Suisse

Pèlerinages alpins: parcours spécial pour des requérants d'asile

Dix requérants d’asile afghans ont participé les 22 et 23 juillet 2017 aux Pèlerinages alpins vers l’Hospice du Grand-Saint-Bernard. Comme l’itinéraire habituel passait par l’Italie, les jeunes étrangers ont dû adapter leur parcours afin de rester sur le territoire suisse.

Depuis plus de cinquante ans, les Pèlerinage alpins du Grand-Saint-Bernard proposent de cheminer les week-ends d’été de Ferret (au-dessus d’Orsières) vers l’Hospice du Grand-Saint-Bernard, entre 1700 et 2700 mètres d’altitude. Cette offre spirituelle est fréquentée, depuis deux ans, par de jeunes étrangers. Une initiative de l’Aumônerie des requérants d’asile de l’Eglise réformée évangélique du canton de Neuchâtel (Req’EREN). «Nous sommes en contact avec plusieurs groupes de requérants d’asiles du canton de Neuchâtel, explique Mary-Jeanne Robert, bénévole à Req’EREN. Nous leur offrons des activités, des repas, des piques-niques, une écoute et un accompagnement dans l’apprentissage des langues.»

«L’hospitalité, c’est pas compliqué!»

Les requérants neuchâtelois se sont donc inscrits à cette marche en montagne, les 22 et 23 juillet 2017. La thématique de cette année est particulièrement adaptée, puisqu’elle s’intitule: «L’hospitalité, c’est pas compliqué!» Seulement voilà, l’itinéraire habituel, passant par le Col de Fenêtre, comprend une boucle par l’Italie. «Nous sommes montés jusqu’au Lac de Fenêtre avec tout le pèlerinage, indique Mary-Jeanne Robert. Mais comme les requérants d’asile n’ont pas le droit d’aller à l’étranger, même sur une centaine de mètres, nous avons dû emprunter notre propre chemin».

Mary-Jeanne Robert, bénévole à Req’EREN et accompagnatrice des jeunes requérants d’asile afghans. (Photo: G. Roth)

Le parcours s’est avéré plus long et plus escarpé que la voie habituelle. Les dix Afghans sont passés par le Col du Bastillon, puis par le Col des Chevaux. Pour effectuer ce trajet spécial, ils ont été accompagnés par quelques paroissiens réformés du canton de Neuchâtel. Habitués aux montagnes afghanes, dont les sommets culminent à 7500 mètres, ces jeunes âgés de 20 à 30 ans ont tiré tout le groupe en avant. Ils ont même porté les sacs à dos de leurs accompagnateurs suisses, lorsque l’effort devenait trop intense.

«Ces jeunes ont envie d’apprendre la langue et de travailler»

Une démarche d’intégration

«Nous sommes reconnaissants envers le Grand-Saint-Bernard et la communauté des chanoines qui nous accueillent, déclare Mary-Jeanne Robert. Cela fait partie d’une démarche d’intégration et de découverte de nos montagnes. Ces jeunes ont envie d’apprendre la langue et de travailler. Ces activités d’hospitalité permettent de saisir leur énergie, au début de leur séjour, au risque qu’ils ne se découragent ensuite, s’il sont trop laissés à eux-mêmes et sans activités».

Interrogé, l’un des requérants témoigne d’une grande envie d’adaptation. «J’essaie d’apprendre un maximum le français. Dès que possible, j’aimerais faire un apprentissage. Mais j’attends d’abord ma prochaine audition, pour savoir si je peux rester ici. Dans mon pays, c’est la guerre depuis quarante ans, mais ça ne suffit pas pour qu’un Afghan reçoive l’asile en Suisse. Il faut encore qu’il soit considéré comme réellement en danger».

Un chemin de vie plus escarpé

En attendant, le groupe d’Afghans ne désespère pas. Ces jeunes avancent, même si contrairement à d’autres, leur chemin de vie sera plus long et plus escarpé. Comme le détour qu’ils ont dû prendre, afin rejoindre les autres pèlerins à destination de l’Hospice du Grand-Saint-Bernard. (cath.ch/gr)

 

Pèlerinage alpins 2017: Petite pause au Col du Bastillon.
24 juillet 2017 | 10:35
par Grégory Roth
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