de nombreuses autres entreprises, sa société a connu des crises. Mais jamais, assure Armando Tortelli, nous n’avons pensé licencier. «J’ai un engagement très fort envers Dieu. et les employés, leurs familles, qui ont misé sur nous». Selon A. Tortelli, le salaire minimum au Brésil est de 350 reales (140 euros), alors que le minimum que gagne un ouvrier chez lui est de 550 reales, sans parler des avantages, en faveur de l’éducation, de la santé, de la retraite. «L’an dernier, confie-t-il, j’ai reversé à chacun des employés l’équivalent de 300 euros, pris sur une partie des bénéfices de l’exercice. Mon comptable a tout fait pour m’en dissuader. J’ai tenu bon. Deux jours après, nous apprenions que nous venions de gagner un appel d’offres pour un gros marché d’une grande ville». La Providence.

Et de confier: «Au Brésil, à la fin de l’année, les entrepreneurs ont légalement le droit de retirer une partie des bénéfices de l’entreprise pour eux. Ce qui explique que des personnes deviennent très riches alors que l’entreprise périclite, s’appauvrit parfois, au point de devoir fermer. La richesse est ainsi concentrée dans la personne physique de l’entrepreneur. Au détriment du développement de l’entreprise». Depuis quinze ans, au nom de cette loi, Armando Tortelli aurait eu lui aussi le droit de le faire. Il ne l’a jamais voulu. Au point que s’il décidait de les retirer, ses dividendes se monteraient à 5 millions de dollars. «C’est pour cela que ma société a grandi». PR

Encadré:

Banque de l’espoir avant l’heure

Teresa Ganzon, directrice de la banque rurale Kabayan, à une centaine de kilomètres de Manille, aux Philippines, n’a pas attendu le futur Prix Nobel de la Paix 2006, Muhammad Younus, fondateur au Bangladesh de la «banque de l’espoir». Sa famille a fondé il y a 45 ans une banque rurale consacrée au micro-crédit en faveur des petits paysans, de micro- entreprises rurales. Sous le label EdC, son établissement, dont le chiffre d’affaire actuel est de 1,4 milliard de pesos (28 millions de dollars), a rapidement pris de l’essor, au point de servir plus de 8’000 clients aujourd’hui. Révélateur: alors que la crise en Asie amenait de nombreuses banques aux portes de la faillite, la sienne va résister. Mieux: se développer, passant de vingt à 200 emplois, avec l’ouverture de nombreuses filiales dans le pays. «Au regard des banques traditionnelles, nos clients ne sont pas crédibles. En d’autres termes, ils n’auraient eu aucun accès aux prêts bancaires». PR

Encadré:

La différence

Umberto Giannettoni est directeur d’un centre industriel de l’électronique et du bois, de meubles pour chambres d’enfants et de jouets. Ses produits s’exportent en Italie et dans de nombreux autres pays. Chiffre d’affaires: près de 20 millions d’euros. Les salaires avoisinent les 2’000 euros. Le tout assorti de plages horaires aménagées pour les besoins de l’entreprise, des collaborateurs et de leurs familles. Les cadres et les directeurs? «Ils sont traités comme les autres, au même niveau salarial, sur la base des mêmes critères. La différence des salaires s’expliquant par les besoins et les nécessités des familles, avec plus ou moins d’enfants». Toute comparaison avec la manière de valoriser la personne dans les salaires des grands patrons de l’UBS (23,9 millions de francs annuellement), du groupe Novartis (21,26 millions de frs.), de Nestlé (13,76 millions de frs) ou avec les dirigeants des plus grandes sociétés suisses côtés en Bourse – 700 personnes qui se sont partagé 1,5 milliard de francs en 2005 – ne pourrait être que mesquine. Et donc peu charitable. Vous avez dit fracture salariale avec les ouvriers? A ce constat, la sociologue brésilienne Vera Araujo sourit pour en faire un autre: «Notre héritage, aujourd’hui, a laissé de nombreux modèles, dont celui qui domine actuellement: L’homme économique, qui se présente aussi comme un consommateur qui tend à la possession des choses. Mais aussi à l’instrumentalisation des personnes». PR

Encadré:

Le Pôle en chiffres

Le nouveau Pôle industriel du mouvement Focolari, unique en Europe, a coûté 7 millions d’euros et a réuni près de 5’700 actionnaires. Il abrite plus d’une vingtaine d’entreprises et a généré plus de 100 nouveaux emplois pour la région. PR

Des photos sont disponibles à l’Agence Apic ou à l’Agence Ciric, à Fribourg.

(apic/pr)

13 novembre 2006 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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APIC – Reportage

Colombie: Quand la «paramilitarisation» semble devenir une solution d’Etat au service

Les sacrifiés du Département du Choco:

déportés par milliers sur leur propre terre

Par Pierre Rottet, de l’Agence APIC

Bogota, 22 avril 1998 (APIC) Entre les convulsions politiques et la guerre que se livre l’armée et la guérilla, entre les narcos-trafiquants et les «pétroleros» au service des grandes compagnies de pétrole, entre les «campesinos» et les hommes de main des «terranientes», les gros propriétaires fonciers, la Colombie tentera en mai de se donner un nouveau verni démocratique. Elections obligent. Elles ne masqueront cependant pas la réalité, faite quotidiennement de 30 à 70 assassinats dans ce pays où la «paramilitarisation» semble devenir une proposition d’Etat. Comme c’est devenu le cas dans le Choco, sur la côte Pacifique, à la pointe nord de la Colombie.

Le Choco? Qui donc en a entendu parler, de ce Chiapas avant l’heure, où les paramilitaires appuyés par l’armée règnent aujourd’hui en maîtres. Pour préserver les intérêts des grands groupes qui extraient les richesses du sol de la région, l’une des plus riches du pays: or, zinc, platine, cuivre, étain, prospection pétrolière plus au sud. Sans parler du bois de cette forêt tropicale plus humide encore que l’Amazonie, peuplée de 400’000 habitants, (90% de noirs et le reste de métisses et d’indiens) répartis sur un territoire grand comme la Suisse et même un peu plus: 45’000 km2.

Le Choco? La province colombienne du non-avoir, «la del no hay», comme la nomment les descendants des esclaves noirs en raison du manque de tout, y compris et surtout de l’essentiel: la santé, l’éducation, la paix… Mais une province devenue stratégique depuis que de gros groupes financiers se sont mis dans la tête d’y construire un canal qui relierait le Pacifique à l’Atlantique. Pour suppléer – ou concurrencer ? – le canal de Panama, engorgé.

«Travaux de nettoyage»

Les «travaux» ont du reste commencé: dans la seule vallée du Rio Atrato, 30’000 des 38’000 habitants ont été chassés ces deux dernières années par les paramilitaires. Ils sont allés rejoindre les 30 à 40’000 réfugiés-déplacés du Choco, aujourd’hui parqués dans de véritables camps de réfugiés. Natifs victimes d’une économie extractive mise en place par des groupes étrangers et nationaux. Déplacés pour donner le champ libre à l’exploitation des richesses naturelles et cédés à un projet mégalo de quelques gros bonnets de la finance soutenus par les narcos-dollars.

La fuite sous les bombardements

Dans la seule ville de Quibdo, plus de 6’000 réfugiés-déplacés sont actuellement parqués dans le Colisée (Stade) de la ville, témoignent aujourd’hui le Père Manuel Garcia, récemment en Suisse avec une délégation du diocèse de Quibdo, emmenée par l’évêque, Mgr Ivan Castaño. Avec l’aide de la Croix-Rouge et d’ONG, l’Eglise locale tente d’apporter l’essentiel: nourriture, médicaments, habits. Et loisirs aussi, pour des familles et de nombreux enfants, dont la plupart sont privés d’école.

Les «déportations» d’indigènes de la vallée du Rio Atrato ont commencé au premier semestre 1997, explique le Père Garcia. Des centaines d’habitants sont délogés aujourd’hui encore à mesure que les paramilitaires avancent. Ceux-ci ont désormais la main mise sur pratiquement l’ensemble du Département, hormis le terrain encore en main de la guérilla, plutôt présente sur les hauteurs. Selon le prêtre colombien, l’opération «nettoyage» initiée par les milices remonte à novembre 1996. «Une armée de paramilitaires a balayé la zone à partir de Cordoba, sur la côte Atlantique, dans les Caraïbes. Un mois plus tard, des centaines de personnes fuyaient sous les premiers bombardements». Tout cela pour un canal ou plus certainement pour un «pont terrestre interocéanique», le «canal seco» (sec), ainsi populairement surnommé.

Selon Manuel Garcia, les paramilitaires contrôlent quotidiennement tous les déplacements des indigènes. Les campesinos accourent dans les villages pour y faire leurs achats. Et malheur à qui s’approvisionnerait pour un montant supérieur à 20 dollars. Soit le prix du «coupo», du «ticket» autorisé pour une semaine de vivre par famille.

Abattues pour deux grains de riz en trop

«On a vu de nombreuses personnes abattues pour deux ou trois livres de riz de plus. Les paras habillés de militaires pour la plupart disent que c’est pour apporter de la nourriture à la guérilla». Ces groupes, fortement armés, s’identifient comme des groupes d’autodéfense, pour une Colombie unie, ajoute le prêtre.

A ces puissants intérêts en jeu, à l’exploitation sans nom du sol et de la forêt, s’ajoutent ceux des narcos-trafiquants. De nombreuses pistes d’atterrissage ont été aménagées pour faire partir les chargements de drogue à destination d’Amérique centrale et des Caraïbes. «On a tellement tout bouleversé que même la pêche, exercice alimentaire vital pour les Indiens, n’y est pratiquement plus possible. L’équilibre écologique que les indigènes ont su conserver des siècles durant a été détruit ces dernières années. Sacrifiés sur l’autel de la politique». Au nom des intérêts économiques. (apic/pr)

20 avril 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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