Vatican

Des Pères synodaux proposent la création d’un rite amazonien

Certains des circoli minori (groupes de travail) du synode pour l’Amazonie ont proposé la création d’un rite amazonien, peut-on lire dans les rapports publiés le 18 octobre 2019. La question des viri probati a également été mentionnée. Un groupe lusophone en particulier a souligné un besoin important en Amazonie.

Dans l’Eglise catholique existent quelque 23 rites différents, a souligné le groupe italophone ›B’ modéré par le cardinal Luis Ladaria Ferrer, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi. Ce simple fait est le signe évident d’une tradition qui, depuis les premiers siècles, cherche à inculturer le contenu de la foi et sa célébration à travers un langage qui soit le plus cohérent possible avec le Mystère à exprimer.

L’Amazonie, avec ses différentes cultures et traditions, s’est déjà ouverte à la foi, observe encore ce groupe. Cette région connaît actuellement un processus important visant à sauvegarder ses propres expressions d’identité et d’appartenance. Sur cette base, les membres italophones ont présenté la proposition d’un rite amazonien.

Il est demandé au Synode de permettre aux peuples de l’Amazonie d’entreprendre le nouveau chemin de leur propre rite amazonien pour exprimer le patrimoine liturgique, théologique, disciplinaire et spirituel qui leur appartient. Exprimer la foi selon les particularités de sa propre culture enrichit le travail d’évangélisation, peut-on lire.

Les viri probati jugés nécessaires pour l’Amazonie

Pour sa part, le groupe lusophone ›B’ modéré par Mgr Pedro Brito Guimarāes, archevêque de Palmas (Brésil), constitue le cercle le plus favorable aux viri probati. L’ordination de viri probati, est jugée nécessaire pour l’Amazonie. Les membres du groupe proposent de déléguer aux conférences épiscopales présentes en Amazonie la mise en œuvre de ce ministère et confier à tous les évêques la réalisation de cette expérience.

Les hommes mariés candidats à l’ordination, après un diaconat fructueux, doivent témoigner d’une vie de prière et d’amour de la Parole de Dieu et de l’Eglise, ont-ils suggéré. L’Eucharistie doit selon eux se refléter dans une vie de don et de service manifestée à travers un sens communautaire. Les candidats doivent en outre faire preuve d’un esprit missionnaire.

Le célibat sacerdotal est un trésor 

Les autres groupes lusophones ont réclamé en la matière plus de réflexion et d’approfondissement. Le cercle lusophone ›D’ modéré par Mgr Wilmar Santin, évêque d’Itaituba (Brésil), en particulier, a réaffirmé la valeur du célibat et la nécessité d’un engagement accru dans la pastorale vocationnelle. Les membres estiment également que les suggestions des viri probati et du diaconat des femmes demandent un approfondissement et un mûrissement postérieurs.

Toujours sur ce thème, le groupe hispanophone ›D’ modéré par Mgr Omar de Jesús Mejía Giraldo, archevêque de Florencia (Colombie), a rappelé que le célibat est un don pour l’Eglise. Les membres ont toutefois suggéré que les communautés promeuvent l’ordination presbytérale de personnes vertueuses, présentées par leurs propres communautés et respectées par elles.

Le groupe italophone ›A’, modéré par Mgr Flavio Giovenale, évêque de Cruzeiro do Sul (Brésil), a affirmé que tous reconnaissent le célibat dans l’Eglise comme un don et un trésor. Celui-ci fait partie de la nouveauté chrétienne et doit être proposé aussi aux populations amazoniennes. 

Un rôle pastoral pour les femmes

Il est nécessaire qu’au sein d’une Eglise synodale, a suggéré le groupe espagnol ‘A’ modéré par le cardinal Carlos Aguiar Retes, archevêque de Mexico (Mexique), les femmes assument un «rôle pastoral et de direction». C’est en particulier au travers de la «ministérialité» que les femmes pourront être reconnues. Les membres de ce groupe ont réclamé la tenue d’un synode dédié à l’identité et au service de la femme au sein de l’Eglise. A cette occasion, celles-ci pourraient avoir le droit de voter, ont-il imaginé. 

Le groupe hispanophone ‘E’ modéré par le cardinal Oscar Maradiaga, archevêque de Tegucigalpa (Honduras), a quant à lui proposé la création d’un ministère officiel des femmes dans l’Eglise. Celui-ci faciliterait l’accès pour les femmes à des postes de direction ecclésiale et leur permettrait d’occuper davantage des rôles de formation au sein des séminaires et dans l’Eglise. Il s’agit encore de revaloriser économiquement leur travail dans l’Eglise et lutter contre toute forme de stéréotype, est-il écrit. 

Donner davantage de place aux laïcs

De même, le groupe franco-anglais a souligné la nécessité de donner davantage de place aux laïcs. Il est urgent de passer d’un ministère clérical à un ministère baptismal selon ses membres. Sur ce plan, la liturgie dans les communautés catholiques africaines, dirigée par des laïcs, peut être inspirante. En outre, le prêtre n’est pas nécessairement appelé à diriger la communauté, ont noté certains participants. 

Si l’Eglise doit être prophétique en matière écologique, ce n’est pas suffisant, ont encore plaidé certains membres de ce groupe. Pour amorcer un changement, il faut désormais qu’elle parle avec les industriels ou les entreprises minières, est-il encore écrit. Certains participants ont appelé concrètement à réduire la consommation de viande rouge. Pour la survie des peuples autochtones, l’Eglise doit également sensibiliser les gouvernements, a-t-il été demandé. (cath.ch/imedia/cg/ah/mp)

La chapelle catholique est très sommaire | © Jean-Claude Gerez
18 octobre 2019 | 16:37
par I.MEDIA
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