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Pensionnats indigènes: les Etats-Unis ouvrent une enquête fédérale

Les pensionnats indigènes dans lesquels les enfants autochtones étaient regroupés ont existé non seulement au Canada, mais aussi aux Etats-Unis. Les évêques catholiques ont annoncé fin juin leur disponibilité à participer aux enquêtes fédérales à ce sujet.

Les États-Unis mèneront une enquête sur les anciens pensionnats financés par le gouvernement fédéral pour rechercher les tombes d’enfants amérindiens. Les évêques chercheront des moyens d’être utiles, a déclaré le 28 juin 2021 une porte-parole de la Conférence des évêques catholiques des États-Unis (USCCB), rapporte le Catholic News Service.

«Il est important de comprendre ce qui a pu se passer ici aux États-Unis», a déclaré Chieko Noguchi, qui a ajouté que les évêques suivront de près l’enquête annoncée le 22 juin par la secrétaire à l’Intérieur Deb Haaland.

Mme Haaland, membre du Laguna Pueblo au Nouveau-Mexique, elle-même catholique, a a relevé que ce processus sera long et difficile. «Il n’effacera pas les déchirements et les pertes que nous ressentons. Mais ce n’est qu’en reconnaissant le passé que nous pourrons travailler à un avenir que nous serons tous fiers d’embrasser».

367 pensionnats indiens entre 1870 et 1970

Comme au Canada, bon nombre de ces écoles financées par le gouvernement étaient des pensionnats gérés par des Eglises. La National Native American Boarding School Healing Coalition a déclaré dans un communiqué du 25 juin qu’elle éprouvait une «profonde gratitude» pour l’enquête à venir, qui, selon elle, «fournira des ressources essentielles pour traiter le traumatisme historique permanent des pensionnats indiens. Notre organisation s’efforce d’obtenir vérité, justice et guérison pour les survivants des pensionnats, leurs descendants et les communautés tribales».

Le groupe, basé à Minneapolis, a identifié 367 pensionnats indiens qui ont fonctionné aux États-Unis entre 1870 et 1970 environ, mais il n’a pu localiser les dossiers que de 38% de ces écoles. On ignore aujourd’hui le nombre d’enfants placés, mais il s’agit probablement de centaines de milliers.

Ces enfants ont été retirés, volontairement ou par la force, de leur foyer et de leur famille et punis pour avoir parlé leur langue autochtone, interdits de pratiquer leurs traditions culturelles, dépouillés de leurs vêtements traditionnels, de leurs cheveux, de leurs effets personnels reflétant leur culture autochtone. Ces écoles aux États-Unis sont nées de la loi sur les fonds de civilisation de 1819, qui visait à introduire «les habitudes et les arts de la civilisation» dans les tribus indiennes.

Un rapport final est attendu en avril prochain. Il devrait permettre en autres d’identifier l’emplacement de ces anciens pensionnats aux États-Unis, de connaître de quelles tribus étaient originaires les élèves qui y ont été placés ou encore de déterminer où il y a pu y avoir des sépultures d’enfants morts.

Au Canada, l’enquête menée par la Commission canadienne de vérité et de réconciliation, publiée en 2015, a révélé, outre l’existence de maladies endémiques et de malnutrition, des récits de brutalité, de négligence et d’abus sexuels au sein du réseau de ces écoles.(cath.ch/cns/mp)

Les «pensionnats indiens» ont aussi existé aux Etats-Unis |www.trc.ca
7 juillet 2021 | 15:38
par Maurice Page
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