Suisse

Marguerite Bays canonisée le 13 octobre 2019

La Fribourgeoise Marguerite Bays sera canonisée le dimanche 13 octobre 2019 en compagnie du cardinal John Henry Newman et de trois autres bienheureuses. Le pape François l’a annoncé au cours d’un consistoire ordinaire public organisé le 1er juillet 2019 au Vatican.

Vingt-quatre ans après sa béatification, Marguerite Bays (1815- 1879) sera proclamée sainte le 13 octobre. Le 15 janvier 2019, le pape François avait autorisé le décret  concernant un deuxième miracle qui ouvrait la voie à la canonisation de la bienheureuse de Siviriez, après l’enquête diocésaine clôturée en mai 2014.

En plus de visions prémonitoires,  cette couturière, membre du Tiers-Ordre franciscain, a été miraculeusement guérie d»«un cancer et a reçu les stigmates aux mains, aux pieds et sur son côté, reconnus par la suite authentiques par une enquête médicale. Marguerite, qui a porté les stigmates pendant 19 ans, a souffert la Passion du Christ tous les vendredis. Sa mémoire liturgique est fêtée le 27 juin et chaque vingt-sept du mois, commémoration de sa mort, elle attire de nombreux fidèles en l’église de Siviriez, rappelle dans un communiqué le diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg.

Marguerite Bays, humble laïque tournée vers Dieu dans la prière

Marguerite Bays naît le 8 septembre 1815, à la Pierraz, hameau situé sur le territoire de la commune fribourgoise de Siviriez, dans le district de la Glâne, l’un des sept districts du canton de Fribourg. Humble laïque tournée vers Dieu dans une prière intense, proche de tous, elle exerce le métier de couturière, travaille au ménage et quelquefois aux champs. Elle meurt à la Pierraz le 27 juin 1879, vendredi de l’Octave du Sacré-Cœur.

Elle est béatifiée le 29 octobre 1995 par le pape Jean Paul II. «Il s’agit d’une femme toute simple, avec une vie ordinaire, en qui chacun de nous peut se retrouver. Elle n’a pas réalisé de choses extraordinaires, et, cependant, son existence fut une longue marche silencieuse dans la voie de la sainteté», déclarait Jean Paul II à cette occasion. «Nous découvrons ainsi la place importante de la prière dans la vie laïque. Elle n’éloigne pas du monde. Bien au contraire, elle élargit l’être intérieur, elle dispose au pardon et à la vie fraternelle. La mission vécue par Marguerite Bays est la mission qui incombe à tout chrétien», soulignait-il alors.

La fondation Marguerite Bays, avec la collaboration du postulateur romain et de l’évêché,  organise le pèlerinage à Rome avec l’aide d’une agence, ainsi que différentes cérémonies sur place: le samedi, une veillée de prière, et le lundi, une messe d’action de grâce. La messe solennelle de la canonisation, le dimanche 13 octobre 2019,  est organisée par le Vatican.

Des groupes de travail confiés à la responsabilité d’animateurs du diocèse planchent déjà sur toutes ces animations et organisations qui feront de cette canonisation une fête inoubliable. JB


John Henry Newman

Le 2 mai 2019, le pontife avait convoqué un consistoire ordinaire public. Tous les cardinaux résidants à Rome ont donc été conviés ce 1er juillet au Vatican pour approuver certaines causes de canonisation. Parmi elles, celles de quatre femmes – Dulce Lopes Pontes, Giuseppina Vannini, Maria Teresa Chiramel Mankidiyan et Marguerite Bays – mais aussi celle du cardinal John Henry Newman (1801-1890).

Né dans une famille anglicane, ce dernier est d’abord ordonné prêtre anglican, avant de se convertir au catholicisme. Celui qui fondera la congrégation de l»«Oratoire de saint Philippe Néri en Angleterre sera canonisé le 13 octobre prochain grâce à la reconnaissance d’un second miracle: la guérison d’une femme américaine, sauvée d’une grossesse à risque, ainsi que de l’enfant qu’elle attendait. Ce miracle a été reconnu en 2019.

En 2010, un premier miracle de la guérison d’un diacre, lui aussi américain, avait été reconnu. En béatifiant le cardinal John Henry Newman, Benoît XVI avait alors salué «son intelligence fine et sa plume féconde» ainsi que «ses intuitions sur le rapport entre foi et raison, sur la place vitale de la religion révélée dans la société civilisée».

Une Italienne, une Brésilienne et une Indienne

Lors du même consistoire a été en outre approuvée la canonisation de la bienheureuse italienne Giuseppina Vannini (1859-1911), fondatrice des Filles de Saint-Camille, prolongation féminine de l’ordre des Clercs réguliers ministres des infirmes, de saint Camille de Lellis (1550-1614). Le pape Jean Paul II l’avait proclamée bienheureuse en 1994.

De même, la bienheureuse brésilienne Dulce Lopes Pontes (1914-1992), religieuse de la Congrégation des Sœurs missionnaires de l’Immaculée Conception de la Mère de de Dieu, fera partie de la cohorte des canonisés du 13 octobre. De santé fragile, elle est surtout connue pour son action envers les plus pauvres, notamment grâce à la fondation de l’hôpital Santo Antonio à Salvador (Brésil).

Enfin, les cardinaux ont également donné leur accord à la canonisation de la bienheureuse Marie Thérèse Chiramel Mankidyan (1876-1926), religieuse indienne, fondatrice des Sœurs de la Sainte-Famille de Thrissur (Inde). Les principaux objectifs de cette congrégation sont l’éducation des filles, l’assistance aux malades ou encore l’aide aux plus nécessiteux. (cath.ch/imedia/pad/be)

messe du bicentenaire de la naissance de la bienheureuse Marguerite Bays à Siviriez (photo Maurice Page)
1 juillet 2019 | 17:00
par Jacques Berset
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