«Nouvelle étape» dans les relations entre Rome et Moscou

L’Eglise catholique romaine et l’Eglise orthodoxe russe ont élevé leurs relations «à un nouveau palier», a estimé le patriarche Cyrille 1er de Moscou, le 22 août 2017, à l’issue de sa rencontre avec le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’Etat du Vatican.

Diplomatie et œcuménisme étaient le 22 août au cœur de la deuxième journée en Russie du cardinal Pietro Parolin. L’envoyé du pape François a rencontré le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov en matinée, avant d’être reçu l’après-midi par le patriarche Cyrille.

Avec le ministre des Affaires étrangères, rapporte Radio Vatican, il a été question à la fois des préoccupations internationales, comme la grave crise au Venezuela, où Moscou peut contribuer à l’apaisement, et de la vie de l’Eglise catholique en Russie, notamment le problème des visas accordés avec difficulté aux religieux étrangers.

«Salut mon frère Cyrille»

La rencontre entre le cardinal Parolin et le patriarche Cyrille, au monastère Danilovski à Moscou, est «une rencontre œcuménique hautement symbolique qui témoigne du dégel dans les relations entre le Vatican et le patriarcat orthodoxe de Moscou», souligne la «radio du pape». Le patriarche Cyrille parle d’une «nouvelle étape» dans les relations entre Rome et Moscou.

L’événement le plus significatif depuis la rencontre entre le pape François et le patriarche Cyrille à Cuba le 12 février 2016 a été pour le chef de l’Eglise orthodoxe russe la translation de reliques majeures de saint Nicolas – très vénéré en Orient – qui  a attiré des centaines de milliers de personnes, du 21 mai au 12 juillet dernier. Cet événement est le fruit d’un accord entre le pape François et le patriarche de Moscou.

Le pape François avait demandé à son secrétaire d’Etat, avant son départ, de saluer son «frère Cyrille, patriarche de Moscou et de toutes les Russies». C’est ce qu’a fait le cardinal Parolin en arrivant à la résidence du patriarche dans la capitale russe. La réponse est arrivée avec le sourire, en italien «grazie», merci, a dit le patriarche. Mais outre les politesses, la rencontre a été riche.

Des espaces pour des démonstrations d’unité

Les deux hommes ont évoqué les convergences entre le Saint-Siège et l’Eglise orthodoxe russe sur plusieurs questions, notamment dans le domaine de l’assistance humanitaire aux populations victimes des conflits au Proche-Orient. Cette priorité «ouvre des espaces pour des démonstrations d’unité».

Le conflit en Ukraine a également été au menu de la rencontre pour souligner que les Eglises doivent absolument avoir un rôle pacificateur entre Kiev et Moscou. Sur l’Ukraine toutefois, des divergences existent toujours concernant la très délicate question des relations avec les quatre millions de gréco-catholiques, en froid avec le Patriarcat de Moscou.

Point positif, pour Radio Vatican: «ce n’est pas aujourd’hui un dossier qui fait obstacle au dialogue. On est donc totalement dans la suite de la rencontre entre le pape François et le patriarche Cyrille à Cuba le 12 février 2016. Les deux responsables religieux avaient signé une déclaration commune s’engageant à œuvrer pour la paix et à progresser vers le rétablissement de l’unité voulue par Dieu». (cath.ch/interfax/radvat/be)

 

 

Le patriarche Cyrille, chef de l'Eglise orthodoxe russe, reçoit le cardinal Parolin
23 août 2017 | 10:32
par Jacques Berset
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