Le grand mufti de Bosnie et Gottfried Locher ont signé le "Sarajevo Message" (Photo:Armin Causevic/Reformiert)
Suisse
Le grand mufti de Bosnie et Gottfried Locher ont signé le "Sarajevo Message" (Photo:Armin Causevic/Reformiert)

Les musulmans bosniaques déclarent leur attachement aux valeurs suisses

16.05.2017 par Raphaël Zbinden

Le président de la Fédération des Eglises protestantes de Suisse (FEPS), Gottfried Locher, s’est rendu à Sarajevo à l’invitation du chef des musulmans bosniaques. Les deux chefs religieux ont signé une déclaration commune, dans laquelle les musulmans bosniaques revendiquent la démocratie, l’Etat de droit et l’égalité des droits, à l’image de ce qui se pratique en Suisse.

Le président de la FEPS et le grand mufti Husein Kavazović, chef spirituel des musulmans bosniaques indigènes et de l’étranger, ont signé le 12 mai 2017 le document intitulé le “Sarajevo Message”. Le geste a été accompli sous les yeux du président bosniaque Bakir Izetbegović, rapporte la FEPS dans un communiqué du 16 mai. Les musulmans du pays déclarent dans le document leur attachement aux valeurs typiques de la Suisse. Il mentionne explicitement que tous les êtres humains sont libres de choisir leur religion. Le terrorisme motivé par la religion quelle qu’elle soit y est expressément condamné.

Un symposium de pasteurs et d’imams en Suisse?

La visite de Gottfried Locher a rencontré un très large écho dans les médias de Bosnie-Herzégovine, assure la FEPS. Husein Kavazović a souligné que les musulmans bosniaques se sentent appartenir à l’Europe. Ils s’inquiètent de l’influence croissante des Etats du Golfe dans leur pays. Pour eux, il est nécessaire de renforcer les relations avec l’Union européenne et la Suisse.

Gottfried Locher s’est montré impressionné par la formation académique de l’imam, qui a étudié à la faculté islamique de Sarajevo. “Cet islam européen, soutenu par une réflexion académique, peut être un partenaire pour nous, protestantes et protestants de Suisse”, a-t-il affirmé. Le président de la FEPS a suggéré d’organiser un symposium de pasteurs réformés et d’imams bosniaques en Suisse l’an prochain.

Pas d’alternative au dialogue

Gottfried Locher a visité par ailleurs l’exposition permanente sur le génocide de Srebrenica. Ce crime de guerre commis en juillet 1995 a coûté la vie à plus de 8’000 bosniaques. Aujourd’hui, les tensions entre les groupes de la population sont toujours perceptibles et constituent encore une menace pour la cohésion nationale.

Le président de la FEPS s’est montré d’autant plus impressionné par le travail du Conseil interreligieux. Les représentantes et représentants des Eglises catholique et orthodoxe ainsi que des communautés juives et musulmanes ont présenté leurs projets en faveur de la rencontre, de la formation et de la réconciliation. “Les communautés religieuses réussissent là où le politique est semble-t-il encore incapable d’agir”, a souligné Gottfried Locher lors de son entretien avec Andrea Rauber, ambassadrice de Suisse en Bosnie-Herzégovine. “Ici le dialogue interreligieux contribue de manière directe à la paix politique. La paix religieuse est une question de survie. Par conséquent, les musulmans et les chrétiens dialoguent ensemble. Il n’existe pas d’alternative à ce dialogue, ni en Bosnie, ni en Suisse”, a-t-il martelé. (cath.ch/com/rz)


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