Cardinal Seán Patrick O'Malley,archevêque de Boston et président de la Commission Pontificale pour la Protection des Mineurs (Photo: archevêché de Boston)
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Cardinal Seán Patrick O'Malley,archevêque de Boston et président de la Commission Pontificale pour la Protection des Mineurs (Photo: archevêché de Boston)

Le pape François reconduit et élargit la Commission Pontificale pour la Protection des Mineurs

17.02.2018 par I.Media

Le pape François a confirmé le cardinal Sean O’Malley, archevêque de Boston, comme président de la Commission Pontificale pour la Protection des Mineurs  (CPPM), en charge notamment de la lutte contre les abus sexuels et la pédophilie. Le pape a nommé neuf nouveaux membres et en a conservé sept autres, reconduisant ainsi la Commission, a informé le Saint-Siège le 17 février 2018.

Les nouveaux membres, parmi lesquels figurent des victimes d’abus sexuels, s’engageront dans l’écoute des victimes, notamment lors de la session d’ouverture de leur assemblée plénière, en avril prochain. Cette démarche se poursuivra sur le long terme avec l’objectif de créer un “groupe consultatif international des survivants”, une structure qui suivrait le modèle du “Survivor Advisory Panel”, mis en place par la Conférence des évêques d’Angleterre et du Pays de Galles.

Cette commission pontificale avait été instituée par le pape François le 22 mars 2014, un an après son élection sur le trône de Pierre. Le pontife avait précisé que son devoir spécifique était de lui proposer “les initiatives les plus opportunes pour la protection des mineurs et des adultes vulnérables, et de réaliser tout ce qui est possible pour assurer que des crimes comme ceux qui sont arrivés n’aient plus à se répéter dans l’Eglise”.

Le cardinal Sean O’Malley

Le mandat des membres de la (CPPM), dont celui du cardinal O’Malley, avait expiré le 17 décembre 2017. Il a ainsi été reconduit pour trois ans. “Le Saint-Père a assuré la continuité du travail de notre commission, s’est réjoui le prélat dans un communiqué. Sa mission principale, a-t-il rappelé, est “d’assister les Eglises locales du monde entier dans leurs efforts pour protéger” toutes les victimes d’abus sexuels.

Le cardinal O’Malley a donc été confirmé à cette charge un peu moins d’un mois après avoir apporté le 20 janvier dernier son soutien aux victimes d’abus sexuels au Chili, se démarquant du pontife. Ce dernier avait demandé “des preuves” à ceux qui reprochent à Mgr Juan Barros de n’avoir pas dénoncé les abus sexuels d’un prêtre, le Père Fernando Karadima. Mais entretemps, le pape a dépêché au Chili un envoyé spécial, Mgr Charles Scicluna, qui sera dans le pays du 20 au 23 février pour réunir des informations sur les dénonciations contre Mgr Barros, évêque d’Osorno.

Seize membres issus des cinq continents

Le pontife a également nommé les nouveaux membres de la commission, issus des cinq continents: la religieuse britannique Jane Bertelsen, Sœur Arina Gonsalves (Inde), le professeur italien Ernesto Caffo, psychiatre connu en Italie pour ses travaux sur l’enfance et l’adolescence. Mais aussi le juge australien Neville John Owen, le professeur éthiopien Benyam Dawit Mezmur, le Brésilien Nelson Giovanelli Rosendo dos Santos, la professeure néerlandaise Myriam Wijlens, et Sinalelea Fe’ao originaire du Tonga. Il a encore nommé l’Américaine Teresa Kettelkamp, ancienne membre du Comité de protection de l’enfance de l’épiscopat américain de 2005 à 2011.

Ont aussi été maintenus à leur place sept autres membres: le Philippin Gabriel Dy-Liacco, l’évêque colombien Mgr Manuel Ali Herrera, le prêtre et théologien allemand Hans Zollner, la professeure polonaise Hanna Suchocka, la religieuse originaire de Zambie Kayula Lesa, la religieuse sud-africaine Hermenegild Makoro, et enfin l’évêque américain Mgr Robert Oliver.

Des victimes parmi les membres

Comme c’est le cas depuis la fondation de la Commission, des victimes d’abus sexuels commis par des clercs figurent parmi ses membres, a précisé le cardinal O’Malley dans un communiqué. Chacun d’entre eux a le droit de révéler ou non son histoire. Toutefois, chacun des membres nommés ce jour ont décidé de ne pas le faire publiquement, a indiqué le président de la Commission.

Instituée en 2014 par le pape François, la CPPM est un organisme “consultatif” au “service du pape” pour lutter contre les abus commis à l’encontre de personnes mineures. Elle vise notamment à proposer des solutions pour éviter ces abus et pour y répondre. Elle fait des recommandations au niveau du Saint-Siège mais aussi des Eglises locales. (cath.ch/imedia/ah/radvat/be)


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