L'euthanasie, une "atteinte à la dignité humaine" | photo d'illustration | © Dr. Partha Sarathi Sahana/Flickr/CC BY 2.0
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Fin de vie: le Sénat français enterre le droit à 'l’aide à mourir'

Dans un coup de théâtre surprenant, le Sénat français a rejeté le 21 janvier 2026, les deux articles clés de la proposition de loi sur ‘l’aide à mourir’. En refusant l’euthanasie et le suicide assisté, il donne un coup d’arrêt à la démarche soutenue par le président Emmanuel Macron.

Après six heures de débat, le verdit est tombé devant la Chambre haute du parlement français: l’article 4 la loi sur ‘l’aide à mourir’ a été rejeté par 144 voix contre 123. Or cet article 4 est crucial puisqu’il concerne les «conditions requises pour la mise en œuvre de l’assistance médicale à mourir». Son rejet rend donc vain toute discussion sur la suite du texte. 

Les premiers signaux de ce rejet étaient apparus le 7 janvier lorsque la commission des affaires sociale du Sénat avait remplacé le critère médical de «phase avancée ou terminale» d’une maladie grave et incurable, jugé «trop flou et trop extensif»,  par celui de «pronostic engagé à court terme», autrement dit quelques jours au maximum. Mais on estimait alors que la droite sénatoriale et une partie du centre accepteraient de valider le principe d’une légalisation du suicide assisté et de l’euthanasie  tout en en limitant l’accès aux patients dont le décès serait imminent. La commission avait avait aussi supprimé le délit d’entrave.

Pas de compromis

Cette stratégie du compromis a échoué puisqu’elle a rallié contre elle une majorité de sénateurs pour des raisons diamétralement opposées, analyse le journal La Croix . À gauche les sénateurs ont estimé que la version de la commission était trop restrictive donc inacceptable. Les sénateurs de droite et du centre estimant de leur côté qu’ils ne pouvaient voter, en conscience, un article qui valide le principe de la «mort provoquée» même s’il prétendait l’encadrer strictement.

Retour devant l’Assemblée nationale

À la reprise de la séance, le sénat a poursuivi la procédure d’examen même si elle n’avait plus beaucoup de sens. L’article 2 qui prévoyait «les situations dans lesquelles peut être pratiquée une assistance médicale à mourir» est remplacé par un amendement  adopté aé main levée stipulant que «toute personne a le droit au meilleur soulagement possible de la douleur et de la souffrance. Toute personne peut bénéficier de ce droit jusqu’à son décès sans qu’aucune intervention volontaire ait pour intention de provoquer la mort ou d’aider à mourir.» Un texte qui exclut à la fois l’euthanasie  et l’assistance au suicide.

Le texte doit retourner devant l’Assemblée nationale pour une deuxième lecture au mois de février. On ignore pour l’heure si elle voudra ou non remettre l’ouvrage sur le métier pour obtenir le droit à ‘l’aide à mourir’.  (cath.ch/cx/mp)

L'euthanasie, une «atteinte à la dignité humaine» | photo d'illustration | © Dr. Partha Sarathi Sahana/Flickr/CC BY 2.0
22 janvier 2026 | 15:27
par Maurice Page
Temps de lecture : env. 2  min.
Euthanasie (105), France (574), sénat (5), Suicide assisté (84)
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