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Honduras: L’Eglise catholique condamne les "rafles" de migrants aux Etats-Unis

La Pastorale de la Mobilité Humaine, une organisation de l’Église catholique au Honduras, a demandé à Barack Obama, de mettre fin aux «rafles» des migrants centraméricains et à leur expulsion.

«Nous demandons aux autorités des Etats-Unis qu’elles n’expulsent pas nos compatriotes», a déclaré Lidia Souza, représentante de la Pastorale de la Mobilité Humaine, lors d’une conférence de presse donnée à Tegucigalpa, la capitale de ce petit Etat d’Amérique Centrale. Selon cette dernière, les «rafles» sont en effet devenues une pratique courante aux Etats-Unis. La responsable a également déclaré qu’il était «triste et lamentable que des mères et leurs enfants soient expulsées».

Lidia Souza a toutefois précisé que ces expulsions sont appliquées aux migrants qui sont entrés irrégulièrement sur le territoire nord-américain à partir du 1er janvier 2014 et touchent plus particulièrement les familles qui font déjà l’objet d’un ordre d’expulsion délivrés par un juge. Le 6 janvier 2015, 19 mineurs expulsés des Etats-Unis, accompagnés de leurs mères, sont arrivés au Honduras.

Les migrants envoient des millions au pays

Les récentes «rafles» ont également été condamnées par le gouvernement du Honduras, bien que ce dernier ait récemment déclaré qu’il «respectait les mesures prises par les Etats-Unis». Le président du Honduras, Juan Orlando Hernández, a pour sa part donné des instructions aux consulats et à l’ambassade du Honduras aux Etats-Unis pour accompagner les compatriotes touchés par ces mesures d’expulsions.

D’après l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM), plus de 100’000 centraméricains, dont plus de 10’000 Honduriens, tentent chaque année d’entrer illégalement aux Etats-Unis. L’immigration représente d’ailleurs une manne économique importante, car les Honduriens vivant à l’étranger envoient en effet des millions de dollars chaque année au pays. Selon la Banque Interaméricaine de Développement, en 2014, cette somme correspondait à 18 % du PIB du Honduras. (cath.ch-apic/jcg/gr)

Le "Train de la mort" qui relie le sud du Mexique à la frontière avec les Etats Unis. Beaucoup de migrants honduriens l'empruntent.
14 janvier 2016 | 16:30
par Grégory Roth
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