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France: des femmes catholiques veulent être prêtres et évêques

Après la journaliste, théologienne et bibliste française Anne Soupa, qui s’était portée «candidate à la fonction d’archevêque de Lyon» en mai dernier, sept femmes catholiques ont décidé le 22 juillet 2020 de franchir le pas. Elles se portent publiquement candidates à diverses fonctions qui leur sont  interdites  au  sein  de  l’Eglise  catholique:  évêque,  nonce,  curé,  diacre,  prédicatrice laïque.

Mercredi matin, jour de la fête de sainte Marie-Madeleine, «apôtre des apôtres» selon les mots du pape François, ces sept femmes ont chacune remis à la nonciature apostolique à Paris un dossier personnel où elles exposent leur profession de foi, la fonction à laquelle elles se portent candidates et le type de service qu’elles sont capables d’assumer. Elles demandaient par ailleurs à être entendues par Mgr Celestino Migliore, nonce apostolique en France, seul habilité à transmettre ces candidatures au pape François. Elles qualifient leur action «d’acte  salutaire  de  désobéissance  à  la doxa  ecclésiale»

Le Collectif Toutes Apôtres!

Chacune  de  ces  sept candidatures  est  «le  fruit  d’un  appel  et  d’un  discernement  propres,  jusque-là étouffés  par  la  discrimination  dont  sont  l’objet  les  femmes  dans  l’Eglise  catholique», expliquent les initiatrices de ce mouvement qui porte le nom du   Collectif Toutes Apôtres!  Après  la secousse provoquée par la candidature d’Anne Soupa, 73 ans, à l’archevêché de Lyon le 25 mai dernier, ces femmes veulent elles aussi rendre publique leur vocation.

Le  Collectif Toutes  Apôtres! est cofondé par Alix Bayle (cofondatrice du PA.F, collectif pour une Parentalité  Féministe),  Anne  Guillard  (cofondatrice  de  la  collective Oh  My  Goddess!),  Hélène Pichon (auteure de L’Eternel au Féminin, manifeste  pour  une  nouvelle  théologie  de  la libération), Valentine  Rinner  (cofondatrice  de  la  collective Oh My Goddess!) et Anne Soupa (présidente du Comité de la Jupe). Cette initiative entend montrer que seule l’union des femmes fera leur force.

Assumer une candidature pourtant interdite

Les organisatrices relèvent que ces sept candidatures ont été suscitées et rassemblées par le Collectif Toutes Apôtres! en moins d’un mois, «ce qui démontre  qu’il  existe  une  réserve  de  femmes  prêtes  intérieurement  à  assumer une candidature pourtant interdite (…) Un potentiel important de femmes appelées existe que personne ne connaît encore. Nous savons, par contre, que de nombreuses femmes de grande valeur ont dû refuser notre proposition, par peur – ô combien fondée – de perdre leur responsabilité dans l’institution».

Elles déplorent que «la mise sous silence des femmes par l’Eglise pendant des siècles perdure  encore  de  manière  diffuse.  Nombreuses  sont  les  femmes  que  nous  avons rencontrées qui n’osent pas candidater de peur de perdre leur travail d’enseignement dans des instituts  catholiques  ou  d’être  mises  à  l’écart  dans  leurs  activités  paroissiales  et  diocésaines».

Un contre-témoignage

Dans leur Manifeste du 22 juillet en faveur des femmes dans l’Eglise catholique, les initiatrices affirment que «l’absence  des  femmes  en  situation  de  responsabilité  –  que  ce  soit  à  la gouvernance de nos paroisses, de nos diocèses, au Vatican ou comme ministres ordonnées – constitue un scandale autant qu’un contre-témoignage de l’Eglise. Cette immense injustice n’est pas un problème mineur mais blesse l’ensemble du corps ecclésial». (cath.ch/com/be)

Anne Soupa est l'une des initiatrices de la démarche des sept femmes catholiques | DR
22 juillet 2020 | 17:12
par Jacques Berset
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