Cardinal Oscar Andrés Rodriguez Maradiaga, archevêque de Tegucigalpa (Photo:  archevêché de Tegucigalpa)
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Cardinal Oscar Andrés Rodriguez Maradiaga, archevêque de Tegucigalpa (Photo: archevêché de Tegucigalpa)

Le cardinal hondurien Maradiaga s'estime "diffamé" par L'Espresso

23.12.2017 par Jacques Berset, cath.ch

Le cardinal Oscar Andrés Rodriguez Maradiaga s’estime “diffamé” par L’Espresso.  L’archevêque de Tegucigalpa, au Honduras, a en effet qualifié de “diffamatoire” un article du magazine italien du 21 décembre 2017, l’accusant d’avoir reçu personnellement des dizaines de milliers d’euros de l’Université catholique de la capitale hondurienne (UNICAH) en tant que Grand chancelier.

Sur le site internet de l’archidiocèse de Tegucigalpa, le cardinal Maradiaga  affirme que les accusations de l’hebdomadaire italien viennent de “personnes opposées à la réforme de la curie romaine qui veulent me calomnier pour que je cesse ce service” à l’Eglise et au pape François.

La “voix des pauvres”

S’exprimant au nom de l’archidiocèse de Tegucigalpa, le Père Carlos Rubio a rejeté les accusations de L’Espresso, rappelant que l’Université catholique, qui appartient à l’Eglise, appuie économiquement “tous les évêques et pas seulement le cardinal, pour aider les diocèses”.

Membre et coordinateur du C9, la commission des neuf cardinaux nommés par le pape François pour l’aider dans le gouvernement de l’Eglise universelle, le cardinal hondurien riposte dans une interview accordée à l’agence de presse catholique anglophone CNA, appartenant au groupe catholique états-unien EWTN Global Catholic Network. Représentant la “voix des pauvres”, considéré comme un proche du pape François, le cardinal Oscar Andrés Rodriguez Maradiaga a affirmé que les sommes d’argent en question servaient aussi à aider le travail pastoral de l’Eglise.

Une enquête du Saint-Siège

Le Saint-Siège a cependant enquêté sur des accusations de malversations financières à l’encontre du cardinal Oscar Maradiaga, mais les résultats ne sont pas connus. Le directeur du Bureau de presse du Saint-Siège a confirmé à I.MEDIA le 22 décembre 2017 que cette enquête avait été demandée par le pape François lui-même. Selon des informations parues dans l’hebdomadaire L’Espresso, un visiteur apostolique, l’évêque argentin Mgr Jorge Pedro Casaretto, a été envoyé au Honduras en mai dernier, pour enquêter sur des allégations concernant le cardinal Maradiaga

Le prélat aurait ainsi perçu environ 35’000 euros par mois pendant des années, dont 500’000 euros pour la seule année 2015. Au total, il aurait touché plus d’un million d’euros. Sommes qui auraient été investies dans des fonds anglais, notamment Leman Wealth Management, et dont une partie aurait disparu.

“Pas un acte de corruption”

Le cardinal a expliqué à CNA que l’Université catholique est la propriété de l’archidiocèse de Tegucigalpa et que lui-même n’a même pas le pouvoir de la vendre. “Nous l’avons fait grandir jusqu’à ce que nous ayons 11 campus dans le pays afin que nous puissions aussi aider le travail pastoral de l’Eglise”. Il souligne que l’archidiocèse dispose d’un Conseil économique qui décide des investissements. Pour le Père Rubio, “recevoir ces aides de l’Université n’est pas un acte de corruption, parce que l’argent ne vient pas de l’Etat, mais c’est de l’argent d’une institution qui dépend de l’Eglise”.

Le cardinal hondurien a confirmé pour sa part que le montant mensuel versé par l’Université catholique et mentionné par L’Espresso était plus ou moins celui qu’il recevait. Cet argent permet d’apporter une aide financière destinée aux  séminaristes, à la construction et à la réparation d’églises, aux prêtres des paroisses rurales “qui n’ont pas assez d’argent pour survivre”.

L’argent qu’il reçoit de l’Université catholique du Honduras, a poursuivi le cardinal, sert aussi à acheter  les véhicules des paroisses et à payer les frais de santé des prêtres, “puisque aucun d’entre nous n’a de salaire”. Le cardinal Oscar Maradiaga relève que ces fonds ne sont pas à son nom mais à celui de l’archidiocèse. “Vous pouvez consulter les prêtres, a-t-il ajouté, soulignant que ces fonds aident aussi de nombreux pauvres qui viennent tous les jours chercher de l’aide”.

“Calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose”

Le cardinal Maradiaga a également révélé qu’il y a plus d’un an, il a dû révoquer un administrateur à l’Université “parce qu’il était en train de voler”. Peu de temps après un pamphlet anonyme a publié une série de diffamations similaires aux accusations que publie en ce moment L’Espresso.

 “Calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose”, lance-t-il, avant de se demander quel but vise cette diffamation diffusée et réfutée en justice au Honduras il y a un plus d’un an. “Pourquoi la publier maintenant, alors qu’il n’y a plus que 8 jours avant que je présente ma démission au Saint-Père et que j’aurai 75 ans?” Le cardinal Oscar Andrés Rodriguez Maradiaga aura en effet 75 ans le 29 décembre 2017 et, conformément au droit canonique, il démissionnera de son poste d’archevêque de Tegucigalpa pour avoir atteint la limite d’âge.

L’article de L’Espresso a été publié  le 21 décembre, le jour même du discours du pape François à la curie. Lors de cette intervention, le pontife avait en particulier sévèrement critiqué les “traîtres à la confiance”. (cath.ch/aci/cna/imedia/be)


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