Il sera possible de payer la quête avec son smartphone à l'église Saint François, à Genève dès le 27 janvier 2017. | © Paroisse St François.
Suisse
Il sera possible de payer la quête avec son smartphone à l'église Saint François, à Genève dès le 27 janvier 2017. | © Paroisse St François.

Genève: la quête via smartphone arrive à St-François-de-Sales

26.01.2018 par Bernard Hallet

Sortir son smartphone pendant la messe est plutôt mal vu. Ce ne sera plus le cas à la paroisse Saint François de Sales, à Genève dès le 27 janvier 2018. Les paroissiens l’utiliseront en effet pour participer à la quête, version 2.0. Une première en Suisse.

“Bien souvent des fidèles m’ont demandé comment faire pour rattraper la quête qu’ils avaient manquée, faute d’avoir de la monnaie sur eux”, sourit Gregory de Foy, jeune trésorier plutôt dynamique de la paroisse. L’interpellation récurrente dont il fait l’objet sur le parvis de l’église l’a fait réfléchir. Jusqu’à ce qu’il cherche sur internet une solution de paiement virtuel. C’était en septembre dernier.

“Je suis rapidement tombé sur le site de l’application pour smartphone ‘La quête’ ». Il n’a pas eu de peine à convaincre un Conseil de paroisse, plutôt jeune et ouvert aux innovations, de tenter le coup. D’autant plus que le système ne coûte rien, “exceptés les frais liés aux flyers distribués à l’église pour la pub”, et que l’application a l’avantage indiscutable de l’anonymat. Mais plus convaincant à ses yeux, le système ne requiert aucune installation particulière que nécessiterait un terminal de paiement classique: câblage, installation, raccordement au réseau, etc.

La facilité crée l’opportunité

Autre argument qu’avance Gregory de Foy : la facilité d’utilisation. “En quelques minutes, vous téléchargez l’appli sur votre smartphone, vous enregistrez vos coordonnées bancaires, vous sauvegardez et le tour est joué!”. Le don 2.0 s’effectue ensuite en quelques clics. La sécurité des transactions est garantie selon le trésorier. “La facilité crée l’opportunité!”. La facilité de paiement que permet l’application génère aussi des dons plus importants.

Le paiement se fait donc grâce à une application et via un smartphone. On ne parle pas ici du panier connecté dont le lancement dans une paroisse parisienne a récemment fait parler d’elle dans les médias. “Dans l’absolu, on pourrait donner à tout moment. Mais les études menées par les créateurs de l’application montrent que 90% des dons sont effectués pendant la messe, au moment de la quête”.

Certes on ne met pas de pièce dans le panier, mais on participe. Un geste virtuel pour la paroisse en somme. La tendance va s’accentuer avec la disparition progressive de l’argent liquide, assure Gregory de Foy.

Un geste virtuel pour la paroisse

Cela peut donner des idées pour des projets de plus grande ampleur pour lesquels le curé peut solliciter les fidèles. Ceux ayant la possibilité de payer immédiatement le font et sont plus généreux qu’avec un autre moyen de paiement. “Plus de bulletin de versement, plus besoin d’utiliser l’e-banking et de différer un don… qu’on ne fera peut-être pas au final”.

Les lumignons allumés à l’église, autre source de revenus des paroisses, ne sont pas encore concernés. En cause, le prix trop modeste au regard de la commission que l’opérateur prélève sur les transactions.

Pour revenir à la quête, le principe est le même que pour les paiements par carte de crédit. Même avec un prélèvement, cela vaut la peine de proposer ce mode de paiement virtuel. “Ce sont de toute façon des sommes que nous ne gagnerions pas sans l’appli. Cela reste intéressant pour la paroisse”.

Dès samedi 27 janvier 2018, les fidèles n’auront donc plus d’excuses pour éviter la quête. Le trésorier est optimiste. L’église est fréquentée par des jeunes, des couples et des jeunes familles. Autant de générations acquises à l’utilisation quotidienne du smartphone. Il ne se fait pas non plus de soucis pour les aînés. “Ce sont les quinquagénaires qui m’ont demandé de trouver une alternative à la petite monnaie pour la quête”. (cath.ch/bh)


“La quête”, une appli française

La paroisse Saint-François de Sales, à Genève se lance dans l’aventure du don 2.0. C’est une première en Suisse. L’application a vu le jour en France où 2’000 paroisses de 28 diocèses font déjà la quête 2.0. Les auteurs de l’appli travaillent en partenariat avec Stripe, une société américaine de recouvrement par internet, leader mondial du secteur. “La sécurité des dons est garantie à 100%”, assure le site. L’appli est téléchargeable gratuitement pour Androïd et iPhone. Elle permet également de se tenir informée de l’actualité de la paroisse.


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