Jérusalem, le mur des lamentations (photo Maurice Page 2014)
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Jérusalem, le mur des lamentations (photo Maurice Page 2014)

Israël se définit comme "l'Etat-nation juif"

19.07.2018 par Maurice Page

Le parlement d’Israël a adopté le 19 juillet 2018 une loi définissant le pays comme “l’Etat-nation du peuple juif”. Ce texte suscite des accusations de racisme et d’apartheid envers les citoyens arabes qui forment 17,5% de la population du pays.

Adoptée par 62 voix contre 55, la loi fait de l’hébreu la seule langue officielle d’Israël, alors que l’arabe avait auparavant un statut identique. Elle déclare que l’établissement de “localités juives (sur le territoire israélien) relève de l’intérêt national” et proclame que Jérusalem est la capitale d’Israël, y compris la partie orientale de la ville annexée et occupée.

La loi labellise “l’Etat d’Israël comme l’Etat national du peuple juif où celui-ci applique son droit naturel, culturel, religieux, historique” précisant que “le droit d’exercer l’auto-détermination au sein de l’Etat d’Israël est réservé uniquement au peuple juif”.

L’article le plus controversé, qui évoquait la possibilité de créer des localités exclusivement réservées aux juifs, excluant les citoyens arabes israéliens, a en revanche été amendé. Les Arabes israéliens sont les descendants des Palestiniens restés sur leurs terres à la création d’Israël en 1948. Ils représentent 17,5% de la population du pays et se disent victimes de discriminations.

“Apartheid”

Le texte amendé spécifie que “l’Etat considère que le développement des localités juives relève de l’intérêt national et que l’Etat prendra les mesures pour encourager, faire avancer et servir cet intérêt”. Cette nouvelle formule, plus vague, a toutefois été également dénoncée avec force par l’opposition. “Israël ne veut pas de nous ici”, déclaré le député arabe Ayman Odeh, ajoutant que cette loi consacre le statut de “citoyen de seconde zone” des arabes israéliens.

Pour un autre député arabe, Youssef Jabareen, cette loi encourage “non seulement la discrimination, mais aussi le racisme. L’Etat hébreu agit comme “un mouvement juif colonial, qui poursuit la judéisation de la terre et continue à voler les droits de ses propriétaires”.Après l’adoption de la loi, des députés arabes ont déchiré le texte, avant d’être évacués de la salle.

En quittant la salle, les députés arabes Ahmed Tibi et Ayeda Touma-Souliman ont lancé au Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu : “Vous avez adopté une loi d’apartheid, une loi raciste”. “Pourquoi avez-vous peur de la langue arabe ?” a encore lancé M. Tibi au Premier ministre. Ce à quoi M. Netanyahu a répondu : “Comment osez-vous parler de cette manière de la seule démocratie au Moyen-Orient “.

Benjamin Netanyahu s’est lui félicité du vote. “C’est un moment décisif dans l’histoire de l’Etat d’Israël qui inscrit dans le marbre notre langue, notre hymne et notre drapeau”, a-t-il proclamé. La loi entre dans la catégorie des lois fondamentales qui font office de constitution en Israël.

Cette loi est “dangereuse et raciste par excellence”, a fustigé le secrétaire général de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) Saëb Erakat sur son compte Twitter, affirmant qu’elle légalisait “officiellement l’apartheid”. (cath.ch/ag/mp)


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