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Bénédiction refusée aux homosexuels: 700 Belges quittent l’Eglise

En Belgique, près de 700 fidèles ont quitté en mars 2021 le diocèse d’Anvers et près de 2’000 personnes ont demandé l’annulation de leur inscription au baptême dans les registres des diocèses flamands du pays. En cause, leur désaccord avec l’interdiction des bénédictions d’union de couples homosexuels.

Lors d’une conférence organisée par l’hebdomadaire britannique The Tablet, Mgr Johan Bonny, évêque d’Anvers, a assuré, le 28 avril, que près de 700 personnes, dont une majorité de jeunes, avaient quitté fin mars les paroisses de son diocèse et que près de 2’000 personnes avaient demandé l’annulation de leur inscription au baptême dans les registres des diocèses flamands de Belgique, pays pourtant traditionnellement très catholique.

Désaccord frontal

Selon lui, cette vague de départs s’inscrit dans le sillage de la publication, le 15 mars dernier, de la note de la Congrégation pour la doctrine de la foi, réaffirmant l’interdiction de bénir les unions de couples homosexuels. Dans son intervention, Mgr Bonny a évoqué la réaction «dramatique» de «personnes principalement hétérosexuelles», ayant exprimé leur désaccord frontal avec ce document.

Dans une tribune publiée le 17 mars dernier dans le quotidien belge néerlandophone De Standaard, l’évêque d’Anvers s’était excusé auprès des homosexuels: «Je suis profondément embarrassé par mon Eglise», avait-t-il déclaré. «Je tiens à m’excuser auprès de tous ceux pour qui cette réponse est douloureuse et incompréhensible: les couples homosexuels engagés fidèles et catholiques, les parents et grands-parents de couples homosexuels et leurs enfants, le personnel pastoral et les conseillers des couples homosexuels. Leur douleur pour l’Eglise est la mienne aujourd’hui».

Dans de nombreux pays, ce rappel du Vatican avait suscité colère et lassitude, au sein des mouvements engagés dans l’accompagnement des personnes homosexuelles catholiques.

Absence de consultation déplorée

Déplorant l’absence de consultation des évêques et du dicastère pour les laïcs, la famille et la vie avant la publication de cette note, Mgr Bonny a également critiqué sa «faiblesse théologique» et son incapacité à refléter les développements contemporains en matière de théologie biblique, de théologie sacramentelle et de théologie morale. «C’est comme si elle avait été écrite à l’époque de Pie XII», a regretté le responsable religieux, connu pour ses prises de position franches en faveur des minorités sexuelles.

Estimant que la Congrégation pour la doctrine de la foi doit être «au sommet de l’érudition biblique et théologique, et non derrière un niveau de qualité ordinaire», il a également regretté que le document ne tienne pas compte de ce que les sciences humaines disent aujourd’hui de la sexualité dans la société civile, alors que de nombreux pays ont légalisé le mariage ou le partenariat civil pour les couples de même sexe.

Une interdiction en contradiction avec Amoris laetitia

«Ce n’est pas du tout en phase avec Amoris laetitia» (l’exhortation du pape François qui dessine «un paysage radicalement nouveau dans le champ de la théologie et de la pastorale catholique du couple et de la famille», ndlr), a-t-il encore martelé, avant d’insister sur l’accent mis l’exhortation apostolique post-synodale publiée en 2016, sur la recherche de nouveaux éléments positifs. «Ce que nous proposons ici n’est pas d’étendre le mariage sacramentel», poursuivait-il, «il y a différentes façons de s’aimer, de prendre soin les uns des autres et d’assumer sa responsabilité dans l’Eglise et dans la société».

 Homosexualité, ce que pense le pape

«Mais il y a tellement de possibilités qui viennent des Écritures et de la tradition de l’Eglise, pour marcher ensemble avec les gens, pour les porter devant Dieu et demander la bénédiction de Dieu sur eux», prônait-il enfin. Ces dernières semaines, de nombreux autres évêques du monde entier avaient eux aussi dénoncé un texte «blessant» et «maladroit». Une contestation frontale de la ligne du Vatican, loin d’être courante dans leurs rangs. (cath.ch/cx/ag/mt/cp)

Mgr Johan Bonny, évêque d’Anvers (Belgique), a déploré une «hémorragie» de fidèles, blessés par l'interdiction du Vatican de bénir les unions de même sexe | © DR
3 mai 2021 | 17:38
par Carole Pirker
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