Apic Reportage I
Ghana: Un prêtre lutte pour sauver les malades du sida au Centre «Matthew 25»
Mais l’abbé Alex Bobby Benson se sent seul.
Jacques Berset, agence Apic
Koforidua, été 2005 (Apic) Après deux heures et demi de route, en venant de la capitale Accra, de l’autre côté des montagnes, nous voici arrivés à la maison «Matthew 25», un centre pour malades du sida situé dans la région orientale du Ghana. Sur la route, aucun panneau mettant en garde contre la terrible pandémie qui touche pourtant officiellement 3,6% de la population, soit plus de 700’000 personnes, dont près de 2/3 de femmes.
A Koforidua, la petite institution pour personnes atteintes du sida ne paie pas de mine. Mais c’est la première initiative de ce genre menée par l’Eglise catholique ghanéenne – et pour le moment la seule! -. Elle porte un nom emblématique, qui s’inspire d’un passage de l’Evangile selon saint Matthieu (*).
«Je bénéficiais de l’appui de mon évêque, Mgr Gabriel Charles Palmer- Buckle, mais il vient d’être nommé à Accra. Moralement, j’ai beaucoup de soutien, mais pas d’argent. Je me sens bien seul face à cette tâche, l’Eglise pourrait faire plus», nous déclare tout de go l’abbé Alex Bobby Benson, un prêtre diocésain âgé de 53 ans, également formé en psychologie clinique en Irlande et aux Etats-Unis.
Directeur de la «Clinical Pastoral Education» (CPE) du diocèse de Koforidua – il donne des cours au niveau national pour les aumôniers d’hôpital -, c’est lui qui a lancé ce projet pour les malades du sida. «C’était ma propre initiative, ce n’est pas venu d’en haut, et comme je donnais des cours à des étudiants, je ne voulais pas parler en l’air ! «
La maison, qui diffuse de l’information sur le sida et conseille les malades, a été ouverte officiellement en décembre 2003. Elle sert également de lieu de rencontre aux personnes infectées qui viennent du diocèse, mais également d’Accra, voire de la ville septentrionale de Tamalé, à une journée de route.
Dans la cour, un groupe de «PLWHAs», comme on les appelle ici, c’est- à-dire des personnes vivant avec le sida, occupées à teindre des tissus pour faire des boubous, des chemises ou des nappes. «C’est du batik», nous lance dans un anglais haché l’un des teinturiers hébergés dans la maison trois jours par semaine. La vente de la production, au marché de la ville, ou lors de manifestations extérieures du Centre, génère un peu de revenus.
Des tonneaux de préparation aux herbes médicinales
Dans l’annexe du centre, où sont stockés les sacs fournis par l’agence américaine pour le développement international USAID, des tonneaux bleus contiennent une mixture verdâtre. «Nous avons peu de moyens financiers – une aide de la Commission ghanéenne contre le sida, mais uniquement pour nos programmes -, peu de possibilités d’accéder aux médicaments antirétroviraux», témoigne Abigail Monney, directrice administrative de la Maison «Matthew 25».
Alors plus d’une centaine de personnes infectées à Akwatia et Koforidua dépendent uniquement des préparations à base d’herbes médicinales préparées par le pasteur Owusu. «Ce fortifiant pour le sang a été testé, et depuis des années, ça marche!».
Mais la préparation, qui ne guérit toutefois pas du sida, augmente l’appétit des malades, alors il faut se procurer davantage de nourriture, et trouver les moyens de financer ces dépenses… De l’aide, mais pas suffisamment, vient également des oeuvres d’entraide américaines Catholic Relief Service (CRS) et World Vision.
Face au regard négatif de la société et de certaines Eglises sur les malades du sida – une maladie qui ne peut être soignée, provoquant la stigmatisation et la discrimination des personnes infectées dans la rue et sur la place de travail – l’abbé Alex Bobby Benson fait oeuvre de pionnier: «Je reçois les malades dans notre maison, catholiques, protestants, musulmans, adeptes de religions de la nature, et je fais en sorte qu’ils se sentent bien à Matthieu 25. Et comme je suis chrétien, je leur lis aussi des récits bibliques.»
Quand les malades meurent, l’abbé Benson prend soin des enfants survivants. Il s’occupe actuellement de quelque 200 orphelins du sida. Il aide les parents qui les prennent en charge à payer la nourriture, la scolarité et les uniformes scolaires. Pas question de fonder un grand orphelinat comme aimeraient certains bienfaiteurs occidentaux: le prêtre ne veut pas couper ces enfants de leur environnement. et surtout, il n’en aurait pas les moyens. JB
(*) Matthieu 25: «Car j’ai eu faim et vous m’avez donné à manger, j’ai eu soif et vous m’avez donné à boire, j’étais un étranger et vous m’avez accueilli, nu et vous m’avez vêtu, malade et vous m’avez visité, prisonnier et vous êtes venus me voir. Ce que vous avez fait au plus petit de mes frère, c’est à moi que vous l’avez fait!»
Encadré
Au centre «Matthew 25», le condom n’est pas à l’ordre du jour
Aux murs du Centre, c’est une surprise, on ne trouve pas le slogan habituel «ABC» pour combattre le sida: «abstinence, soyez fidèles, et utilisez les condoms». A la place, un poster «ABCD». Il affirme que le meilleur moyen pour prévenir le sida est de changer d’attitude: «abstenez vous des relations sexuelles pré-maritales, des comportements sexuels irresponsables, des relations sexuelles multiples, de prendre des drogues; soyez fidèles à votre partenaire, à vous-même, à votre famille, à votre communauté, à votre Dieu; changez votre attitude positivement à l’égard de ceux qui souffrent du sida.»
Pour Abigail Monney, directrice administrative de la Maison «Matthew 25», l’utilisation du préservatif prônée par les campagnes officielles n’est pas recommandée par l’Eglise. «Que l’on ait peur de la maladie ou non, le sida se répand, et toutes les Eglises en sont conscientes, mais dans l’Eglise catholique, on ne parle pas de condoms. De plus, avec le préservatif, il y a de gros risques. Qui vous dit que le condom est sûr ? Nous parlons avant tout d’abstinence et de fidélité». Certes, admet-elle, de façon pragmatique, si les gens ne peuvent pas s’abstenir de relations sexuelles, le préservatif est un moindre mal. JB
Encadré
Afrique sub-saharienne: le sida, première cause de mortalité
En Afrique sub-saharienne, le sida est devenu la première cause de mortalité. Depuis le début de la pandémie, plus de 15 millions d’Africains en sont morts. L’an dernier, on estime que la maladie a causé le décès de quelque 2,3 millions d’adultes et d’enfants dans cette région du continent noir, selon l’ONG internationale Avert (www.avert.org) basée en Grande- Bretagne.
De nombreux pays d’Afrique noire ne sont pas parvenus à contenir la pandémie et près des deux tiers des séropositifs vivent en Afrique sub- saharienne, alors que cette région ne représente que quelque 10% de la population mondiale. Dans certains pays très touchés, la pandémie et son cortège de décès a un impact considérable en termes démographiques et économiques, dans le secteur de la santé, de l’éducation, de la force de travail. La production agricole est dans certains endroits sévèrement touchée par les malades et les décès dus au sida. On estime qu’au Burkina Faso, 20% des familles rurales ont dû réduire leur travail dans les champs ou même abandonner leurs fermes à cause du sida. JB
Encadré
Le sida: Une catastrophe sanitaire et économique
En Afrique sub-saharienne, les coûts médicaux annuels directs causés par le VIH/SIDA – sans compter les thérapies antirétrovirales – ont été estimés à 30 dollars US par tête, alors que la plupart des pays africains dépensent moins de 10 dollars par tête dans la domaine de la santé publique. La pandémie représente une forte progression des hospitalisations. Ainsi, selon le rapport 2001 sur le développement humain du Swaziland, les malades du sida occupaient la moitié des lits d’hôpitaux dans certains centres de santé de ce pays d’Afrique australe.
La prévalence de la pandémie parmi les patients atteignait près de 33% dans un hôpital tanzanien, faisant de l’infection par le VIH la cause principale conduisant à l’hospitalisation. La Banque Mondiale estime que le nombre de lits d’hôpitaux requis pour les patients atteints du sida pourrait bientôt dépasser le nombre total de lits disponibles au Swaziland et en Namibie. D’autre part, il arrive que le personnel soignant – pas toujours suffisamment formé pour les programmes antirétroviraux – soit également touché par la pandémie. Le stress engendré par la situation sanitaire de plus en plus précaire amène également le départ du métier de nombreux professionnels de la santé.
Au niveau de la famille, le sida décime les couples, les parents décèdent et laissent les enfants orphelins. Ils sont souvent recueillis par des membres de la famille. Une étude en Zambie révèle que 65% des ménages où la mère est décédée se sont dissous. Bien que la maladie frappe toutes les couches de la société, elle affecte en premier lieu les plus pauvres.
Une étude en Côte d’Ivoire montre que le revenu des ménages touchés par la pandémie atteignait la moitié du revenu moyen des ménages, et les dépenses de santé augmentent de 400% quand un membre de la famille est atteint. Une autre étude, réalisée au Burkina Faso, au Rwanda et en Ouganda montre que le sida non seulement ruine les efforts pour réduire la pauvreté, mais augmente de plus le pourcentage des gens vivant dans l’extrême pauvreté.
La pandémie frappe les forces vives du pays
Certains ménages en Afrique du Sud dépensent trois fois le montant de leur revenu mensuel pour payer l’enterrement d’un seul membre de la famille. La maladie, les médicaments nécessaires et les funérailles réduisent l’épargne des familles ou aggravent leur endettement. Les enfants – avant tout les filles – sont alors retirés de l’école, car les uniformes et les frais d’inscription ne peuvent plus être payés et la famille où il y a des malades a besoin de main d’oeuvre. Les enfants doivent alors assumer des responsabilités d’adultes s’ils n’ont pas la chance d’être recueillis par leurs grands parents. En République centrafricaine et au Swaziland, le taux de scolarisation a baissé de 20 à 36% en raison du sida et de la perte des parents, et ce sont encore une fois les filles qui sont touchées en premier.
Le sida ne touche pas seulement les élèves, mais affecte également le corps enseignant. Une étude au Zimbabwe montre que 19% des enseignants et près de 29% des enseignantes sont touchés par le VIH. En 2004, on estime que 17% des maîtres d’école du Mozambique sont séropositifs, ce qui va provoquer le décès chaque année de 1,6% du corps enseignant du pays.
La grande majorité des personnes infectées par le VIH ont entre 15 et 49 ans, la pandémie frappant les forces vives du pays. L’espérance de vie a dramatiquement baissé: en Afrique sub-saharienne, elle est maintenant de 47 ans, alors qu’elle aurait été de 62 ans sans le sida. En moins de 10 ans, de nombreux pays d’Afrique australe ont vu leur espérance de vie régresser aux niveaux de la fin du 19e siècle. Vers 2010, les populations du Botswana, du Mozambique, du Lesotho, du Swaziland et d’Afrique du Sud commenceront à diminuer en raison du nombre de personnes décédant du sida.
Les économies de ces pays sont déjà très affectées par la pandémie. Ainsi, au commencement de la prochaine décennie, l’Afrique du Sud, qui représente près de 40% de l’activité économique de l’Afrique sub- saharienne, aura un PNB de 17% inférieur à ce qu’il aurait été en l’absence de pandémie. JB.
Des photos du Centre Matthieu 25 peuvent être obtenues auprès de l’agence Apic: tél. 026 426 48 01 ou par courriel: jacques.berset@kipa-apic.ch (apic/be)
Les franciscaines de Slovaquie racontent le calvaire de l’époque communiste
APIC – Reportage I
Déportées au «couvent de concentration» de Slovenska Lubca (140494)
Georges Scherrer, Agence APIC
Bratislava, 14avril(APIC) Un jour de 1958, lors d’une opération planifiée
de longue date par les autorités communistes de Prague et rondement menée «de nuit, afin que personne ne s’en aperçoive», les religieuses de Tchécoslovaquie furent brutalement arrêtées et emmenées au «couvent de concentration» de Slovenska Lubca, en Slovaquie. Soeur Fidelia , entrée dans la Congrégation des filles de Saint François d’Assise en 1947, a passé onze ans
dans cette prison spéciale, où les religieuses étaient destinées à mourir à
petit feu. Aujourd’hui, Soeur Fidelia a pardonné et songe à l’avenir.
Soeur Fidelia a passé son enfance en Moravie, ce qui explique sa bonne
maîtrise de l’allemand. Ses parents ont fui la guerre en 1942 pour trouver
refuge en Slovaquie, considérée alors comme plus sûre. C’est en Moravie aujourd’hui partie de la République tchèque – que la route de la jeune femme croisa celle des franciscaines. A l’époque, ces soeurs devaient encore,
conformément à leur ancienne règle, demander l’aumône pour assurer leur
existence. Et les religieuses en habit noir vinrent ainsi frapper un jour à
la porte de ses parents.
C’est alors que jaillit subitement en elle la décision de rejoindre les
franciscaines. Sur le moment, elle n’avait pas imaginé le fardeau de
souffrances que lui vaudrait cette décision. Son visage, encadré d’un voile
blanc, n’a pas d’âge.
En 1947, ayant terminé l’école, elle entra au noviciat de la Congrégation. Les communistes avaient entre-temps pris le pouvoir dans le pays. Au
début tout se passa pas trop mal. Encore que les agents des Services secrets STB – la «Stasi», souligne-t-elle avec une voix qui ne trompe pas apparurent de plus en plus fréquemment à l’hôpital rattaché au couvent des
franciscaines de Bratislava-Prievoz. Puis un jour, le 14 avril 1950, tous
les ordres religieux masculins furent dissous en Tchécoslovaquie. Les soeurs en habits noirs purent cependant poursuivre leur travail à l’hôpital,
car il n’y avait personne pour les remplacer au chevet des malades et des
mourants.
«Une catastrophe pour l’Eglise»
Cependant, une sinistre nuit de 1958, la police débarqua et emmena les
religieuses: destination Slovenska Lubca, en Slovaquie centrale, près de
Banska Bystrica. Cette forteresse médiévale, située quelque 200 mètres audessus de la vallée, a été baptisée de divers noms: prison, camp de concentration et finalement «couvent de concentration». Soeur Fidelia y fut
internée en compagnie de 250 autres soeurs, appartenant à 8 congrégations
différentes. La religieuse se souvient: «Nous étions alors encore jeunes,
et pour nous, c’était supportable. Mais pour l’Eglise, ce fut tout
simplement une catastrophe. Ils lui avaient tout pris.»
Elle se consola à l’idée que dans ce château fort de Slovenska Lubca,
les soeurs étaient autorisées à garder leur habit religieux. Leur première
tâche consista à nettoyer le château, un bâtiment de cinq étages, et
installer leurs lits dans les salles. La torture psychologique consistait à
fermer un nouveau couvent en Tchécoslovaquie chaque fois qu’une autre salle
était aménagée et à interner les soeurs dans ce camp.
Mourir à petit feu
Un frère franciscain et un frère rédemptoriste, également détenus, devaient aller chercher la nourriture des soeurs au village. Ce que l’on
voulait, en définitive, ce n’était pas les faire simplement mourir de faim,
mais les laisser mourir à petit feu à l’abri des regards de l’opinion
publique mondiale. Quelques soeurs solides durent travailler dans les entreprises agricoles socialistes.
Le STB utilisait aussi d’autres méthodes pour harasser les religieuses,
comme l’exigence faite aux soeurs de payer leur nourriture. «Avec quoi sommes-nous censées payer?», demandaient les supérieures, «Nous n’avons pas
d’argent», racconte Soeur Fidelia. Finalement les soeurs furent envoyées
dans des établissements pour assistés sociaux qui venaient d’être ouverts
en Tchécoslovaquie ainsi que dans des hospices pour personnes âgées. C’est
ainsi que les premières soeurs purent quitter Slovenska Lubca. En 1970, Soeur Fidelia rejoint à son tour Bratislava. Seules les soeurs âgées et malades purent rester au «château».
«La réalité était bien plus terrible encore»
«La réalité était bien plus terrible encore», me souffle alors mon accompagnateur et interprète, un médecin slovaque, qui avait été amené à
soigner les religieuses dans leur «couvent de concentration». «La soeur minimise la réalité. Ce qui se passait là-bas était en-dessous de toute dignité humaine. Les conditions de vie étaient abominables. Vingt à vingt-cinq
soeurs vivaient dans la même pièce et il n’y avait que deux toilettes au
sous-sol pour les 250 religieuses. Pour s’y rendre, elles avaient à parcourir un dédale d’escaliers escarpés et étroits. Mais les vieilles soeurs
âgées, clouées au lit, n’étaient plus en mesure de fournir un tel effort.
Le STB, en plus, les pressait d’abjurer leur foi. Les soeurs ont résisté et
se sont serré les coudes».
Soeur Fidelia et le docteur commencent alors une discussion animée en
slovaque. Un nom ressort plusieurs fois de la discussion, celui du Père
Horny. Mon accompagnateur traduit: «Ce prêtre était autorisé à célébrer la
messe pour les soeurs au château». Il faisait froid au château, poursuitil, le charbon et le bois ne pouvaient être hissés à l’étage que par un
seul escalier. «Nous avons tout fait pour nos vieilles compagnes», raconte
Soeur Fidelia, du moins aussi longtemps que les jeunes soeurs ont pu rester
au château…
Retour à la «normalité»
Finalement, sur l’insistance des supérieures, il fut possible de construire un foyer pour les soeurs les plus âgées dans un endroit isolé, à
l’extérieur du château. Les jeunes soeurs travaillaient dans des hôpitaux,
au milieu des mourants, pour réunir de l’argent pour ce foyer. Mais la
congrégation n’était pas au bout de ses peines. Il n’y avait plus de novices pour assurer la relève. «C’était le plus dur de tout. Pendant toute
cette période d’emprisonnement, nous n’avions pas le droit de nous occuper
des vocations», relève Soeur Fidelia.
Après le printemps de Prague, en 1968, un nouveau chapitre commence
alors aussi pour Soeur Fidelia. En 1970, elle fut ramenée, en compagnie de
25 autres soeurs, dans leur propre hôpital franciscain de Bratislava. Après
1968, nombre d’infirmières laïques, qui avaient travaillé dans cet établissement, étaient soit parties pour l’étranger, soit avaient refusé de continuer. Les mourants, qui avaient été envoyés ici par les hôpitaux de la ville, étaient livrés à eux-mêmes pour y passer les derniers jours de leur
vie. Les seules personnes disposées à se consacrer à eux étaient les religieuses, c’est pourquoi on avait été les chercher. A partir de ce jour jusqu’à la «Révolution de velours» de 1989, les soeurs vivaient à l’étage de
leur couvent. La rez-de-chaussée abritait l’hôpital et la chapelle.
Depuis 1992, les soeurs s’activent à la restauration de leur couvent que
l’Etat leur a restitué entre-temps. L’oeuvre d’entraide catholique «Aide à
l’Eglise en Détresse» (AED) leur a déjà fait parvenir quelque 30’000 francs
pour les travaux de chauffage, de plomberie, pour l’eau potable et l’évacuation des eaux usées. En octobre dernier, les portes de l’entrée principale, dépourvues de gonds, étaient le dernier stigmate de l’état d’abandon
dans lequel l’édifice s’était trouvé par le passé.
Solidarité au nom de Dieu
«Je pense que saint François priait pour nous», dit la soeur en se remémorant les souffrances qu’elle et les autres religieuses de toutes les
congrégations de Tchécoslovaquie ont endurées sous le régime communiste.
«Nous voyons en saint François notre modèle du sacrifice de soi-même et de
l’amour.» Le fait que les soeurs, tout au long de leur captivité, ont pu
suivre la messe et recevoir la communion leur a été une aide inestimable.
Elle ne précise pas combien de ses compagnes ont perdu la vie à Slovenska
Lubca. Elle est trop indulgente pour cela. D’ailleurs, parmi les membres du
STB, il y en a eu aussi qui soulagèrent les peines des soeurs, fait-elle
remarquer avec un grand sourire. «Notre force secrète venait du fait que
tous les croyants étaient solidaires au nom de Dieu Tout-Puissant». (apicgs/fs)
Encadré
Aide à l’Eglise en Détresse
(APIC) L’Oeuvre d’entraide catholique «Aide à l’Eglise en Détresse» (AED)
soutient les Eglises en difficulté dans le monde entier. Des églises, des
couvents, des séminaires, des centres catéchétiques sont construits ou rénovés avec le concoure de l’Oeuvre que le père Werenfried van Staaten, plus
connu sous le nom de «Père au lard», a fondée. L’AED aide à la formation de
prêtres et de religieux et à la publication de littérature religieuse. Sa
Bible pour enfants, par exemple, a déjà été distribuée à plus de 25 millions d’exemplaires en plus de 70 langues.
L’AED, pendant les années de la répression communiste, s’est efforcée,
tant bien que mal, de soutenir les religieuses en Europe de l’Est. Elle apporte une aide à la reconstruction et à la formation – comme aujourd’hui
chez les «Filles de St François d’Assise» à Bratislava – dans presque tous
les pays de l’ancien bloc communiste.
Pour l’Oeuvre, les religieuses dans le tiers monde ne doivent pas non
plus être oubliées. Sans elles, la proclamation de l’Evangile et la prise
en charge pastorale et sociale des populations ne seraient pas possibles
dans bien des régions du monde. (apic/gs/be/fs)
Des photos de ce reportage sont disponibles à l’Agence APIC. La deuxième
partie sera publiée dans le service APIC de dimanche prochain.




