Message de Frère Alois

Genève: Rencontre européenne de Taizé. Nombreuses personnalités attendues dimanche

Genève, 30 décembre 2007 (Apic) Au cours de la deuxième soirée de la Rencontre européenne qui réunit 40’000 jeunes à Genève jusqu’au 1er janvier, Frère Alois, le responsable de la Communauté de Taizé, a adressé un message aux jeunes qui remplissaient les espaces de Palexpo Genève. Dimanche soir, les nombreuses personnalités de toutes les Eglises chrétiennes en Suisse et à l’étranger seront là pour la prière.

Frère Alois, qui a succédé à Frère Roger à la tête de la communauté de Taizé, s’adressant aux dizaines de milliers de jeunes présents dans les halles 1 et 2 de Palexpo Genève, a commencé par dire aux jeunes que dans notre monde moderne, il est devenu difficile pour beaucoup de croire en Dieu. Car «l’existence de Dieu est vue souvent comme une limite imposée à la liberté humaine. Beaucoup de gens ont l’impression qu’il faut lutter seul pour construire sa vie, son bonheur. Une présence de Dieu leur semble inconcevable», a-t-il dit.

Racontant un récent voyage chez des frères vivant en Corée depuis trente ans, et se souvenant aussi de rencontres avec des jeunes dans d’autres pays de l’Asie du sud-est, il a été frappé par le fait que «la prière y est très naturelle à presque tout le monde». Dans les différentes religions, les gens ont spontanément dans la prière une attitude de respect, voire d’adoration, a-t-il ajouté.

S’interrogeant sur ce sens de l’intériorité sur ce respect devant le miracle de la vie, de la création, sur une attention au mystère, à un au-delà, même si dans ces sociétés, il n’y a pas moins de tensions ou de violences qu’en Occident.

Comment découvrir et toujours redécouvrir une relation personnelle avec Dieu ? s’est interrogé Frère Alois. «Il y a en nous tous la soif d’un infini, d’un amour pour toujours». Exhortant alors à «ne pas abandonner ce rêve. Dieu nous a créés avec ce désir d’un absolu. A nous d’y répondre en engageant notre vie».

Les croyants priaient dans les rizières, au Cambodge persécuté.

Vivre l’Evangile, cela suffit simplement pour nous mettre en route, a-t-il affirmé, en substance. La rencontre avec d’autres personnes qui le vivent aussi amène à «la beauté d’une communion dont nous faisons si fortement l’expérience ces jours».

Au Cambodge, a-t-il ajouté, j’ai entendu des témoignages émouvants de croyants qui ont tenu bon lors des persécutions. Dans les années 70, il y a eu un génocide atroce dans ce pays. Un quart de la population a disparu. Toute religion a été interdite, les temples et les églises détruits. Et pourtant des gens ont persévéré dans la foi. Un homme qui n’avait que douze ans à l’époque raconte que, tout en travaillant dans les rizières, il priait chaque jour le Notre Père, ’pour ne pas l’oublier’ comme il disait.

Frère Alois a continué en remarquant que beaucoup de jeunes semblent craindre des engagements à long terme. Il est vrai, a-t-il poursuivi, qu’»aujourd’hui nous nous sentons moins soutenus qu’autrefois par les traditions et les institutions. Le risque personnel est plus évident. C’est précisément pour cela que j’ai écrit une Lettre à qui voudrait suivre le Christ».

La crèche de Zillis, en Suisse, reproduite au plafond de Palexpo

Par le Christ, a-t-il continué, Dieu est venu vers nous «d’une manière inattendue : désarmé et même vulnérable. Regardons l’image admirable de la crèche suspendue devant nous. L’original est du XIIe siècle et se trouve à Zillis, en Suisse. Le plafond de la petite église de ce village est couvert de ces peintures dont vous voyez ici des copies. Est-ce que nous n’y discernons pas l’humilité, la profonde humanité de Dieu ?» s’est interrogé Frère Alois.

La longue liste des représentants de toutes les Eglises chrétiennes

La Rencontre de Taizé se poursuit par une grande prière dimanche soir 30 décembre à 19h. Avec des personnalités des Institutions chrétiennes suisses et internationales. (apic/com/vb)

30 décembre 2007 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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