250 francs pour un enfant !
Bénin: Nouvelle affaire de trafic d’enfants pour esclavage
Dakar, 4 juin 1999 (APIC) Une nouvelle affaire de trafic d’enfants a été découverte au Bénin. Pour survivre, des parents sont contraints d’échanger leurs fils contre du tissu, de l’alcool, du riz. Les filles quant à elles sont facilement «négociées» aux proxénètes! La police locale de ce pays francophone de l’Afrique occidentale a annoncé avoir intercepté cette semaine, un convoi d’une centaine de jeunes filles et garçons, âgés de 7 à 16 ans, que des passeurs voulaient amener à l’étranger pour les vendre.
Le trafic d’enfants pour esclavage est une pratique courante au Bénin. Dans une déclaration à la presse, le directeur de la brigade de protection des mineurs, Degan Kokou, a souligné que ces enfants ont été interceptés à la frontière togolaise à bord de véhicules. Ils devaient être acheminés en Côte-d’Ivoire pour ensuite être vendus de 100’000 à 150’000 FCFA (environ 250 à 300 francs suisses), à des exploitants agricoles.
Le marché du trafic d’enfants est florissant ces derniers temps au Bénin. Facile pour les exploitants de ce créneau; ils opèrent très souvent auprès de familles pauvres qui éprouvent des difficultés à subvenir aux besoins de leurs enfants. Contraints par la misère, ces parents échangent leurs fils contre du tissu, de l’alcool, du riz ou encore contre une somme modique de 10’000 à 15’000 francs CFA (environ 25 à 30 FRS).
Les racoleurs les convoient alors par bus ou par embarcation vers les pays limitrophes, l’Afrique centrale ou le golfe de Guinée (Gabon, Guinée-Equatoriale, Congo, Cameroun, etc …) pour y servir de main d’œuvre à bon marché. La destinée de certaines filles, vendues à des proxénètes, est irrémédiable: elles seront prostituées à bon marché.
Les organisations non gouvernementales, l’UNICEF, l’Eglise catholique tentent de combattre ce phénomène de trafic d’enfants. Elles sont mobiliséées contre cette forme «d’esclavagisme moderne» qu’elles dénoncent régulièrement dans la presse. Sans grand succès. Hélas ! (apic/ibc/ab)



