Marie Collins a été membre de la commission pontificale pour la protection des mineurs | © AP Andrew Medichini/Keystone
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Marie Collins a été membre de la commission pontificale pour la protection des mineurs | © AP Andrew Medichini/Keystone

Marie Collins: sans mesures concrètes, ce sommet sera une ”occasion manquée”

21.02.2019 par Claire Guigou, I.MEDIA

Un évêque permettant à un prêtre de ”continuer à abuser d’autres victimes”, devrait être, comme l’auteur de ces abus, renvoyé de l’état clérical, assure Marie Collins. Cette victime d’abus sexuels par un prêtre a été membre de la Commission pontificale pour la protection des mineurs de 2014 à 2017. L’Irlandaise de 72 ans s’exprime alors qu’est inauguré au Vatican le sommet sur la protection des mineurs dans l’Eglise.

Pensez-vous que la condamnation de l’ex-cardinal Theodore McCarrick soit une étape significative dans la gestion de la crise des abus, ou un cas isolé?
Cela représente une étape significative car cette condamnation montre qu’un clerc peut être sévèrement sanctionné, et ceci quel que soit son rang. Cependant, ce n’est que lorsque le comportement de ce cardinal a été connu, après la vague d’indignations des catholiques des Etats-Unis, que cette sanction a été appliquée. Si elle ne découle d’aucune pression publique, la prochaine sanction devrait toutefois avoir plus de sens.

Qu’attendez-vous de ce sommet sur la protection des mineurs, en particulier en matière de droit canon?
Mes attentes sont faibles concernant les décisions relatives aux modifications du droit canon dans un avenir proche. Selon moi, la tolérance zéro devrait être rapidement inscrite dans le droit canon, mais en dépit de toutes les promesses faites, je crois que ce ne sera pas le cas avant longtemps. J’espère que je me trompe.

Selon vous, qu’est-ce qui fera de ce sommet un succès ou un échec?
La réunion porte principalement sur l’éducation et la sensibilisation des participants aux abus sexuels. Cependant, si ce sommet se termine sans feuille de route concrète concernant les principes de responsabilité, de tolérance zéro et de transparence avec un calendrier à tenir, cela restera une occasion manquée.

Quelles responsabilités et sanctions exigez-vous envers les évêques accusés de couvrir des abus sexuels?
Si, par négligence ou en dissimulant délibérément un fait, un évêque permet à un prêtre de continuer à abuser d’autres victimes, alors que ce prêtre est reconnu comme un agresseur, la sanction appliquée devrait être la même que pour l’auteur des agressions: le renvoi de l’état clérical.

Comment les victimes peuvent-elles être prises en compte au cours de ce sommet?
Les victimes doivent être impliquées autant que possible pour aider l’Eglise à comprendre ce qui doit être fait et comment les futures victimes peuvent être prises en charge. (cath.ch/imedia/cg/rz)


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