Les milieux politiques au cœur de la controverse
Etats-Unis: Les propos d’Obama sur le centre islamique près de «Ground Zero» font polémique
Washington, 18 août 2010 (Apic) L’ancien président de la Chambre des représentants des Etats-Unis Newt Gingrich, pressenti comme un potentiel candidat républicain à l’élection présidentielle de 2012, a accusé Barack Obama de «flatter l’islam radical». Newt Gingrich a ajouté: «Les nazis n’ont pas le droit de mettre d’affiches près du musée de l’holocauste à Washington.»
Le président des Etats-Unis a tenu ses propos lors d’un dîner présidentiel organisé le 13 août à la Maison-Blanche à l’occasion de la fête musulmane du ramadan. Dans son discours, Barack Obama a salué l’attachement «inébranlable» à la protection de la liberté religieuse dont font preuve les Etats-Unis.
Le lendemain, Barack Obama a précisé qu’il ne s’était pas prononcé «sur l’opportunité de la décision d’édifier une mosquée près du site des attentats du 11-septembre», mais il évoquait plutôt très spécifiquement «le droit dont jouissent les gens depuis la fondation même de notre pays. C’est l’essence même de ce pays».
Le maire de New York Michael Bloomberg – qui est juif – a déclaré à la presse le 16 août qu’il souhaitait réitérer son soutien au projet de centre islamique. «Si nous fermons à grands cris une mosquée et un centre communautaire parce qu’ils se trouvent à deux rues du site où la liberté a été attaquée, je crois que ce serait un triste jour pour les Etats-Unis», a-t-il affirmé.
Bien que les responsables religieux des Etats-Unis n’aient pas encore officiellement commenté les propos du président Obama, plusieurs personnalités ont condamné ce qu’ils considèrent comme une hostilité croissante envers les musulmans aux Etats-Unis.
«On ne peut tout simplement pas tolérer que Newt Gingrich et [l’ancienne candidate à la vice-présidence du pays pour le Parti républicain] Sarah Palin, des personnalités publiques qui font souvent référence à leurs valeurs chrétiennes, calomnient tous les musulmans en comparant ce centre culturel et cette mosquée avec une idéologie radicale qui a entraîné les horribles attentats du 11-septembre», a déclaré sœur Simone Campbell, qui est à la tête de NETWORK, un lobby catholique romain national pour la justice sociale.
Les milieux politiques sont au cœur de la controverse, a affirmé Omid Safi, professeur d’études islamiques à l’Université de Caroline du Nord à Chapel Hill, selon l’agence Religion News Service, cité par l’Agence ENI. «Au fond, a-t-il dit, le débat ne porte pas sur les musulmans. Il s’agit d’un débat dans lequel les musulmans sont utilisés comme le ballon d’une partie entre deux visions concurrentes des Etats-Unis». (apic/eni/pr)



