Inéquitable, inutile et inhumaine
Berne: La peine de mort au centre de l’Action du Vendredi Saint de l’ACAT
Berne, 7 mars 2002 (APIC) La peine de mort ne trouve pas sa place dans l’Evangile. C’est sur le thème de l’abolition du châtiment suprême, qualifié de «peine inéquitable, inutile et inhumaine», que l’ACAT (Action des chrétiens contre la torture) lance sa traditionnelle «Action du Vendredi Saint».
L’ACAT interpelle ses 2’500 membres à travers toute la Suisse pour populariser son action du Vendredi Saint notamment auprès des paroisses. Intitulé «Pourquoi m’as-tu abandonné?», en référence aux paroles du Christ en croix, l’appel doit être relayé auprès des paroisses catholiques, protestantes, orthodoxes et catholiques-chrétiennes, ainsi que dans les communautés évangéliques libres où militent des membres de l’ACAT.
Les Etats-Unis dans le collimateur
La peine de mort n’existe plus dans les 43 pays du Conseil de l’Europe, depuis 1997. Elle est cependant encore pratiquée dans plus de 80 pays, y compris aux Etats-Unis, qui sont pourtant une démocratie et un Etat de droit. L’ACAT se positionne «sans condition pour l’abolition de la peine de mort» et précise dans un communiqué publié cette semaine que «la peine de mort ne trouve pas sa place dans l’Evangile».
S’appuyant sur le protocole N° 6 de la Convention européenne des droits de l’homme qui abolit la peine de mort sans condition en temps de paix, l’ACAT déclare que personne n’a le droit de «décider de la vie ou de la mort d’autrui». L’association chrétienne affirme que la peine de mort constitue une violation du droit inaliénable à la vie. Pour l’ACAT, elle est en soi un acte cruel, inhumain et dégradant; elle exclut la possibilité de repentir et n’est pas à l’abri de l’erreur judiciaire. De plus, la peine de mort est souvent utilisée à des fins politiques. Elle n’est pas dissuasive, mais au contraire favorise un développement de la violence.
L’ACAT rappelle finalement qu’il est illégitime de réduire une personne humaine à un crime, fut-il odieux, et souligne que les criminels, qui ont souvent été eux-mêmes victimes de violences, «font partie intégrante de notre société». (apic/com/sh)



