Colombo, le 12 juin (ENIçEdmund Doogue) – L’an dernier, un groupe
HONG-KONG: LE SUCCES INATTENDU DE L’ART UTILISE COMME THERAPIE
d’artistes chrétiens de Hong-kong, les Garden Streams, a demandé à
l’hôpital Prince of Wales de Shatin, à Hong-kong, si des artistes de
l’association pouvaient décorer la salle de radiothérapie de l’hôpital par
des peintures murales.
L’idée de cette initiative revient, entre autres, à la présidente de ce
groupe, Evelyna Liang Kan. Née dans une famille de docteurs, elle rappelle
que «les hôpitaux ont été l’un de mes terrains de jeux, mais je n’ai jamais
aimé ce que j’y ai vu, même si – et cela peut para#tre surprenant – j’en ai
aimé l’odeur.»
Aujourd’hui, après seulement une année, le rêve d’égayer une salle
d’hôpital est devenu un grand projet à Hong-kong. Dès que cela s’est su,
d’autres hôpitaux ont téléphoné à l’association pour lui demander de
repeindre certaines de leurs salles.
«Au début nous pensions pouvoir décorer un hôpital par an», a précisé E.
Liang Kan. «Mais la demande était si forte que les artistes ont repeint des
salles dans 11 hôpitaux ces douze derniers mois.»
C’est l’hôpital qui donne les fournitures nécessaires, et les artistes sont
bénévoles.
Lorsque les artistes ont décidé de contacter l’hôpital Prince of Wales l’an
passé, Mme Liang Kan a décidé de repeindre tout d’abord la salle la plus
triste de l’hôpital, celle o# l’on traite les malades du cancer. C’est
pourquoi elle a choisi la salle de radiothérapie de l’hôpital, qui
respirait la même tristesse que toutes ces salles de radiothérapie o# l’on
traite les cancéreux.
«C’était dans le sous-sol; il semble d’ailleurs que toutes les salles de
radiothérapie soient au sous-sol. Les murs étaient jaunes et les patients
avaient la tête baissée et les mains crispées, comme s’ils attendaient la
mort», a-t-elle dit.
Un très grand groupe, mobilisé par Garden Streams – 12 artistes
professionnels, 60 étudiants en art et décoration, 60 enfants artistes et
12 prisonniers en liberté conditionnelle – ont passé 8 jours et 8 nuits à
décorer les murs de la salle en y peignant des paysages, des arbres et des
fleurs. Dans le pavillon des enfants, ils ont peint un animal familier à la
tête de chaque lit.
Pour Mme Liang Kan, il s’agit simplement de communiquer le message de Dieu
à tous ceux qui viennent dans cette salle, qúils soient chrétiens ou non.
«Il s’agissait d’abord de faire partager la beauté des couleurs de la
création de Dieu, et de redonner espoir aux malades.»
Le résultat est stupéfiant, reconna#t Mme Liang Kan. «Aujourd’hui, les
malades recommencent à sourire.» Les enfants ont demandé à être déplacés
dans les chambres décorées.
«Je sais que l’art est important pour soigner le coeur des patients»,
a-t-elle dit. «S’ils se sentent bien, leur santé s’améliore rapidement.»
Le 8 juin, Mme Liang Kan a déclaré aux membres de l’Association de l’art
chrétien en Asie (ACAA), réunis à Colombo, à Sri Lanka, que le gouvernement
de Hong-kong, par l’intermédiaire du Conseil des arts visuels de la ville,
s’était engagé, il y a deux semaines, à donner des fonds pour que Garden
Streams puisse nommer un coordinateur. «Nous avions peur que notre projet
ne soit bloqué, faute de moyens financiers, mais aujourd’hui nous pouvons
aller de l’avant.»
Les artistes ont accepté aussi de décorer 12 salles de l’hôpital chrétien
uni de la presqú#le de Kowloon, qui fait partie du territoire de Hong-kong,
ce qui réjouit particulièrement Mme Liang Kan, car le projet impliquerait
la participation d’artistes chrétiens de Chine.
En raison du succès de ces peintures murales, les médecins disent
aujourd’hui à Mme Liang Kan qúelle est «une thérapeute» qui soigne les
malades grâce à l’art, ce qúelle réfute car elle ne se dit pas qualifiée
dans ce domaine, même si elle a toujours désiré l’étudier.



