Suisse

Le cardinal Barbarin à Fribourg : «Adorer c'est aimer +++»

Fribourg, 26.09.2015 (cath.ch-apic) «Etre sous le regard de Dieu est la seule chose qui compte». C’est ce qu’a rappelé le cardinal Philippe Barbarin le 26 septembre 2015, lors de la 9e journée eucharistique à l’église des cordeliers de Fribourg. Pour le primat des Gaules, adorer Dieu selon le premier des commandements bibliques, c’est «aimer +++.»

Quelques centaines de personnes avaient rallié l’église des cordeliers de Fribourg, pour cette 9e journée eucharistique placée sous le thème: «Adoration eucharistique, porte d’entrée de la miséricorde». Organisée par l’adoration perpétuelle, la communauté des cordeliers, la fraternité Eucharistein, la communauté du Verbe de vie, l’aumônerie de Fribourg et l’unité pastorale Notre Dame, la rencontre a permis d’alterner temps de prières et d’adoration, enseignement et moments d’échanges fraternels.

Jeter une ancre dans le ciel

«Pour que notre vie sur terre se passe bien, il faut jeter une ancre dans le ciel», a relevé d’emblée le cardinal Barbarin, orateur du jour. «Il faut que notre vie soit ordonnée dans la vision de Dieu.» Commentant les mots d’adoration et de miséricorde, le prélat a développé une catéchèse imagée. Le premier des commandements de la Bible – Mgr Barbarin leur préfère l’appellation ‘paroles de vie’ – demande d’adorer Dieu seul. «Cela devrait nous suffire car les neuf autre paroles en découlent directement: aimer, ne pas tuer, ne pas voler, ne pas mentir, ne pas être jaloux. ” Selon une sentence juive, «ce n’est pas nous qui gardons les commandements, ce sont eux qui nous gardent».

Lent à la colère et plein d’amour

L’adoration se porte envers un Dieu qui se définit lui-même comme ‘Dieu de tendresse et de pitié, lent à la colère et plein d’amour’, selon la révélation à Moïse dans le livre de l’Exode. Pour le cardinal, cette définition est la plus belle explication de la miséricorde. Il déplore que le mot se soit un peu galvaudé en commisération, en pitié un peu condescendante. «En hébreu, le mot tendresse évoque les entrailles, Dieu nous aime donc comme une mère. Pour dire Dieu, les Malgaches utilisent un terme qui signifie à la fois père et mère.»

Quant à la pitié, elle résonne comme un appel à Dieu: ‘Aime-moi quand même!». Le ‘lent à la colère’ peut paraître étonnant. Dieu peut-il se mettre en colère ? «Oui répond Mgr Barbarin, lorsqu’il n’a plus d’autres moyens pour nous faire comprendre son amour, il peut utiliser un marteau-piqueur pour briser la carapace de béton dans laquelle nous nous sommes enfermés.»

Le ‘plein d’amour’ signifie la surabondance, explique encore Mgr Barbarin. L’archevêque de Lyon fait l’analogie avec les réfugiés du Proche-Orient accueillis par les communautés chrétiennes. «Ils montrent une reconnaissance totale, car ils se sentent aimés», s’émerveille-t-il.

Pour le cardinal, adoration et miséricorde sont enfin deux réalités très importantes dans le dialogue interreligieux en particulier avec le musulmans qui évoquent «Allah, le clément, le miséricordieux».

Après la messe et le pique-nique, la rencontre s’est prolongée dans la soirée par une veillée eucharistique. (apic/mp)

Le cardinal Philippe Barbarin, archevêque de Lyon, reçu par le pape avec les prêtres lyonnais
26 septembre 2015 | 18:21
par Maurice Page
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