Mgr Alain de Raemy, l'évêque des jeunes, ici aux JMJ de Pologne, se dit stimulé par le document qu'on donné les jeunes. | © Pierre Pistoletti
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Mgr Alain de Raemy, l'évêque des jeunes, ici aux JMJ de Pologne, se dit stimulé par le document qu'on donné les jeunes. | © Pierre Pistoletti

Mgr Alain de Raemy: "Je serai heureux de voir des surprises sortir du Synode des Jeunes"

20.09.2018 par Roland Juchem CIC / traduction adaptation Maurice Page

Mgr Alain de Raemy sera l’un des quelque 200 évêques participant au Synode des évêques sur les jeunes au Vatican du 3 au 28 octobre. L’évêque des jeunes se dit “heureux de découvrir quelque chose de nouveau, grâce à la dynamique du Synode, grâce à notre prière commune pour reconnaître la volonté de Dieu.”

A quelques jours de la rencontre, l’évêque auxiliaire de Lausanne, Genève et Fribourg, s’est entretenu avec l’agence catholique CIC à Rome sur ses préparatifs et ses attentes.

Comment vous préparez-vous pour le Synode ?
Alain de Raemy: La meilleure préparation est la rencontre avec les jeunes, et heureusement, j’ai souvent cette opportunité. Qu’il s’agisse des responsables des associations ou des communautés de Suisse romande ou de Suisse alémanique. Le Tessin est un peu plus loin pour moi. En outre, je rencontre constamment des jeunes, grâce aux confirmations que je célèbre. Chaque jeune qui demande la confirmation écrit une lettre personnelle à l’évêque. Avec environ 25 confirmations par an, je reçois bien 700 lettres que je lis toutes.

Photo souvenir avec les jeunes Vaudois sur le parvis de la cathédrale de Fribourg. | © B. Hallet

Quelle impression avez-vous du document de travail qui sert de base aux délibérations du Synode (instrumentum laboris) ?
Ces documents préparatoires tentent toujours de tout saisir. Le document est très large – presque trop large. Vous essayez d’aborder tous les sujets et vous ne traitez aucun d’entre eux correctement. Mais c’est normal. Nous devons regarder plus tard- avec la dynamique du Synode – dans quelle direction nous nous dirigerons. Quels seront les accents? Cela ne laisse pas vraiment prévoir.

“La pression de la performance à l’école et la pression des médias sociaux.”

Quelque chose vous manque-t-il dans ce document ?
Non, justement pas. Mais certains sujets jugés importants par l’Europe ou la Suisse sont traités tros brièvement: par exemple, la pression de la performance à l’école ou de la part des parents, ainsi que la pression de l’apparence, la pression des médias sociaux pour être toujours connectés. Nous avons un taux de suicide élevé chez les jeunes en Suisse. Ce thème est mentionné dans le document, mais seulement très brièvement.

Les évêques allemands emmènent des conseillers à Rome avec eux. Vous aussi ?
Non, je n’emmène personne avec moi. Nous sommes un petit pays avec peu de moyens pour l’Eglise (rires). A cet effet, nous prévoyons des liaisons par Skype lors d’occasions spéciales de la pastorale des jeunes au niveau cantonal. Et j’aurai un contact permanent avec deux responsables des organisations faîtières de jeunesse. Tous deux ont prévu de venir brièvement à Rome. Il s’agit de Claire Jonard en Suisse romande, nouvelle responsable des projets généraux de la pastorale des jeunes et des vocations, et de Viktor Diethelm, responsable du travail pour la jeunesse en Suisse alémanique.

Mgr Alain de Raemy, évêque auxiliaire de Lausanne, Genève et Fribourg (Photo: Pierre Pistoletti)

“J’ai hâte de découvrir de nouvelles choses”

Les Pères synodaux livreront finalement au pape une synthèse de leurs délibérations. Quelle phrase, quelle affirmation aimeriez-vous particulièrement voir reprise et soulignée par François?
(rires) J’ai exactement l’attitude opposée. Je suis heureux de découvrir quelque chose de nouveau, grâce à la dynamique du Synode, grâce à notre prière commune pour reconnaître la volonté de Dieu. Je suis heureux de découvrir quelque chose que je ne peux même pas encore imaginer. Qu’il en sorte quelque chose qui nous surprendra tous. Un synode n’est pas un parlement où l’on veut faire passer une opinion, mais un lieu où l’on veille à ce que le plus grand nombre de personnes possible se rencontrent.

“Un synode n’est pas un parlement.”

En ce moment, on parle beaucoup d’abus et de dissimulation dans l’église. Avez-vous l’impression que cela nuit à la crédibilité de l’Église auprès des jeunes ?
Avec les responsables, bien sûr. Je ne suis pas sûr pour les autres jeunes. Dans les lettres des confirmands, qui ont entre 15 et 20 ans, ce thème n’apparaît pas. Cela se produit davantage dans le monde des médias des adultes que dans celui des jeunes.

Le thème jouera-t-il néanmoins un rôle au synode ?
Oui, ce sera le cas. En ce moment, nous sommes si fortement imprégnés par ce sujet qu’il sera certainement abordé. (cath.ch/cic/mp)


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