Taipei, la capitale de Taïwan | wikimedia commons CC BY 2.0
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Taipei, la capitale de Taïwan | wikimedia commons CC BY 2.0

Les Taïwanais se prononcent contre le mariage homosexuel

03.12.2018 par Maurice Page

Les Taïwanais ont massivement rejeté le 24 novembre 2018 l’ouverture du mariage aux couples homosexuels. Selon les résultats officiels le non l’a emporté à 67,26%. Dans le même temps, 72,48% des Taïwanais se sont prononcés pour limiter la définition du mariage à l’union entre un homme et une femme. L’Alliance pour le bonheur de la prochaine génération, qui rassemble notamment des groupes religieux chrétiens et bouddhistes, s’est félicitée du résultat.

Les Taïwanais étaient invités à se prononcer par référendum sur trois objets: la légalisation du mariage pour les couples de même sexe, la définition du mariage dans le code civil comme l’union entre un homme et une femme et les programmes d’éducation sexuelle à l’école, rapporte l’agence d’informations Eglises d’Asie.

Plusieurs tentatives de légiférer en faveur du mariage homosexuel ont été menées depuis le début des années 2000, jusque-là sans succès, les projets soulevés ayant été tour à tour rejetés ou ajournés, faute d’un consensus social suffisamment abouti.

L’union de personnes de même sexe

Le statut de ces référendums populaires n’est cependant pas décisionnel, le parlement ayant le dernier mot pour l’élaboration des lois. Les groupes opposés au mariage homosexuel admettent le principe d’une loi spécifique pour l’union des personnes de même sexe, mais sans toucher à la définition du mariage.

La question de l’ouverture du mariage aux couples de même sexe avait pris une nouvelle tournure en mai 2017 avec un arrêt de la Cour constitutionnelle, jugeant que la définition du mariage donnée par le code civil violait la Constitution. Les juges ont alors accordé deux ans au parlement pour opérer les changements nécessaires et autoriser l’union des couples de même sexe, sans se prononcer cependant sur la forme à adopter. L’exécutif dispose désormais d’un délai de trois mois pour formuler un projet de loi conforme à la fois à l’injonction de la Cour constitutionnelle et à la volonté populaire.

Les communautés chrétiennes, qui ne forment que 4% de la population mais disposent d’une influence importante, ont salué le soutien majoritaire à protéger la définition du mariage dans le code civil. Si les Églises protestantes soutiennent la mise en place d’une union civile spécifique pour les couples de même sexe, l’Église catholique y est opposé. Elle argue que la loi sur la famille dans le code civil taïwanais autorise déjà la vie commune des personnes de même sexe et protège de facto leurs droits, sans avoir à modifier le statut du mariage ni créer une loi spécifique d’union à leur égard. (cath.ch/eda/mp)


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